dimanche 10 février 2013

Pushkar, la baie des anges

Le plus difficile n'est pas d'arriver à Pushkar, mais plutôt d'en repartir. Loin des charivaris des klaxons de Delhi, Pushkar est un havre de silence.

 Pushkar se réveille tranquillement au petit matin

Le hasard du petit matin nous permet la rencontre de Lucile, cheveux blond et yeux bleus étincelants sur lesquels chaque indien s'arrête, baba d'admiration. Elle suit le parcours classique de l'année de césure post-bac : munie d'un visa travail-tourisme, elle a travaillé neuf mois en Australie dans les bars et dans les fermes pour mettre des tomates en cagette (3500 dollars par mois, s'il vous plaît) tout en partageant une colocation à vingt-quatre (à quatre par chambre pour un loyer de 100 euros par semaine, quand même), avant de pouvoir partir voyager en Asie.

 Notre hôtel est une proue dominant le lac

Elle a la connaissance d'un plan ultime : le seul hôtel de Pushkar à donner directement sur le lac et la courbure de ses ghâts. Une merveille ! Nos chambres, à un prix dérisoire, sont charmantes, rutilantes de propreté et de lumière. Un balcon et de multiples fenêtres orientales ouvrent directement sur la rue et les ablutions des fidèles. L'hôtel porte bien son nom, U Turn. L'ombre du retour plane sur cet endroit tenu de mains de maître par Filipo, un brahmane de l'hospitalité. Il nous accueille, nous dit-il, « plus dans un esprit de rencontre que pour l’appât du gain ». 

 Une vue envoutante sur le lac

Une terrasse plonge dans la ville. Nous profitons de la modernité, à l'orientale, dans notre palais au service Palace. La lutte est délicate pour quitter ces trop nombreux coussins moelleux et ensoleillés où chaque seconde cède la place à l'émerveillement.


 Benoît se rêve Pacha dans sa chambre mauresque

Du haut de notre promontoire, nous observons l'effervescence permanente des rues. Des patchwork de saris chatoyants défilent le long des quais bleutés. Des singes vagabondent sur les marches concentriques. Des pigeons s'envolent au milieu des vaches sacrées. Les bassins accueillent des pèlerins au pas hésitant. La température est fraîche mais le soleil est lourd durant la journée. 

 Le rituel de purification

Nous partons visiter le seule temple de Brahma, haut lieu de pèlerinage. Nous escaladons au soleil couchant une colline environnante. Les enfants du village nous accompagnent de leurs rires chamarrés, quémandant des « pen, coins ou candies ». Benoît nous raconte l'anecdote suivante qu'il vécut dans un village rural du Laos : « les enfants, bien qu’éloignés de toute école, disposaient de collections impressionnantes de crayons, donnés à chaque fois par les touristes de passage. Le seul problème, c'est qu'ils n'avaient pas de papier ! ». Nous assistons à une séance improvisée de danse indienne par les fillettes du village. L'ambiance est afghane lorsque le soleil laisse place à la nuit. Nous méditons dans le couchant.

 Sabine en connexion avec le couchant

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire