Good
bye Indochine
Après
trois mois passés en Asie du sud-est (6 avril-24 juin), nous
quittons Bangkok, toujours plongée dans la torpeur tropicale, pour
retrouver Denpasar, la ville la plus importante de l'île de Bali que
finalement, hormis l'aéroport, nous ne visiterons jamais. Une page
de notre voyage se tourne à la plus grande tristesse de Sabine qui
reste à jamais nostalgique de ses ambiances indochinoises, faites du
sourire et de la gentillesse de ses habitants, de chaleur et
d'humidité, de paysages d'estampes où se concurrencent rizières
scintillantes, fleuves languissants et formations karstiques. Il ne
lui reste plus pour le moment qu'à se plonger une nouvelle fois dans
l'Amant pour retrouver une parcelle de cette existence !
L'esthétique
Bali
A
Bali, une nouvelle culture s'offre à nous. Ses influences ne nous
sont pas totalement étrangères (spiritualité hindouiste où l'Inde
reste cette « Grèce antique » de l'Orient, civilisation
du riz qui nourrit, quand même, plus de trois milliards de personnes
dans le monde, rythme tropical où la nuit tombe comme une
guillotine) alors que ses originalités nous surprennent (animisme
aux offrandes esthétiques, identité insulaire, paysages volcaniques
éblouissants).
Quentin et Olga, le sarong leur va si bien
Sortis
de l'aéroport, nous prenons un taxi pour rejoindre la touristique
Ubud, nichée au cœur de l'île. Nous retrouvons Quentin, le cousin
de Sabine, et Olga, sa copine, qui pérégrinent depuis déjà un
mois dans la région. Les retrouvailles ont lieu autour d'un café à
la française. Après quelques efforts et de multiples visites, nous
trouvons (enfin) un hébergement âprement négocié. Les chambres
s'enlacent autour d'une cour intérieure qui elle-même tente de
survivre à une surabondance de temples, d'autels et de statues. Il
est même difficile de ne pas marcher sur les offrandes tant elles
sont nombreuses sur le sol. Le balinais a une pratique religieuse
fervente. Il espère que ses dons (riz, fruits, fleurs, encens,
argent, ou autres) apaisera les divinités locales, les volcans de
la ceinture de feu de l'Océan indien qui frappent rarement mais
toujours terriblement.
Offrande à la Gauguin
Monkey
fever
Une
visite au traditionnel temple des singes s'impose. Lové dans une
forêt épaisse, les temples semblent s'oublier dans la végétation.
Les singes à moustache s'amusent des visiteurs. Nous essayons de
nous amuser de leur amusement. Ils chapardent tout ce qu'ils peuvent,
la banane faisant office de Graal. Un touriste ayant acheté un
régime à partager s'en est fait dépossédé en moins de trente
secondes. Aymeric s'inquiète de leur agressivité, les autres
ironisent. Pourtant, leur comportement nous rappelle que la vigilance
doit être de mise.
Attention, ces bébêtes sont loin d'être inoffensives !
Sabine survivra à une attaque en trois temps :
1/ attaque du sac en plastique qui contient une bouteille d'eau (et
non des bananes !) 2/ attaque plus entreprenante avec accrochage
de T-shirt 3/ tentative de morsure sur la jambe alors que nous
traversions un endroit isolé, royaume des mâles dominants. Bilan :
un bleu et quelques frayeurs. A la sortie, nous découvrons que le
temple compte un centre de premier secours. Preuve que le risque de
blessure n'est pas inexistant.
Un restaurant sur les rizières
Pour nous remettre de nos émotions,
nous prenons la direction des rizières où nous déjeunons dans un
charmant restaurant qui les domine. Nous poursuivons à travers un
chemin escarpé qui serpente entre les canaux d'irrigation et les
cultures, puis s'enfonce près d'un torrent.
Estampe japonaise
Guidé par un local
plutôt entreprenant, nous prenons le temps d'une baignade
rafraîchissante entre fleurs et arbres tropicaux. Nous poursuivons
dans un lacis de rizières verdoyantes et croisons la route de
nombreux couples d'amoureux balinais.
Au
sommet du volcan
Nous
décidons d'organiser une « expédition » au volcan
Gunung Batur pour le lendemain. Il nous faut d'abord trouver un
chauffeur de taxi qui accepte de partir à deux heures et demi du
matin, et pour toute la journée, pour un prix décent. Après
palabres interminables, nous trouvons un volontaire plutôt bourru.
Bien entendu, à l'heure du rendez-vous, il n'y a personne. Nous le
réveillons. Il arrive les yeux encore collés. Nous croisons les
doigts pour qu'il ne s'endorme pas, de nouveau, sur la route
sinueuse.
Vue matinale
A l'entrée du chemin qui mène au sommet, une armada de guides nous attend. Ils nous menacent. La tradition locale veut que chaque visiteur soit accompagné d'un guide. Enfreindre cette tradition est considéré comme un crime d'honneur. Ils jouent de la situation et tentent de nous extirper un prix exorbitant. Nous résistons au mieux et nous voilà accompagnés, de force, sur un chemin bien indiqué, à moins d'une heure et demi du sommet. Nous nous retrouvons avec des centaines de touristes, eux aussi cornaqués par leur guide respectif. Il y a quasiment un tiers de guides pour deux tiers de touristes qui se suivent en file indienne. Nous ne risquons pas de nous perdre !
Sabine au top
Le
lever du soleil est magique. Les couleurs embrasent une ligne
d'horizon volcanesque. Bali est à nos pieds, entre mers et cratères.
Le tour de la caldeira nous ouvre encore de nouvelles perspectives.
Des coulées de lave ont structuré un paysage minéral. Un lac
bleuté nous envoie son clignement d’œil. Nous admirons le Rinjani
sur l'île de Lombock. Nous profitons de la descente (comme toujours
!) pour parler d’Hawaï où Olga a passé plusieurs mois dans un
centre de recherche maritime. C'est elle, au cours d'une précédente
rencontre, qui nous a motivés pour cette destination que nous
imaginions réservée aux retraités californiens. Nous échangeons
aussi sur la situation de la recherche scientifique en France :
un immense dévouement pour des résultats arrachés aux forceps par
une communauté de passionnés. Fascinant !
Cold Coco
Nous
déjeunons face aux rizières en terrasse et finissons la journée
par la visite d'un sanctuaire princier, qui s'éparpille au milieu
de la jungle. L'écoulement de l'eau dans les multiples bassins nous
régénère d'une mélodie maternante. Nous nous désaltérons d'un
noix de coco fraîche. Les vallées des alentours nous apaisent de
leur relief torturé. Le dernier dîner nous invite à découvrir
les palettes de la gastronomie locale: farandoles de brochettes en
tout genre et feuilles de bananiers garnies de mets délicats. La vie
balinaise nous offre ses délices. Son art de vivre est un des plus
raffiné au monde. Rien ne serait se faire sans une fleur colorée !
A Bali, les esprits hantent la forêt
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