dimanche 11 août 2013

Sydney, ville bénie des dieux de l'Olympe

Vol de nuit pour Sydney

La distance entre Jakarta et Sydney est plus importante que celle entre Paris et New York. Le vol a pris plus de sept heures. Qantas, la compagnie australienne, une des plus anciennes au monde, a parfaitement assuré son service de qualité, réconciliant presqu' Aymeric avec l'avion. Nous arrivons à Sydney au lever du soleil. Le ciel est déjà d'un bleu hypnotique. En plein hiver austral, la température est printanière, plus de 20°C. Nous nous installons dans une auberge de jeunesse dans le quartier interlope de Kings Cross, sur une petite colline aux maisons victoriennes. Sabine, qui n'a pas dormi une seule seconde durant le trajet (elle a bien sûr épuisé toute la filmothèque), souffre d'un déficit de sommeil associé à un décalage horaire de quelques heures. Elle ne rêve que de dormir. Aymeric la bouscule, avec douceur, et nous voilà partis pour une première sortie dans le Sydney matinal.

Premiers émerveillements

Nous descendons de notre fière colline. Une première vue sur le central business district (le CBD – le quartier d'affaires) nous annonce la couleur. Sydney est, à n'en point douter, une des villes les plus belles au monde. N'ayons pas peur des mots ! 


  Première vue du CDB

Nous arrivons sur une marina garnie de bateaux plus impressionnants les uns des autres. Des lofts à l'architecture impeccable s'alignent le long des quais en caillebotis. Les terrasses so chic accueillent les sydneysiders pour un petit déjeuner roboratif. 

 
Les terrasses "so chic"

Nous rejoignons le Royal Botanic Gardens en déambulant le long de la baie. Les vues sont, tout simplement, splendides. Le bleu du ciel tranche avec le vert de la végétation. La Nature est au cœur de la ville. Des parcs offrent des ouvertures de verdure à chaque coin de rue. Dans un même regard, on observe un building dressé vers le ciel, avec en premier plan des essences rares. 

 
Le CDB vu du parc

Nous apercevons l'Opéra qui trône hiératique, toutes voiles dehors, sur une langue de terre. Le pont, le cintre, relie deux berges dans une symphonie eiffelienne. 
 
Les deux emblèmes de Sydney

Les joggeurs nous dépassent à des vitesses olympiques. L'australien est un sportif accompli. Dès qu'il a un peu de temps libre, il en profite pour se dépenser dans un décors de rêve. Les carrures ne laissent aucun doute. Les entraînements sont fréquents et intensifs. 

 
Les joggeurs en folie

L'aménagement urbain est finement pensé et d'une réalisation parfaite. Nous traversons le pont à pieds, admirant au loin l'Opéra de Sydney et l'immensité de la Botany Bay et ses entrelacs lacustres. 

 
Une architecture toute en rondeur

De l'autre rive, des criques idylliques nous offrent des vues format XXL. Un secret garden se niche au milieu des palmiers et se révèle une halte rousseauiste apaisante. 
 
Sur l'autre rive

Le coucher de soleil est précédé d'un lever de lune d'une taille gigantesque. La pénombre s'installe tandis que les lumières de la ville scintillent. 

 
Au coucher du soleil

Nous sommes épuisés de cette immense journée, 36 heures sans dormir ou presque, mais nos yeux brillent d'admiration. Bienvenue à Sydney, la Belle, joyau urbanisé de l'hémisphère sud.

Quand les lumières de la ville scintillent

La grande bouffe

Après sept mois passés dans les gargotes de rue et les restaurants locaux, Aymeric attendait, enfin, de pouvoir cuisinier. Dès notre arrivée à Sydney, nous filons au supermarché faire quelques provisions. Nous retrouvons les déciles de la gastronomie occidentale … à la sauce anglo-saxonne. Nous nous gavons dès le petit déjeuner, avec des rations de légionnaires affamés, de jus d'orange, de lait crémeux, de muesli consistant, de bacon and eggs bien gras, et même des délicieux (si, si) tomato beans et autres saucisses aux herbes. Autant vous dire que dès 9h00 du matin, on en a plein le ventre ! 

