C'est
avec tristesse que nous quittons l'Australie ensoleillée que nous
n'avons pas, il est vrai, assez visitée. C'était un choix imposé
par le temps imparti. Nous allons devoir revenir ! Il est
toujours difficile d'abandonner un paradis. Mais quand s'il s'agit
d'en retrouver un autre, le déchirement est moins grand !
Welcome !
Sabine
essuie donc ses larmes dans l'avion (sic) et nous atterrissons à
Auckland en fin de journée … sous la pluie et la fraîcheur du
soir. Le pays du long nuage blanc, Aotearoa, le nom maori de la
Nouvelle-Zélande semble idéalement trouvé. En ce mois d'août,
l'hiver austral règne en Nouvelle-Zélande, une version bretonne de
l'hiver où la douceur est relative et l'humidité bien présente.
« Il fait moins beau qu'à Sydney » précise une
Sabine nostalgique. Elle est dans le vrai.
Un donjon pour la nuit
Nous
posons nos lourds baluchons dans le charmant quartier de Ponsonby.
L'auberge est accueillante et confortable. C'est une vieille maison
victorienne plantée dans un rue en pente où des voyageurs du monde
entier prennent leurs quartiers pour quelques jours ou plusieurs
semaines. Les profils sont arc-en-ciel : une stagiaire allemande
du zoo d'Auckland, des étudiants néo-calédoniens en stage en
entreprise, une finlandaise en goguette, une pâtissière italienne
et des anglo-saxons qui, comme toujours, jouent à domicile.
Bienvenu au royaume du rugby et de la voile
Dimanche
matin, nous partons pour notre première virée. Le sky line domine
la ville. Des parcs s'infiltrent dans la densité urbaine. En
direction de la marina, le Victoria Park s'agite d'une effervescence
matinale. Des centaines de familles, en grande majorité maorie, sont
là pour assister au match de rugby dominical.
Des amateurs très professionnels
Assise sur la gazon,
l'assistance déballe ses vivres. Les portions sont gargantuesques, adaptées aux gabarits locaux qui sont très, vraiment très,
massifs. Il n'est pas rare de croiser des enfants de plus de 90 kilos
bâtis comme des lutteurs turcs XXL. Les femmes ne sont pas en reste.
L'arbitre ne fait pas le poids
Sur le terrain, les matchs de rugby à XIII s'enchaînent. Au bord du
terrain, nous assistons, ébahis, à des plaquages où le possesseur
du ballon se retrouve enfoui sous trois joueurs de près de cent
kilos. Il faut avoir la santé ! L'atmosphère est bon enfant et
le niveau de jeu, plutôt élevé. Aymeric hésite à rentrer sur le
pré mais il sent bien que l'infirmerie serait rapidement sa
prochaine destination !
Bientôt au tour d'Aymeric
Rassasiés
de ses joutes « viriles mais cordiales », nous
poursuivons vers la marina. De superbes bateaux s'alignent entre les
pontons. La baie d'Auckland est une des plus grandes du monde. Les
néo-zélandais sont des passionnés de voile et la proportion de
voiliers par habitant est la plus élevée au monde. Par la suite,
nous croiserons souvent des voiliers stationnés dans les jardins.
Tout le bord de mer a été réaménagé à l'occasion de l'America's
Cup de 2003. C'est ici en 2000 qu'avait triomphé Sir Peter Blake
avec Team New Zealand, avant de se faire abattre, l'année suivante,
par des pirates sur l'Amazonie.
Nous profitons de la quiétude
locale. Un ancien container posé sur des caillebotis contient une
bibliothèque et un salon de lecture face à la mer. Nous feuilletons
quelques ouvrages sous le regard de goélands au vol rasant.
Marina en centre-ville
Des containers-bibliothèques
Déambulations en ville
Le
central business district grouille d'un patchwork de populations
asiatiques et polynésiennes. On ne peut pas dire que le centre ville
se distingue par sa beauté insolente. Il nous offre cependant une
agréable ballade à travers des aménagements urbains inventifs.
Nous nous hasardons dans le prétendu quartier chaud d'Auckland. Il
semble bien éteint en ce dimanche. Seule incongruité, des travestis
maoris. Très surprenant de croiser au coin de la rue un géant de 2
mètres, de plus de cent kilos, qui porte des talons hauts, une jupe
moulante et un rouge à lèvres explosif. Le red light district
d'Amsterdam n'a qu'à bien se tenir !
Nous
rejoignons, après quelques efforts, le mont Éden pour une vue
panoramique sur la baie. Ce cône volcanique éteint d'à peine deux
cents mètres de haut surplombe l'agglomération d'Auckland. On
comprend mieux le paysage. La ville est nichée entre la Mer de
Tasmanie à l'ouest et l'océan pacifique à l'est.
L'eau est donc
omniprésente. Une multitude de criques prend place entre
d'anciennes formations volcaniques (une cinquantaine) arrondies par
le temps. Des îles émergent au milieu à l'horizon. Le Rangitoto
forme un mamelon émergent au milieu du golfe d'Hauraki. Nous avons
sous nos yeux un condensé de la Nouvelle-Zélande entre mers et
volcans.
Auckland entre ciel et mer
Le monde entier est un volcan
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