Nous
franchissons le tortueux Mékong, d'une couleur marron opaque, à
bord d'une petite embarcation dont l'équilibre précaire nous fait
craindre, à tout moment, une bascule dans l'eau boueuse. Nous
parvenons miraculeusement secs au poste-frontière laotien à l'heure
de la pause déjeuner. Mauvais timing ! Nous attendrons de longues
minutes, dégoulinant de sueur, avant que le douanier ne daigne
prendre les passeports et formulaires que nous lui tendions
désespérément. Le passage de frontière se passe finalement
mieux que prévu, le douanier finissant même par nous parler des
footballeurs français. Universel !
Réveillez-vous
En pays Hmong
Avant
de venir, nous avions repéré une association que nous souhaitions
soutenir par quelques jours de volontariat. Le lieu d'accueil, du nom
de Kaisjab, est, à notre grande surprise, des plus charmants. Nous
découvrons d'adorables bungalows, pourvus d'un balcon, où se
balance doucement un hamac dansant avec les palmiers et les collines
environnantes. Un restaurant, pièce de vie commune, est partagé
avec les familles laotiennes qui laissent leurs enfants courir et
chahuter librement entre les voyageurs de passage.
Chill-out obligatoire
Le
projet a vu le jour, suite à la rencontre entre Lara, une
néerlandaise et Nouzi, un laotien appartenant à l’ethnie des
Hmongs. Il a perdu sa sœur à l'âge de treize ans, d'une simple
appendicite, faute d'accès à des soins élémentaires.
Minorité
opprimée, vivant dans les zones montagneuses isolées, les Hmongs se
voient reprocher leur collaboration avec le colonisateur français
pour la culture de l'opium, puis leur rôle de premier choix dans "la
guerre secrète" menée par la CIA contre le Vietnam. Depuis,
nombre d'entre eux ont fui le pays, émigrés aux États-Unis et en
Guyane française (pour repeupler notre département délaissé) ou
en Thaïlande, cette dernière ayant décidé en 2011 de rapatrier de
force les réfugiés au Laos.
Devant
ce contexte humanitaire alarmant, le couple a fondé une association
destinée à développer les soins, l'accès à l'eau potable et
promouvoir l'autonomie des femmes. Des stages et formations sont
fournis aux habitants pour apprendre l'anglais, les familiariser au
tourisme et à la gestion administrative. L'association offre aussi
un lieu d'accueil aux patients se rendant à l'hôpital et aux femmes
cherchant un refuge pour la nuit.
Bungalow perdu dans la foret
Nous
resterons quelques jours, pour traduire les documents de
l'association en français afin d'attirer davantage de nos
compatriotes dans l'expérience. Chaque soir, nous tractons
activement auprès des quelques touristes de passage, leur vantant
les bienfaits de l'endroit, avec plus ou moins de succès... Les
soirées se passent à échanger nos expériences de voyage et à
partager un repas avec les ethnies montagnardes. Les repas sont
frugaux, composés de riz gluant très compact et de légumes
plongeant dans une soupe sans saveur. Les échanges sont sommaires,
faute de connaissance d'une langue en commun, et se résument souvent
à des sourires timides.
Un rhum arrangé ... sans fruits
Born to be wild
Nous
croiserons lors de notre séjour deux français, Baptiste et Téo.
Ils ont parcouru les routes du Laos durant deux mois, à bord de
motos d'occasion, achetées à la sauvette, 200 dollars. Ils nous
font l'effet de Denis Hopper et John Fonda d' Easy Rider. Eux aussi,
ils ont jeté la montre depuis de longue date et traversent les
villages reculés, les uns après les autres, sans croiser le moindre
occidental sur leur route.
Dennis Hopper se prépare
Ils plantent la tente pour la nuit,
écoutant au coin du feu les milles et uns bruits de la nature.
Souvent, les villageois leur montrent du doigt la « maison pour
célibataire ». Les femmes célibataires y invitent les hommes
pour la nuit. Si, au petit matin, l'homme est resté ; ils se
marient. Mieux vaut ne pas s'endormir fermement, si vous ne souhaitez
pas que les liens indissolubles du mariage vous étreignent !
J'avoue avoir bien ri sur les cheveux de Sabine coincés dans la tyrolienne (j'avais oublié cet épisode...).
RépondreSupprimerLe bungalow ressemble fort à celui de Koh Rong Samloem, île perdue en face de Sihanoukville (horrible). Après avoir ouvert la voie, Etienne m'a suivi qq mois après sans savoir. Serez-vous les prochains autochtones du CG à fouler ces plages en moins de 1a 1/2 ?
Bises, sylvain