 
Petit déj à l'australienne

Nous sandwichons modestement à midi avant de remettre ça le soir venu : morceaux de viandes argentinesques, plâtrées de pâtes italiennes (au gorgonzola, à la crème, au saumon fumé), crudités à profusion (dont de délicieux avocats), salade de fruits en mode tutti frutti. Les autres commensaux de l'auberge écarquillent de grands yeux sur nos assiettes rabelaisiennes et se demandent bien d'où peuvent venir ses mangeurs infatigables à la silhouette famélique. Dans l'auberge, chacun fait sa cuisine. Nous retrouvons une ambiance où prédominent les détenteurs d'un « working holiday visa » qui permet de rester un an en Australie tout en travaillant. Après recherche, les salaires sont élevés : environ 1.000 dollars … par semaine, en moyenne, pour un job sans qualification. L’Australie est un des pays les plus riches du monde où l'on travaille sans se stresser et où l'on dépense sans compter.

Aymeric en affiche

L’Australie se révèle une destination gastronomique : de bons produits à des prix bon marché. L'échelle des prix est plutôt curieuse : le peu gustatif Boursin est à plus de 10 euros alors que deux beaux steaks coûtent deux fois moins cher. Les restaurants chic déroulent, en général, un carte de qualité avec des rations plus que généreuses. Le vin s'invite souvent sur les tables installées en terrasse. L'australien essaye de devenir gourmet à travers une cuisine qui se veut inventive grâce au multiculturalisme ambiant. Deux choses restent inabordables : la bière, à 10 dollars pour la moins chère et les cigarettes, pas loin des 15 dollars le paquet.

Notre supermarché fétiche

Beaucoup plus abordables sont les musées. Nous traînons une après-midi entière dans la galerie d'art de Nouvelle-Galles du Sud. Les peintres australiens démontrent de la qualité dans leur travail. Influencés par les impressionnistes français, les courants du XIXème siècle figurent les scènes de la vie quotidienne d'une nation pionnière et la Nature grandiose qui l'entoure. Les collections asiatiques nous permettent de retrouver notre quotidien des six derniers mois. On sait maintenant que les bas-reliefs disparus des temples hindouistes et bouddhistes visités trônent dans les musées occidentaux ! L'art aborigène nous égaille de sa créativité et de palette de couleurs. L'architecture du musée est également agréable. Dans la moindre salle, une ouverture nous permet d'embrasser à la fois un parc et un gratte-ciel.

Peinture d'une famille aborigène

Promenade sur Bondi Beach

Sydney est une ville où la mer n'est jamais loin. Nous choisissons de nous rendre sur Bondi Beach, à moins de trente minutes du centre. Si le soleil est radieux au cœur d'un hiver austral bien clément, la température de l'eau reste fraîche. Nous lézardons sur cette plage de sable blanc. Aymeric se tente un courageux bain pendant que Sabine, la frileuse emmitouflée dans ses polaires, tente de se réchauffer. 







Aymeric tente la baignade en eau glaciale...








 









...tandis que Sabine reste emmitouflée dans sa polaire.









Des dizaines de surfers attendent la vague pendant que les lifeguards veillent au grain. Nous effectuons une promenade côtière de quelques heures. Des criques repliées nous laissent deviner l'hospitalité qu'elles offrent en plein été.

 
La bondi beach quasi-déserte

De magnifiques maisons avec vue s'enchaînent le long du littoral. Des parcs, extrêmement bien entretenus, bordent l'océan. L'australien promène son chien – toujours de race. Le sportif s'épuise en courant ou en nageant. D'autres s'essayent à la pétanque sur gazon tandis que les écoliers en uniforme rentrent chez eux. Il règne une atmosphère de Bretagne survitaminée par un temps quasi estivale. 

 Maison avec vues

Nous assistons à un magnifique coucher de soleil sur la Mer de Tasmanie. Une baleine crache son panache d'eau entre deux vagues tandis qu'arc-en-ciel se forme. 

 
Un coucher de soleil aux couleurs boréales

La vue est dégagée : pratiquement aucune terre à l'horizon sur les dix mille prochains kilomètres. L'australien se délecte de son bonheur sans mauvaise conscience aucune. Les vicissitudes du monde lui semblent si lointaines depuis son paradis isolé.

Paradis

La vie en rose dans les montagnes bleues

Nous ne pouvions nous soustraire à l'exploration de la région des Blue Montains, à moins de soixante-dix kilomètres de Sydney. Nous sautons dans un train qui sillonne pendant deux bonnes heures des quartiers où les maisons avec leur jardin privatif semblent s'enchaîner à l'infini, avant d'arriver à Katoomba. Armés de notre pique-nique goûteux, nous prenons la direction d'un panorama qui s'ouvre sur une enfilade de montagnes et de vallées recouvertes d'une épaisse végétation qui s'étend sur des centaines de kilomètres. Les « trois sœurs », piliers de roche brute, toisent ce lieu de leur ancienneté. Les Blue Montains sont la première frontière des Australiens. Sa découverte, puis sa traversée, a annoncé la conquête de l'outback.

