A la levée du jour, nous quittons à regret Ju, Manu et Amélie pour des adieux dans
la retenue, inhérente à cet horaire matinal. Les yeux mi-clos, nous
les regardons rejoindre la gare sur des becaks peu rapides (vélo
devancé par une carriole). L'image est belle. Merci pour leur
dynamisme, leur bonne humeur et leur curiosité. De bons souvenirs
dans la musette en à peine quinze jours !
Des adieux à demi-éveillés en becaks
Promenade
en Becak
Notre
train part plus tard. Après trois heures de voyage, nous arrivons à Surabaya, deuxième
plus grande ville d'Indonésie, à la réputation peu engageante liée
à un urbanisme bétonné doublé d'une suractivité humaine. Nous
serons plutôt surpris par son atmosphère authentique.
Une ambiance douce d'Asie
Un
chauffeur de becak nous accueille à la sortie du train. Nous sommes
toujours aussi mal à l'aise de se voir transbahutés dans cette petite carriole à la seule force des coups de pédale de notre conducteur. Souvent âgés (et fumeurs !), ils doivent se débattre pour imposer l'engin au
milieu d'un trafic d'enfer et souvent, en contre-sens.
Notre sympathique conducteur de becak
Nos
affaires déposées, nous partons à la découverte de la ville. Un
immense mall
nous accueille pour le déjeuner, puis nous continuons à pieds en
direction du quartier chinois. Quelques vestiges de la colonisation
hollandaise pointent de-ci, de-là, donnant à ces canaux abandonnés
des airs d'Amsterdam ravagés par un tsunami.
Les étales roses d'échalotes et de piments
Comme toujours, le
Chinatown déborde de vitalités. Au hasard, nous tombons sur un
incroyable marché que nous traversons jusqu'à la section
poissonnerie à l'activité débordante.
Du poisson frais à l'odeur envahissante
Les vendeurs se jouent de
nous. Tout le monde rigole à leurs diatribes sans que nous sachions
vraiment ce qu'ils peuvent raconter sur notre compte.
Une échoppe à la chinoise
Nous sortons à
l'air libre dans une rue grouillante. Impossible d'avancer entre les
cagettes de poissons, les porteurs surexcités et les vendeurs
affairés. Sans aucun doute, un des marchés les plus spectaculaires
de notre voyage.
Essayez de vous frayer un passage
« Do
you do the ramadan ? »
L’hindouiste
Bali n'était que peu impactée par le mois de jeûne du ramadan. Il
est tout autrement sur l'île de Java, quasi exclusivement musulmane.
« Do you do the ramadan »
comme dirait Juliette avec son accent oxfordien, telle est la
question. A environ 17h30, le muezzin lance son appel et ses prières
d'une voix sonore. Une autre vie commence alors.
Les enfants sont aussi de sortie
Dans un restaurant,
nous sommes surpris de recevoir des attentions particulières après
l'heure dite. Le serveur nous apporte une soupe pour la rupture du
jeune (au lait de coco s'il vous plaît !), des dattes et des
pâtisseries. Dans la rue, des enfants nous offrent des verres d'eau, le sourire aux lèvres. Gestes d'hospitalité appréciées.
Au souk de surabaya
Nous découvrons un
labyrinthique souk aux alentours de la grande mosquée de Surabaya.
Avec leur profusion de produits moyen-orientaux, on se croirait à
Bagdad, Damas ou Le Caire. Nous faisons notre stock de dattes
(d'Iran) et de raisins secs (de Tunisie). Un homme nous interpelle :
« Que pensez-vous des musulmans ? », drôle de question
qui nous laisse perplexe, avant d'enchainer sur une autre encore
plus troublante « pensez-vous que nous sommes tous des terroristes ? »,
nous réfutons cette vision, confus devant le petit
attroupement venu nous observer.
La vie au rythme de la mosquée
Nous croisons la route d'un indonésien
qui sort de la Mosquée. Il travaille dans un Carrefour et apprécie la
culture française, initiée en cela par son chef, « Jean-Paul ».
Il nous permet de retrouver la sortie depuis la Mosquée (ce qui
n'était pas une mince affaire). Conversation intéressante avec un représentant de la
jeunesse indonésienne … toujours de bonne humeur, drôle et
intentionné.
Une ouvrière des usines Sempoerna
Aymeric
souhaitait voir avec curiosité la Sempoerna House, du nom de la
plus fameuse (et délicieuse !) marque de cigarettes
indonésiennes au clou de girofle qui crépitent quand elles sont
fumées tout en laissant un goût sucré sur les lèvres. Pour
l'anecdote, elles sont interdites de vente en Europe puisqu'elles ne
respectent pas les normes sanitaires, de nocivité notamment. Fondée
au XIXème siècle par un chinois de la diaspora sans le sou, et
installé à Surabaya, la marque a prospéré et a été rachetée
par Philip Morris au début du XXIème siècle. La famille du
propriétaire historique est une des plus riches de toute
l'Indonésie. Le site nous laisse observer quelques souvenirs et
accéder à une restaurant haut de gamme, avec affiches Perrier au
mur et mets délicats.
Des cigarettes roulées avec une dextérité remarquable
Nous
nous préparons pour le départ le lendemain en ferry en direction du
Kalimantan pour passer trois jours avec les orangs-outans avant de
s'envoler pour l'Australie. Notre projet s'évanouit soudain lorsqu'Aymeric apprend tristement, au petit matin, le décès
de sa grand-mère centenaire. Notre pensée se joint à elle qui nous aura accompagnés sur les routes du monde de son regard bienveillant.
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