Down town
Bien sûr, nous nous empressons d'aller voir les « stars » du sanctuaire : les koalas et autres kangourous. Nous parvenons à l'heure du déjeuner des koalas, particulièrement actifs à la vue de branches fraîches d'eucalyptus qu'ils enfournent à longueur de journée. Pour l'anecdote, Sabine nourrit, depuis sa plus tendre enfance, un véritable mythe à l'égard de ces adorables nounours australs.
La
liaison en bus de nuit entre Sydney et Melbourne se fait dans une
ambiance « Las Vegas Parano ». Le chauffeur, muni d'un
micro à résonance de cathédrale, essaye d'enflammer la soirée
alors que son auditoire captif cherche difficilement à trouver quelques heures
de sommeil.
Interdiction absolue de nous alpaguer
Nos
arrivées dans les terminaux de bus australiens sont moins animées
que leurs homologues asiatiques. Aucun comité d'accueil ne nous
attend : pas de rabatteur, ni taxi driver, ni chauffeur
de véhicules en tout genre à l'horizon. C'est qu'ils nous
manqueraient presque !
Frais et dispo de bon matin
Nous
repartons donc à pied, muni d'un plan approximatif, pour parvenir à
une auberge de jeunesse du centre-ville. Son atout, « des
dortoirs de petite taille », peut vite devenir un enfer lorsque
les lits superposés sont parqués par rangées si minces qu'il
devient quasiment impossible de se frayer un chemin entre les
affaires des résidents.
Pas si facile de s'installer !
En
Australie, les auberges de jeunesse sont un peu ce que les foyers de
jeunes travailleurs sont à la France. Elles sont essentiellement
peuplées de précaires, avec toutes les difficultés du monde pour s'installer dans ce territoire béni des dieux. Les backpackers sont une
exception, surtout en cette période d'hiver austral. Être à
contre-courant présente toutefois un avantage : la nuit, nous
pouvons profiter tranquillement du dortoir déserté par les
« fêtards » enchaînant les pubs et les boîtes avant de
revenir à l'aube, gorgés d'alcool. Nous n'avons pas non plus besoin
de réveil-matin, la femme de ménage s'en chargeant en envoyant, dès
six heures du matin, du ACDC dé-coiffant.
Sky-line romantique
Nous
déambulons dans le centre-ville de Melbourne, étonnant mélange
architectural, où les imposants édifices du XIXe siècle côtoient
les bâtiments industriels reconvertis en cafés branchés ainsi que
des gratte-ciel élancés défiant les lois de l'apesanteur. Une
ambiance underground règne subtilement dans des ruelles où le
« street art » est roi.
Poésie de rue
Nous
passons d'un musée à l'autre, de l'art contemporain à l'art
aborigène. Ce dernier est d'ailleurs sanctuarisé dans les galeries
d'art du pays, comme si l'Australie recherchait ses racines qu'elle a
arrachées sous le coup d'une colonisation féroce. Les aborigènes
ne sont désormais plus qu'une poignée qui peine à trouver une
place dans une société qui a longtemps nié leur culture.
L'art aborigène d'une simplicité harmonieuse
Le
musée du film a la bonne idée de mettre à disposition des
visiteurs une vidéothèque gratuite. Aymeric use et abuse de
l'endroit où, assis face à un gigantesque écran plat, il regarde,
ébahi, le film psychédélique, «Morning of the earth »
où les premiers surfeurs australiens, hippie style, épris de liberté, débarquaient
sur les plages désertes de Bali. Nous enchaînons avec le film
« Winter
of our dreams », un classique australien des années 80.
Matin du monde
L'urbanisme
est intelligemment pensé. Les espaces publics sont munis de « free
wi-fi » où les passants s'arrêtent dans des fauteuils mis
librement à disposition. Les quais sont aménagés depuis de longue
date, offrant un couloir vert en plein cœur du quartier d'affaires.
L'architecture innovante des bâtiments publics, musées et
bibliothèques, étoffe la profondeur de cette ville nouvelle où le
patrimoine reste rare.
