Nous
rejoignons Jakarta par le train en classe économique ayant le bon
goût de nous faire arriver à minuit, heure du crime. C'est peu dire
que nous appréhendons notre arrivée de nuit dans la tentaculaire
capitale indonésienne, sans aucun plan en main (le guide étant
resté à Jogjakarta). Finalement, tout se déroulera à merveille.
Brochette de bejaj
Dès
notre entrée en gare, un bejaj, tricycle motorisé, nous emmène
dans le quartier des routards. Nous traversons des avenues désertes,
habituellement connues pour leurs embouteillages monstrueux, avant de
déboucher dans une ruelle animée de bars branchées où la
jeunesse javanaise se mêle aux voyageurs de passage. Deux français
titubants nous indiquent leur hôtel. La chambre est sommaire, mais
elle sera parfaite pour une nuit courte. « Voilà une affaire
rondement menée », pensions-nous soulagés.
Les légendaires embouteillages de Jakarta
Sabine
inspecte tout de même minutieusement les draps et sort l'attirail
complet de protection : le spray anti-insecte largement diffusé
sur les draps, la moustiquaire hermétiquement fermée, le duvet et
le protège-oreiller recouvrant soigneusement la literie. Malgré
tout, une démangeaison la saisit après quelques minutes de sommeil.
Le lit est infesté de punaises. D'un bond, Sabine, en panique,
réveille Aymeric. Nous demandons à changer de chambre sur le champ.
On nous en propose une deuxième de bonne grâce. Sabine entre avec
méfiance, appuie sur l’interrupteur et manque de se faire
électrocuter. Tous les plombs de l’hôtel ont sauté. Les mains
fébriles, les bras recouverts de boutons, nous quittons l'hôtel
d'un pas décidé.
La chambre dont nous aurions rêvé
Nous
voici, à deux heures du matin, de nouveau repartis avec les sacs sur le dos
en recherche d'un endroit où dormir. Nous ne sommes pas tout à fait seuls. Des rats énormes se faufilent
entre nos jambes. Nous parvenons à dénicher un hôtel au fond d'une
impasse, où les draps blancs troués ont presque l'air propre.
Épuisés, nous nous endormons d'une traite, non sans avoir chassé
auparavant les punaises de lit restées agrippées à nos affaires.
Les buildings sont plus beaux de nuit
Le
lendemain, après un petit-déjeuner au toast fromage-chocolat, nous
attrapons la navette de l'aéroport, direction Sydney. Durant le vol,
Aymeric est saisi de démangeaisons soudaines. Il a emporté un petit
souvenir indonésien pour la route. Ça tombe à pic puisque la
douane australienne est réputée être l'une des plus strictes de la
planète !
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