vendredi 9 août 2013

Jogjakarta, la touristique

Après un dimanche au goût d'enterrement, nous ne savions plus vraiment comment occuper la semaine à venir. Peu motivés pour les grandes aventures, nous décidons de nous diriger vers la touristique Jogjakarta.

L'art de rue à Jogjakarta

Nous prenons le train. En Indonésie, la politique tarifaire de la compagnie ferroviaire d'Etat est peu compréhensible. Le prix est le même que vous vous arrêtiez à la première gare ou au terminus. Des agents de sécurité veillent dans chaque wagon. Un calme bon enfant règne tandis que les vendeurs ambulants proposent leurs produits odorants.

Sous les lumières du sultan

A notre arrivée, le becak nous conduit à son rythme à notre hôtel. Nous sommes alors aiguillonnés par un rabatteur nous laissant peu de marges de liberté. 

 Un conducteur de becak au repos

Nous nous promenons dans les arcanes de cette ville à l'agitation touristique permanente. Direction le palais du sultan, le dénommé kraton. En chemin, un indonésien nous aborde à l'heure de la prière du soir. S'ensuit une conversation passionnante sur l'histoire de la ville, la place de la religion et l'indonesian way of life. Il nous rappelle à quel point le mois de jeûne est une période de fête où les familles se retrouvent pour partager. Le sultan de Jogjakarta a un statut particulier puisqu'il est le dernier souverain à conserver des pouvoirs civils. Il est également le gouverneur de la province. Son palais est ouvert à tous. Son aura est forte. 

 On garde toujours le guide en main, histoire de ne pas se perdre en chemin

Nous poussons jusqu'à une place où la tradition veut que le sage réussisse à passer entre deux énormes banians les yeux fermés. Nous essayons de respecter, non sans mal, cette coutume locale. Des becaks rutilants à la mode Las Vegas, toutes lumières dehors, circumnaviguent autour de la place dans un défilé improbable qui fait le bonheur de la jeunesse javanaise.

Les becaks fluorescents

Quelques errements

Le deuxième jour, nous hésitons à prendre l'avion, coûte que coûte, pour le Kalimantan et la découverte des orangs-outans. Après avoir étudié tous les vols possibles et inimaginables auprès d'une agence locale, le périple nous paraît bien trop hasardeux au regard de nos contraintes de temps et notre morale en berne. Nous choisissons de rester à Jogjakarta et de profiter de l'endroit. Nous changeons d'hôtel. Ce choix nous permet de faire la connaissance d'un couple de parisiens en partance pour l'île de Sulawesi, et de deux voyageurs au long cours qui nous racontent leurs six derniers mois en Afrique de l'est. Nous prenons nos quartiers au restaurant « Mi casa es tu casa ». Tout un programme à l'ambiance movida.

 Adieu orang-outan

Malgré un premier échec, dû à l'heure précoce de fermeture, nous réussissons après une deuxième tentative à visiter le musée Affandi. Il regroupe, dans l'ancienne maison de l'artiste, les œuvres d'un peintre indonésien plutôt originales. Son sens de la figuration impressionniste de ses débuts s'est progressivement transformé, au cours de sa carrière, en une peinture abstraite aux aplats de couleurs excessifs. 
 
La demeure enchantée d'Affandi

Nous profitons surtout de Jogjakarta pour deux témoignages exceptionnels de ses influences religieuses passées : l'hindouiste Pranbanan et le bouddhiste Borobodur.

Café aux saveurs d'antan

Un temple shivaiste en terre d'Islam

Prambanan est un vestige harmonieux de l'ancienne dévotion des javanais à la culture brahmanique. Nous retrouvons pour l'occasion les codes culturels de l'architecture indienne. Un air d'Angkor Wat, à plus petite échelle, reflue sur le couchant. 

 A l'ombre d'Angkor Wat

Nous nous promenons, sarongs autour de la taille, dans ce site baigné d'un spiritualité disparue où dominait le triptyque Shiva, Vishnou, Brama. Nous prenons le temps de siester, à la romaine, dans la fraîcheur d'un arbre protecteur, divagant sur la vacuité de l'existence.

Les pyramides de pierres pointent vers le ciel ombrageux

Illumination au Borobodur

Le vendredi, notre passage au Borobodur a un goût de transcendance. Un ciel pur nous entoure d'une grande clarté. A l'ombre d'un volcan à la puissance tellurique, nous dominons une forêt de palmiers qui s'étale sur les collines des alentours. Des centaines de bouddhas et de stupas, à la pierre volcanique couleur ébène, semblent nous couvrir de leur protection millénaire. 
 
Des stupas parsemées

Nous nous recueillons au moment même où se déroule l'enterrement de la grand-mère d'Aymeric. Nous plaçons quelques fleurs tropicales en offrandes nirvanesques sur les bas-reliefs dont l'expression intemporelle nous saisit. 
 
Offrandes nirvanesques

Le moment nous rappelle que l'impermanence est la loi, que la vie est un cycle où tout commencement appelle une fin et que le souvenir des uns féconde le cheminement des autres. 

 
Deux amoureux intemporels

La Croix du Sud, astre veillant sur cette partie du monde, nous apparait en cette nuit plus scintillante que jamais. 

 Infini

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