Le
lendemain, nous partons aux aurores à la recherche d'un temple
perché à deux cent cinquante mètres au dessus de la plaine. Le
départ se fait dans la nuit quand les rues de la ville sont encore
endormies. Nous ne dérangeons guère que les chiens errants. La
marche se fait à la lumière des étoiles, Benoît sursautant au
moindre bout de bois imaginant être assailli par un serpent. La
montée se mérite, les marches étant de plus en plus hautes à
mesure que l'on s'approche du temple.
La montagne compte un temple à son sommet
Le
ciel commence à rosir, chassant doucement la voûte céleste. Les
lumières orangées de Pushkar s’éteignent progressivement pour
laisser place à un halo blanc de masures ramassés sur elles-mêmes.
La ville se love autour d'un petit lac entouré de montagnes en
forme d'épines dorsales. Autour, la végétation est éparse, le sol
aride annonce les stigmates du désert naissant.
Un
tchai nous réchauffe devant cette vue ensorcelante. Nous observons
les singes se débattre pour la meilleure place au soleil. Des
perroquets se tiennent en équilibre tels de funambules sur les fils
électriques. Ayant été bousculés par un réveil très matinal, l'appareil photo est resté dans la chambre d'hôtel. Pas de photos donc. Dommage.
Nos compagnons sur les ghâts
De
retour dans la plaine, Benoît arpente le quartier des commerçants à
la recherche de bonnes affaires. Nous échangeons, en français, avec
un indien qui, pendant neuf ans, a tenu un commerce de tissus au
Bénin. Il est déjà prêt à nous vendre le stock de sa boutique,
vantant ses châles en poils de cou de chameau qui, parait-il, font
fureur en Europe. Sabine nous entraîne dans le tour du lac. Chaque
vue souligne la quiétude de l'endroit.
Une partie des cendres de Gandhi a été dispersée sur ce ghât
Nous
rencontrons Bashkar, un indien né à Pushkar. Son enfance n'a pas
été des plus faciles. Son père ayant sombré dans l'alcoolisme, il
a du prendre le rôle de chef du foyer pour nourrir son frère et sa
sœur cadets. Travaillant dès l'âge de quatre ans, il n'aura jamais
eu la chance d'aller à l'école. Le développement touristique de sa
ville natale lui a cependant apporté une relative prospérité. Il
tient absolument à nous faire rencontrer Potato Baba, un sadhu
célèbre pour se nourrir, depuis plus quarante ans, exclusivement de
patates. Défi pour le moins surprenant mais qui l'a rendu célèbre.
Aymeric, transformé quelques heures en dromadaire par le Baba
Nous
partons donc, à la tombée du jour, en sa compagnie dans un rikshaw
affrété pour l'occasion, trois devant, deux derrière. L'équilibre
durant le trajet est plus que précaire. Nous rejoignons le temple de
Shiva au creux des montagnes abrité par un banian centenaire. Non
loin de là, règne le fameux Potato Baba. Il ne sera cependant pas
présent ce soir là, un autre baba ayant pris temporairement la relève (il est parti à la Kumbh Mela, voici le lien vers
article d'actualité du monde sur le sujet : http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/portfolio/2013/02/10/des-millions-d-indiens-se-baignent-dans-le-gange-pour-la-kumbh-mela_1829740_3216.html).
Drapé de blanc, doté d'une barbe poivre sel et d'une silhouette longiligne, il nous accueille, nous proposant de s’asseoir à ses côtés. Il pratique son rituel ancestral. Son acolyte s'adonne, pour notre plus grand plaisir, à des positions de yoga plus que déroutantes. Nous ne tenterons pas de l'imiter. Nous resterons assis en position de lotus, tout simplement, à contempler les étoiles sur le toit de son temple, aussi nombreuses que les 33 millions de dieux que l'Inde a su abriter dans la plus grande tolérance.
Drapé de blanc, doté d'une barbe poivre sel et d'une silhouette longiligne, il nous accueille, nous proposant de s’asseoir à ses côtés. Il pratique son rituel ancestral. Son acolyte s'adonne, pour notre plus grand plaisir, à des positions de yoga plus que déroutantes. Nous ne tenterons pas de l'imiter. Nous resterons assis en position de lotus, tout simplement, à contempler les étoiles sur le toit de son temple, aussi nombreuses que les 33 millions de dieux que l'Inde a su abriter dans la plus grande tolérance.
Position de l'oreiller intégré
ça aurait pourtant été utile de vous y entraîner pour les futurs nuits dans des trains et hôtels spartiates!!
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