Les trois sœurs

Nous descendons dans le bush nous confronter à ce spectacle grandiose. La descente est très abrupte. Après une heure de marche, nous nous retrouvons dans la vallée. La forêt est extrêmement dense. Les oiseaux croassent des sonorités quasiment humaines. Notre déjeuner sur l'herbe est installé sur les racines d'un arbre immense. Les rayons du soleil se font une place à travers les fougères qui nous couvrent de leur ombre. Repus, nous repartons en direction du plateau. 

 
Éperon rocheux

Une rude montée nous réchauffe vaillamment. Le chemin est entièrement artificiel et sécurisé. Des escaliers s'étalonnent sur la roche tandis que des ruisseaux s'écoulent sous les caillebotis que nous empruntons. Retrouvant un soleil protecteur, nous nous arrêtons sur chaque banc faisant face à de magnifiques vues. Le soleil commence sa descente et transforme les montagnes de son spectre rose. Un bleuté s'affirme à l'horizon. On comprend maintenant pourquoi ce lieu était vénéré par les aborigènes et que les pionniers l'aient vu en bleu.
Des montagnes bleutées

Manly pour paradis

En moins d'une demi-heure, un ferry nous fait traverser la baie de Sydney. Nous passons devant les toujours magnifiques opéra et pont suspendu. 

 
Un ferry modeste

Nous débarquons au milieu des cafés tendance où des sydneysiders sirotent tranquillement une boisson fraîche en fin de matinée. Nous traversons la rue principale et arrivons sur une immense plage de sable. 

 
Mer, sable et soleil

Des surfeurs s'attaquent à des vagues de plus de deux ou trois mètres. Comme les courants sont extrêmement puissants, personne ne se baigne. 

 
La mer se déchaîne

Nous décidons d'aller en direction de l'entrée de la baie de Sydney, en pleine nature préservée, à moins de deux heures marche. Sabine, en pleine extase, s'émerveille des maisons avec vue sur la mer tout le long du chemin. Des étudiants font un barbecue sur la plage. Les enfants s'émancipent sur le sable alors que leurs parents dégustent leur plateau de fruits de mer en terrasse. Un joggeur nous double. Un vélo freine. Un retraité lit un livre sous le soleil. Un autre sieste. Ainsi, va la vie australienne. 

 Australien en plein effort

Une petite montée nous ouvre une vision large de la mer. Des surfeurs, plus entreprenants que les autres, osent s'attaquer à des vagues qui se brisent sur de grandes falaises. Des dauphins les rejoignent dans cette furie pour surfer à leur tour. Nous voyons leur aileron sortir dans le creux des vagues. 

 
 Seuls les surfeurs tentent la baignade

La côte est très belle et offre de multiples panoramas plus splendides les uns que les autres. Nous poursuivons notre marche à travers la nature. Pour rappel, nous sommes à moins de trente minutes du centre de Sydney ! 

 
La baie de Sydney

Nous retrouvons la vue sur la Baie où le sky line du CBD impressionne par sa force. Le premier plan est constitué d'un bush épais, d'un cimetière ou encore de roches inconnus. La pointe nous achève : dans un même regard, l'océan, la baie Sydney et le centre. Pas mal !

Un cimetière isolé

Sur le chemin du retour, quatre perroquets noirs s'attardent sur un arbre. Ils sont observés par un australien qui engage la conversation. Chris nous raconte que c'est la première fois qu'il observe de près cette espèce en dix ans. Armé de sa longue board et de son style décontracté, il décide de nous faire découvrir une plage qu'il apprécie. Habitant de Manly de longue date, il en est amoureux et participe activement à sa promotion. S'ensuit une longue déambulation jusqu'au terminal des ferrys où il a l'occasion d'aborder différents aspects de l'australian way of life. Sabine conclut la conversation d'un « you're so lucky to live here. It looks like paradise ». « I know. I know » fut sa réponse. 

 
Plage déserte à quelques minutes du centre-ville

En effet, les australiens savent bien que leur vie a le goût du bonheur facile et que pour rien au monde, ils ne souhaiteraient l'abandonner. 

 
Sydney by night

Le même jour, et pour la première fois de l'histoire, les immigrants illégaux en Australie seront expulsés en Papouasie-Nouvelle-Guinée sans espoir de visa. En Australie, leur bonheur ne se partage pas.

Vraiment ?

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