Passerelle entre deux mondes
Parler
de Melbourne sans évoquer le « footy » serait un
impair. Il s'agit d'une forme de rugby à 18 joueurs, devenu un
véritable passe-temps national. Ce sport est l'identité de la
ville et possède sa "cathédrale", un stade anciennement olympique d'un ovale parfait, le
Melbourne Cricket Ground (plus grand stage de cricket au monde, 100 000 spectateurs). Nous irons assister à un match opposant
une des équipes de Melbourne à celle de Sydney. Aymeric se passionne pour
les dégagements longs, les drops et les collisions frontales tandis
que Sabine a « l'impression d'attendre un bus ».
L'équipe de Melbourne finira par remporter la victoire après un
rattrapage en deuxième mi-temps spectaculaire. Sans rancœur, les
camps opposés se donnent l'accolade sous les hurlements frénétiques
des spectateurs.
Le CBD s'illumine progressivement
Une
faune unique au monde
Autre
spécificité de l'Australie, elle est dotée d'un environnement
unique. La faune est la plus étrange qui soit. Et pour cause :
voici quelques millions d'années que l'Australie est séparée du
reste de la planète. Les oiseaux, mammifères, reptiles et végétaux
de cette île-continent ont suivi une évolution à part, dont
résulte une nature aussi singulière que diversifiée.
Si ce n'est pas mignon !
Nous
décidons d'aller l'observer de près en visitant le sanctuaire
d'Healesville. Il s'agit d'un mélange ingénieux entre parc naturel
et zoo, où le visiteur peut déambuler librement au milieu des
animaux à portée de main.
Et encore un pour la route
Bien sûr, nous nous empressons d'aller voir les « stars » du sanctuaire : les koalas et autres kangourous. Nous parvenons à l'heure du déjeuner des koalas, particulièrement actifs à la vue de branches fraîches d'eucalyptus qu'ils enfournent à longueur de journée. Pour l'anecdote, Sabine nourrit, depuis sa plus tendre enfance, un véritable mythe à l'égard de ces adorables nounours australs.
Mais, quelle ne
fut pas sa déception lorsqu'elle apprend que le koala est l'un des
animaux les plus bêtes du règne animal. Des biologistes ont, en
effet, affirmé que "celui-ci était la seule créature vivante dont
le cerveau ne remplissait pas la boîte crânienne. Ce dernier, de la
taille d'une noix racornie, flotterait au milieu du liquide crânien.
Les koalas auraient ainsi sacrifier l'énergie destinée à alimenter
leur cerveau au profit de la digestion des feuilles d'eucalyptus". Il
est vrai qu'à les regarder de plus près, leur regard noir paraît
bien vide.
Dans
l'enclos voisin, les kangourous à la silhouette longiligne font la
sieste sur une verte prairie. On imagine aisément l'étonnement des
premiers naturalistes débarquant dans ce monde à l'envers où les
animaux se déplaçaient par bonds.
Il s'agit en fait du meilleur
moyen de se mouvoir à une vitesse moyenne. Une efficacité
indispensable pour le kangourou qui doit parcourir de longue distance
afin de trouver une maigre nourriture.
Les kangourous font la sieste
Aymeric réincarné
Les
serpents abondent aussi sur la terre australienne et figurent parmi
les plus venimeux au monde. Quand les occasions de se nourrir sont
rares et espacées, mieux vaut avoir un venin efficace. Nous ne nous
attarderons pas plus que de raison devant leur habitat. Certains
choisissent de souscrire à l'option « magic moment »
pour une vingtaine de dollars afin de vivre quelques minutes au plus près des animaux.
Nos observons ainsi un visiteur entouré par un immense boa digérant
une souris fraîchement avalée.
L'étrange ornithorynque
Nous
resterons fascinés par l’ornithorynque, un des rares mammifères
de la planète à pondre des œufs. Nous l'observons nageant avec
rapidité, remontant à la surface pour chercher de l'oxygène. Il
ressemble à une sorte de pingouin muni d'un long bec
effilé. Étrange alliage !
Les "fox bat"
Autre
hallucination, des immenses chauves-souris pendent, la tête en bas,
agrippées au grillage. Elles se déplacent en boitant munie d'un
long manteau sombre et d'une tête de renard. D'un naturel social,
elles se déplacent en groupe. Lorsqu'elles déploient leurs ailes,
on les croirait parées pour un vol en deltaplane.
