jeudi 30 mai 2013

Easy rider, sur les routes laotiennes

Inspirés par l'expérience de nos deux Easy Riders, nous décidons de louer une moto. Aussitôt qu'Aymeric retrouve sa chaussure emportée par les chiens durant la nuit, nous enfourchons la moto et partons... à un rythme prudent. Nous recherchons tout d'abord, une station essence. Après avoir tourné près d'une heure dans le village, nous parvenons enfin à une station essence, pour apprendre qu'il n'y a plus d’électricité. Donc, pas d'essence avant ce soir... Nous retournons penaud chez le loueur. Il ira nous chercher des bouteilles en plastique remplies d'essence. A nous la liberté ! 
 
 Un seul être vous manque ...
A la recherche de Mister Somsy

Nous recherchons le village de Nam Chang. Nul ne semble le connaître et le renseignement humain est loin d'être infaillible. Nous demandons à maintes reprises notre chemin. Certains nous répondent « non », avant même qu'on ait posé la moindre question, trop timides pour échanger avec des étrangers, d'autres se perdent en explications incompréhensibles à nos oreilles. Pas facile de communiquer !

 Une école ... pendant les vacances

Après un long détour, nous réalisons que nous sommes revenus au point de départ. Sur le point d'abandonner, nous demandons un dernier conseil au douanier qui, par chance, connaît Mister Somsy, notre contact. Il nous dessine un plan et écrit un message en lao. Munis de cette précieuse pancarte, nous sommes, cette fois-ci, rapidement sur la bonne voie. Nous tombons enfin sur le fameux village de Nam Chang et rencontrons Mister Somsy, le directeur de l'école qui nous accueille dans un anglais parfaitement compréhensible. 
 
 Le très hospitalier Mister Somsy

Il nous raconte l'histoire de l'école financée tour à tour par les thaïlandais, les chinois, mais si rarement par le gouvernement ! Cela fait deux mois qu'il n'a pas touché le moindre salaire. Une fois, il a dû attendre un an avant de pouvoir recevoir sa paie, pourtant modeste ! Devant une telle irrégularité de revenus, pour survivre, notre professeur se fait tantôt agriculteur, guide ou ramasseur de caoutchouc à l'aube. Ici, la démocratie se résume à choisir son chef de village, guère plus. Le premier ministre, lui, tombe du ciel et peu de laotiens connaissent à vrai dire son nom. Le Laos fut fermé durant de nombreuses années, dès l'avènement du régime communiste, à toute influence étrangère. Il y a cinq ans, le village n'avait toujours pas d'électricité. L'eau potable courante reste encore un rêve; elle ne s'achète aujourd'hui que par bidon.

 Hévéa saigné

Lao Lao en digestif


Nous allons parcourir en moto les villages alentours. Quel bonheur de se sentir libre à emprunter au hasard tel ou tel chemin ! Nous croisons ainsi un village hors du temps dont les habitants se demandent bien comment deux « farangs » peuvent atterrir ici et pour quelles raisons. Nous voici rapidement invités à partager un verre de bière dans la hutte transformée en bar local où les convives attablés n'en sont pas à leur première bouteille.


 Lao Beer pour tout le monde

Un laotien nous invite dans sa famille. Nous acceptons et nous retrouvons vite dévisagés par un cercle d'enfants qui écarquillent les yeux sans mot dire. Sa mère, d'un âge que l'on ne pourrait donner et d'une beauté à la dignité saisissante, nous serre les mains avec reconnaissance.

 
Ambiance heureuses tropiques

Dès notre retour chez Mr Chomsy, nous partageons un repas de poisson frais grillé, lourdement arrosé par le Lao Lao, l'alcool fort local servi sans retenue. L'orage éclate soudain et l'électricité saute. Nous finissons le repas à la chandelle, échangeant sur les conceptions de la vie, la mort et le bonheur entre l'orient et l'occident ! De religion animiste, il nous explique le culte qu'il voue aux esprits, ces rites qui donnent corps aux âmes des anciens pour protéger leurs descendants. Nous partons nous coucher, la tête lourde mais le cœur léger, transformant les bruits étranges qui nous entourent en âmes familières. Nous nous séparons le lendemain, et rentrons, fermement décidés, à refaire un bout de route en moto, plus tard.

 Pont suspendu

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