mardi 23 juillet 2013

UBUD, le Bali des rizières

Good bye Indochine

Après trois mois passés en Asie du sud-est (6 avril-24 juin), nous quittons Bangkok, toujours plongée dans la torpeur tropicale, pour retrouver Denpasar, la ville la plus importante de l'île de Bali que finalement, hormis l'aéroport, nous ne visiterons jamais. Une page de notre voyage se tourne à la plus grande tristesse de Sabine qui reste à jamais nostalgique de ses ambiances indochinoises, faites du sourire et de la gentillesse de ses habitants, de chaleur et d'humidité, de paysages d'estampes où se concurrencent rizières scintillantes, fleuves languissants et formations karstiques. Il ne lui reste plus pour le moment qu'à se plonger une nouvelle fois dans l'Amant pour retrouver une parcelle de cette existence !

L'esthétique Bali

A Bali, une nouvelle culture s'offre à nous. Ses influences ne nous sont pas totalement étrangères (spiritualité hindouiste où l'Inde reste cette « Grèce antique » de l'Orient, civilisation du riz qui nourrit, quand même, plus de trois milliards de personnes dans le monde, rythme tropical où la nuit tombe comme une guillotine) alors que ses originalités nous surprennent (animisme aux offrandes esthétiques, identité insulaire, paysages volcaniques éblouissants).

Quentin et Olga, le sarong leur va si bien

Sortis de l'aéroport, nous prenons un taxi pour rejoindre la touristique Ubud, nichée au cœur de l'île. Nous retrouvons Quentin, le cousin de Sabine, et Olga, sa copine, qui pérégrinent depuis déjà un mois dans la région. Les retrouvailles ont lieu autour d'un café à la française. Après quelques efforts et de multiples visites, nous trouvons (enfin) un hébergement âprement négocié. Les chambres s'enlacent autour d'une cour intérieure qui elle-même tente de survivre à une surabondance de temples, d'autels et de statues. Il est même difficile de ne pas marcher sur les offrandes tant elles sont nombreuses sur le sol. Le balinais a une pratique religieuse fervente. Il espère que ses dons (riz, fruits, fleurs, encens, argent, ou autres) apaisera les divinités locales, les volcans de la ceinture de feu de l'Océan indien qui frappent rarement mais toujours terriblement.

 Offrande à la Gauguin

Monkey fever

Une visite au traditionnel temple des singes s'impose. Lové dans une forêt épaisse, les temples semblent s'oublier dans la végétation. Les singes à moustache s'amusent des visiteurs. Nous essayons de nous amuser de leur amusement. Ils chapardent tout ce qu'ils peuvent, la banane faisant office de Graal. Un touriste ayant acheté un régime à partager s'en est fait dépossédé en moins de trente secondes. Aymeric s'inquiète de leur agressivité, les autres ironisent. Pourtant, leur comportement nous rappelle que la vigilance doit être de mise. 

Attention, ces bébêtes sont loin d'être inoffensives !

Sabine survivra à une attaque en trois temps : 1/ attaque du sac en plastique qui contient une bouteille d'eau (et non des bananes !) 2/ attaque plus entreprenante avec accrochage de T-shirt 3/ tentative de morsure sur la jambe alors que nous traversions un endroit isolé, royaume des mâles dominants. Bilan : un bleu et quelques frayeurs. A la sortie, nous découvrons que le temple compte un centre de premier secours. Preuve que le risque de blessure n'est pas inexistant. 


 Un restaurant sur les rizières

Pour nous remettre de nos émotions, nous prenons la direction des rizières où nous déjeunons dans un charmant restaurant qui les domine. Nous poursuivons à travers un chemin escarpé qui serpente entre les canaux d'irrigation et les cultures, puis s'enfonce près d'un torrent. 


 Estampe japonaise

Guidé par un local plutôt entreprenant, nous prenons le temps d'une baignade rafraîchissante entre fleurs et arbres tropicaux. Nous poursuivons dans un lacis de rizières verdoyantes et croisons la route de nombreux couples d'amoureux balinais.

Au sommet du volcan

Nous décidons d'organiser une « expédition » au volcan Gunung Batur pour le lendemain. Il nous faut d'abord trouver un chauffeur de taxi qui accepte de partir à deux heures et demi du matin, et pour toute la journée, pour un prix décent. Après palabres interminables, nous trouvons un volontaire plutôt bourru. Bien entendu, à l'heure du rendez-vous, il n'y a personne. Nous le réveillons. Il arrive les yeux encore collés. Nous croisons les doigts pour qu'il ne s'endorme pas, de nouveau, sur la route sinueuse. 

 Vue matinale


A l'entrée du chemin qui mène au sommet, une armada de guides nous attend. Ils nous menacent. La tradition locale veut que chaque visiteur soit accompagné d'un guide. Enfreindre cette tradition est considéré comme un crime d'honneur. Ils jouent de la situation et tentent de nous extirper un prix exorbitant. Nous résistons au mieux et nous voilà accompagnés, de force, sur un chemin bien indiqué, à moins d'une heure et demi du sommet. Nous nous retrouvons avec des centaines de touristes, eux aussi cornaqués par leur guide respectif. Il y a quasiment un tiers de guides pour deux tiers de touristes qui se suivent en file indienne. Nous ne risquons pas de nous perdre !

Sabine au top

Le lever du soleil est magique. Les couleurs embrasent une ligne d'horizon volcanesque. Bali est à nos pieds, entre mers et cratères. Le tour de la caldeira nous ouvre encore de nouvelles perspectives. Des coulées de lave ont structuré un paysage minéral. Un lac bleuté nous envoie son clignement d’œil. Nous admirons le Rinjani sur l'île de Lombock. Nous profitons de la descente (comme toujours !) pour parler d’Hawaï où Olga a passé plusieurs mois dans un centre de recherche maritime. C'est elle, au cours d'une précédente rencontre, qui nous a motivés pour cette destination que nous imaginions réservée aux retraités californiens. Nous échangeons aussi sur la situation de la recherche scientifique en France : un immense dévouement pour des résultats arrachés aux forceps par une communauté de passionnés. Fascinant !

 Cold Coco

Nous déjeunons face aux rizières en terrasse et finissons la journée par la visite d'un sanctuaire princier, qui s'éparpille au milieu de la jungle. L'écoulement de l'eau dans les multiples bassins nous régénère d'une mélodie maternante. Nous nous désaltérons d'un noix de coco fraîche. Les vallées des alentours nous apaisent de leur relief torturé. Le dernier dîner nous invite à découvrir les palettes de la gastronomie locale: farandoles de brochettes en tout genre et feuilles de bananiers garnies de mets délicats. La vie balinaise nous offre ses délices. Son art de vivre est un des plus raffiné au monde. Rien ne serait se faire sans une fleur colorée !

 A Bali, les esprits hantent la forêt

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