Inspirés
par l'expérience de nos deux Easy Riders, nous décidons de louer
une moto. Aussitôt qu'Aymeric retrouve sa chaussure emportée par
les chiens durant la nuit, nous enfourchons la moto et partons... à
un rythme prudent. Nous recherchons tout d'abord, une station
essence. Après avoir tourné près d'une heure dans le village, nous
parvenons enfin à une station essence, pour apprendre qu'il n'y a
plus d’électricité. Donc, pas d'essence avant ce soir... Nous
retournons penaud chez le loueur. Il ira nous chercher des bouteilles
en plastique remplies d'essence. A nous la liberté !
Un seul être vous manque ...
A la recherche de Mister Somsy
Nous
recherchons le village de Nam Chang. Nul ne semble le connaître et
le renseignement humain est loin d'être infaillible. Nous demandons
à maintes reprises notre chemin. Certains nous répondent « non »,
avant même qu'on ait posé la moindre question, trop timides pour
échanger avec des étrangers, d'autres se perdent en explications
incompréhensibles à nos oreilles. Pas facile de communiquer !
Une école ... pendant les vacances
Après
un long détour, nous réalisons que nous sommes revenus au point de
départ. Sur le point d'abandonner, nous demandons un dernier conseil
au douanier qui, par chance, connaît Mister Somsy, notre contact. Il
nous dessine un plan et écrit un message en lao. Munis de cette
précieuse pancarte, nous sommes, cette fois-ci, rapidement sur la
bonne voie. Nous tombons enfin sur le fameux village de Nam Chang et
rencontrons Mister Somsy, le directeur de l'école qui nous accueille
dans un anglais parfaitement compréhensible.
Le très hospitalier Mister Somsy
Il
nous raconte l'histoire de l'école financée tour à tour par les
thaïlandais, les chinois, mais si rarement par le gouvernement !
Cela fait deux mois qu'il n'a pas touché le moindre salaire. Une
fois, il a dû attendre un an avant de pouvoir recevoir sa paie,
pourtant modeste ! Devant une telle irrégularité de revenus,
pour survivre, notre professeur se fait tantôt agriculteur, guide ou
ramasseur de caoutchouc à l'aube. Ici, la démocratie se résume à
choisir son chef de village, guère plus. Le premier ministre, lui,
tombe du ciel et peu de laotiens connaissent à vrai dire son nom. Le
Laos fut fermé durant de nombreuses années, dès l'avènement du
régime communiste, à toute influence étrangère. Il y a cinq ans,
le village n'avait toujours pas d'électricité. L'eau potable
courante reste encore un rêve; elle ne s'achète aujourd'hui que par
bidon.
Hévéa saigné
Lao Lao en digestif
Nous
allons parcourir en moto les villages alentours. Quel bonheur de se
sentir libre à emprunter au hasard tel ou tel chemin ! Nous
croisons ainsi un village hors du temps dont les habitants se
demandent bien comment deux « farangs » peuvent atterrir
ici et pour quelles raisons. Nous voici rapidement invités à
partager un verre de bière dans la hutte transformée en bar local
où les convives attablés n'en sont pas à leur première bouteille.
Lao Beer pour tout le monde
Un
laotien nous invite dans sa famille. Nous acceptons et nous
retrouvons vite dévisagés par un cercle d'enfants qui écarquillent
les yeux sans mot dire. Sa mère, d'un âge que l'on ne pourrait
donner et d'une beauté à la dignité saisissante, nous serre les
mains avec reconnaissance.
Ambiance heureuses tropiques
Dès
notre retour chez Mr Chomsy, nous partageons un repas de poisson
frais grillé, lourdement arrosé par le Lao Lao, l'alcool fort local
servi sans retenue. L'orage éclate soudain et l'électricité saute.
Nous finissons le repas à la chandelle, échangeant sur les
conceptions de la vie, la mort et le bonheur entre l'orient et
l'occident ! De religion
animiste, il nous explique le culte qu'il voue aux esprits, ces rites
qui donnent corps aux âmes des anciens pour protéger leurs
descendants. Nous partons nous coucher, la tête lourde mais le cœur
léger, transformant les bruits étranges qui nous entourent en âmes
familières. Nous nous séparons le lendemain, et rentrons, fermement
décidés, à refaire un bout de route en moto, plus tard.
Pont suspendu
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