Le
plus difficile n'est pas d'arriver à Pushkar, mais plutôt d'en
repartir. Loin des charivaris des klaxons de Delhi, Pushkar est un
havre de silence.
Pushkar se réveille tranquillement au petit matin
Le
hasard du petit matin nous permet la rencontre de Lucile, cheveux
blond et yeux bleus étincelants sur lesquels chaque indien s'arrête,
baba d'admiration. Elle suit le parcours classique de l'année de
césure post-bac : munie d'un visa travail-tourisme, elle a
travaillé neuf mois en Australie dans les bars et dans les fermes
pour mettre des tomates en cagette (3500 dollars par mois, s'il vous
plaît) tout en partageant une colocation à vingt-quatre (à quatre
par chambre pour un loyer de 100 euros par semaine, quand même),
avant de pouvoir partir voyager en Asie.
Notre hôtel est une proue dominant le lac
Elle
a la connaissance d'un plan ultime : le seul hôtel de Pushkar à
donner directement sur le lac et la courbure de ses ghâts. Une
merveille ! Nos chambres, à un prix dérisoire, sont
charmantes, rutilantes de propreté et de lumière. Un balcon et de
multiples fenêtres orientales ouvrent directement sur la rue et les
ablutions des fidèles. L'hôtel porte bien son nom, U Turn. L'ombre
du retour plane sur cet endroit tenu de mains de maître par Filipo,
un brahmane de l'hospitalité. Il nous accueille, nous dit-il, « plus
dans un esprit de rencontre que pour l’appât du gain ».
Une vue envoutante sur le lac
Une
terrasse plonge dans la ville. Nous profitons de la modernité, à
l'orientale, dans notre palais au service Palace. La lutte est
délicate pour quitter ces trop nombreux coussins moelleux et
ensoleillés où chaque seconde cède la place à l'émerveillement.
Benoît se rêve Pacha dans sa chambre mauresque
Du
haut de notre promontoire, nous observons l'effervescence permanente
des rues. Des patchwork de saris chatoyants défilent le long des
quais bleutés. Des singes vagabondent sur les marches concentriques.
Des pigeons s'envolent au milieu des vaches sacrées. Les bassins
accueillent des pèlerins au pas hésitant. La température est
fraîche mais le soleil est lourd durant la journée.
Le rituel de purification
Nous
partons visiter le seule temple de Brahma, haut lieu de pèlerinage.
Nous escaladons au soleil couchant une colline environnante. Les
enfants du village nous accompagnent de leurs rires chamarrés,
quémandant des « pen, coins ou candies ». Benoît nous
raconte l'anecdote suivante qu'il vécut dans un village rural du
Laos : « les enfants, bien qu’éloignés de toute
école, disposaient de collections impressionnantes de crayons,
donnés à chaque fois par les touristes de passage. Le seul
problème, c'est qu'ils n'avaient pas de papier ! ». Nous
assistons à une séance improvisée de danse indienne par les
fillettes du village. L'ambiance est afghane lorsque le soleil laisse
place à la nuit. Nous méditons dans le couchant.
Sabine en connexion avec le couchant
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