Notre
train est prévu avant le lever du soleil. Rapidement préparés,
nous quittons l'hôtel sans regret. Le spectacle au réveil est dur.
Les chaussées sont recouvertes de détritus et de boue. Les cinq
degrés de température nous glacent d'entrée de jeu. Les odeurs de
miasmes couvrent la palette de l'insupportable. Des déjections
humaines et animales de toute sorte s'éparpillent au milieu de
déchets ménagers et autres rebuts de l'activité humaine. En Inde,
il faut savoir déambuler les narines fermées pour se prémunir et
les yeux grands ouverts pour observer. Nous sautons dans le train.
Quelques souris nous courent entre les jambes. Benoît a pris froid,
il tousse plus que de raison. Pour finir sa nuit, Sabine a rejoint la
couchette la plus éloignée du sol, son duvet comme ultime
protection. Nous luttons contre un froid terrible.
On est loin de la 1ère classe !
A
Delhi, après six heures de train pour deux cents kilomètres, un
rickshaw nous amène jusqu'à l'Ambassade de France à travers un
quartier moderne, celui des ambassades et des ministères, où la
présence policière est ultra-visible. Aymeric doit récupérer son
passeport envoyé depuis Pondy, par Christel du Rêve bleu (encore
merci !).
Après
avoir pénétré dans un vaste bâtiment en forme de Bunker sans
charme particulier, Aymeric se retrouve dans le bureau du préposé
aux affaires consulaires. Il lui explique que généralement,
l'ambassade refuse d'accuser réception ce genre de colis. Trop de
personnes ne les ont jamais récupérés. La visite de François
Hollande doit avoir lieu la semaine prochaine. Les services sont en
effervescence. Une grande réception des résidents français est
organisée. Une invitation a été envoyée à 1500 personnes.
L’Élysée a exigé la présence maximale de 900 personnes.
L'administrateur zélé se réjouit de chaque désistement, tout en
enrageant à chaque demande collective : un oncle, un amis ou
encore des enfants. Aymeric retrouve son passeport !
Le
quartier de Chanakyapuri ressemble à un paradis d'expatriés. Benoît
nous invite dans un excellent restaurant chinois. Repus, nous
siestons tranquillement sur une pelouse verdoyante exceptionnellement
propre. Le soleil, enfin retrouvé, nous chauffe de ses rayons
énergisants. Un pur bonheur après le froid des montagnes.
Dur, dur, de trouver des rickshaws à Delhi !
Nous
prenons le temps de visiter la Jaipur Gate entre une floraison de
familles indiennes qui s'immortalise devant un arc de triomphe
éclairé.
Sous les Champs Elysée indiens
La
magnifique Bikaner House est une station de bus flatteuse. Le
Rajasthan est en pleine opération de communication. Notre bus, à la
nuit toujours aussi peu reposante, file vers le sud. Nous allons
chercher un peu de soleil du côté de Pushkar.
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