jeudi 30 mai 2013

Kajsiab, un projet en faveur des femmes Hmongs

Nous franchissons le tortueux Mékong, d'une couleur marron opaque, à bord d'une petite embarcation dont l'équilibre précaire nous fait craindre, à tout moment, une bascule dans l'eau boueuse. Nous parvenons miraculeusement secs au poste-frontière laotien à l'heure de la pause déjeuner. Mauvais timing ! Nous attendrons de longues minutes, dégoulinant de sueur, avant que le douanier ne daigne prendre les passeports et formulaires que nous lui tendions désespérément.  Le passage de frontière se passe finalement mieux que prévu, le douanier finissant même par nous parler des footballeurs français. Universel !

 Réveillez-vous
En pays Hmong

Avant de venir, nous avions repéré une association que nous souhaitions soutenir par quelques jours de volontariat. Le lieu d'accueil, du nom de Kaisjab, est, à notre grande surprise, des plus charmants. Nous découvrons d'adorables bungalows, pourvus d'un balcon, où se balance doucement un hamac dansant avec les palmiers et les collines environnantes. Un restaurant, pièce de vie commune, est partagé avec les familles laotiennes qui laissent leurs enfants courir et chahuter librement entre les voyageurs de passage. 

 Chill-out obligatoire

Le projet a vu le jour, suite à la rencontre entre Lara, une néerlandaise et Nouzi, un laotien appartenant à l’ethnie des Hmongs. Il a perdu sa sœur à l'âge de treize ans, d'une simple appendicite, faute d'accès à des soins élémentaires. 


Minorité opprimée, vivant dans les zones montagneuses isolées, les Hmongs se voient reprocher leur collaboration avec le colonisateur français pour la culture de l'opium, puis leur rôle de premier choix dans "la guerre secrète" menée par la CIA contre le Vietnam. Depuis, nombre d'entre eux ont fui le pays, émigrés aux États-Unis et en Guyane française (pour repeupler notre département délaissé) ou en Thaïlande, cette dernière ayant décidé en 2011 de rapatrier de force les réfugiés au Laos.

Devant ce contexte humanitaire alarmant, le couple a fondé une association destinée à développer les soins, l'accès à l'eau potable et promouvoir l'autonomie des femmes. Des stages et formations sont fournis aux habitants pour apprendre l'anglais, les familiariser au tourisme et à la gestion administrative. L'association offre aussi un lieu d'accueil aux patients se rendant à l'hôpital et aux femmes cherchant un refuge pour la nuit.

 Bungalow perdu dans la foret

Nous resterons quelques jours, pour traduire les documents de l'association en français afin d'attirer davantage de nos compatriotes dans l'expérience. Chaque soir, nous tractons activement auprès des quelques touristes de passage, leur vantant les bienfaits de l'endroit, avec plus ou moins de succès... Les soirées se passent à échanger nos expériences de voyage et à partager un repas avec les ethnies montagnardes. Les repas sont frugaux, composés de riz gluant très compact et de légumes plongeant dans une soupe sans saveur. Les échanges sont sommaires, faute de connaissance d'une langue en commun, et se résument souvent à des sourires timides.

 Un rhum arrangé ... sans fruits

 Born to be wild

Nous croiserons lors de notre séjour deux français, Baptiste et Téo. Ils ont parcouru les routes du Laos durant deux mois, à bord de motos d'occasion, achetées à la sauvette, 200 dollars. Ils nous font l'effet de Denis Hopper et John Fonda d' Easy Rider. Eux aussi, ils ont jeté la montre depuis de longue date et traversent les villages reculés, les uns après les autres, sans croiser le moindre occidental sur leur route. 

 
  Dennis Hopper se prépare

Ils plantent la tente pour la nuit, écoutant au coin du feu les milles et uns bruits de la nature. Souvent, les villageois leur montrent du doigt la « maison pour célibataire ». Les femmes célibataires y invitent les hommes pour la nuit. Si, au petit matin, l'homme est resté ; ils se marient. Mieux vaut ne pas s'endormir fermement, si vous ne souhaitez pas que les liens indissolubles du mariage vous étreignent  !

1 commentaire:

  1. J'avoue avoir bien ri sur les cheveux de Sabine coincés dans la tyrolienne (j'avais oublié cet épisode...).
    Le bungalow ressemble fort à celui de Koh Rong Samloem, île perdue en face de Sihanoukville (horrible). Après avoir ouvert la voie, Etienne m'a suivi qq mois après sans savoir. Serez-vous les prochains autochtones du CG à fouler ces plages en moins de 1a 1/2 ?
    Bises, sylvain

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