Les Wallabies sont à portée de main
Nous
déambulons tranquillement sur des sentiers où les wallabies peuvent
venir jouer avec nous. Les oiseaux-lyre déploient leurs ailes
multicolores au-dessus de nos têtes. Les dingos nous toisent du haut
de leur promontoire rocheux tandis que les diables de Tasmanie se
pelotonnent dans leur abri de paille.
Dingue du dingo
Nous
ressortons enchantés de ce monde naturel merveilleux, presque prêts
à se prendre de passion pour les documentaires animaliers d'Arte.
Un monde animal féérique
Saint
Kilda, notre nouvelle maison
Nous
avons rendez-vous avec Peter et
Cait, résidant à Saint Kilda, banlieue huppée de Melbourne.
Nous sommes accueillis dans une adorable maison de style victorien,
blottie dans un jardin à l'anglaise. La route qui passe non loin
est surnommée la « golden road », tant elle est bordée
de villas plus luxueuses les unes que les autres.
Bord de mer
Notre chambre royale occupe le salon, muni d'une belle bibliothèque, où trône,
magistrale, une cheminée. Nous prenons sans difficulté nos
quartiers.
La plage de Saint Kilda
Cait
nous fait partager la passion de son travail. Psychologue, elle est l'une
des rares au monde à s'être spécialisée dans les traumatismes que
subissent les journalistes. Entre deux rapports à l'UNESCO, elle
délivre de multiples conférences dans les pays d'Asie du Sud-Est
qu'elle sillonne comme son jardin secret. Peter, quant à lui, nous
parle avec fierté de ses trois fils, dont l'un a pour mission plutôt
originale de concevoir et tester les épreuves de l'équivalent
australien de « Koh Lanta ». Leur dernier né nous
semble d'une maturité exceptionnelle, habitué à rencontrer des visiteurs du monde entier. L'un d'eux lui avait
construit une cabane dans l'arbre du jardin. Les voisins ont alors
déposé plainte pour dégradation de leur environnement, appelant à
la destruction de la cabane. L'affaire enflamme alors les journaux
locaux. Les « pro-cabane » finissent par gagner le
procès, haut la main. Enfin, le chien, Indie, un « labra-doodle »
(un labrador mixé avec un caniche) nous a pris en affection, à tel
point qu'Aymeric a même fini par s'attacher à la bête, surmontant
sa peur originelle de toutes les espèces canines.
Le chien préféré d'Aymeric
Le
temps d'une journée, nous prenons possession de la cuisine pour
préparer un repas à la française. Un plan de travail immense
occupe le centre de la salle à manger. Tous les ustensiles
imaginables sont à disposition. Aymeric exulte d'enthousiasme
préparant une pâte à crêpe arrosée de bière et de rhum. Le menu
nous fait saliver d'avance :
Starter :
salade composée de saison
Main
course : crêpe au saumon fumé accompagnée de sa crème
fraîche ciboulette, citron et vinaigre balsamique / crêpe au
roquefort saupoudré de noix et de fragments de poire / crêpe au fromage de
chèvre agrémenté de miel et de morceaux de pomme.
Desert:
mousse au chocolat et salade d'orange à la muscade.
Un diner à la française
Cait
et Peter nous servent un délicieux Sauvignon blanc de la région de
Malbourough en Nouvelle Zélande. Le diner se déroule comme dans un
songe. Les conversations s'animent. Cait et Peter nous parlent, émus,
de leur mariage où Cait avait revêtu pour l'occasion une robe
verte, à la couleur des suffragettes.
L'infatigable Cait
Le
lendemain, Cait nous invite dans un restaurant végétarien
associatif, fonctionnant sur le système des donations. Elle nous
questionne sur le débat autour du voile en France, qui l'interroge sur la tolérance de notre pays.
Sabine se perd en explication sur la laïcité, le droit des femmes
et finit par douter de ses propres arguments et de son anglais.
La marina, modeste
Nous
quittons notre famille australienne francophile, à regret. Merci beaucoup pour votre accueil ! Nous vous attendons à Lyon ! Notre séjour en
Australie aura décidément eu un goût certain de paradis.
Melbourne, la merveilleuse
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