vendredi 28 juin 2013

Angkor, monde de merveilles

Qu'il fut difficile de quitter notre cocon douillet de Phnom Penh ! Les habitudes se prennent vite. Nous nous sentions de retour à la maison grâce à l'hospitalité himalayesque de Samol. Mais il a fallu reprendre notre chemin vers un endroit parmi les plus fascinants de notre planète, l’envoûtant Angkor, chef d’œuvre de la civilisation khmère, à la fois d'inspiration hindouiste et bouddhique.

Le magistral Angkor Wat, symbole du pays

Samol nous offre un dernier petit déjeuner matinal : riz blanc et cuisse de poulet pour tout le monde. Rien de tel pour faire le plein d'énergie de bon matin ! La séparation fut émouvante. Nous lui donnons rendez-vous en France pour l'année prochaine. Nous la remercions mille fois pour ses attentions et les bonheurs qu'elle nous a offerts. Nous montons dans le bus. Les rues de Phnom Penh défilent. Nous sommes de nouveau confrontés à nous même en route vers l'inconnu.

 Les fabuleux mystères des divinités brahmaniques

Happy time

Nous savions d'avance que la bien nommée Happy guesthouse était une halte appréciable à Siem Reap. Nous posons donc notre paquetage et courons assister au coucher du soleil à Angkor Wat. Nous trouvons un chauffeur de moto-dop cordial qui nous dépose devant l'entrée. Premier émerveillement en vue.

 Des bataillons de touristes chinois à l'entrée...

La chaleur, moite, s'élève à plus de 35°C. Des bataillons de chinois réalisent la photo de leur vie sur le pont qui traverse les douves et qui permet d'accéder au site. La lumière d'un ciel chargé des lourds nuages de la saison des pluies est fuyante et rougeoyante. Elle enlace le site d'une aura mystique. Presque seuls, nous nous perdons dans les dédales du temple.  
 ... et seulement 2 français à l'intérieur

Ses dimensions sont immenses. Un policier essaye de nous extorquer de l'argent pour monter un escalier abrupte, d'ordinaire fermé, pour accéder à une vue panoramique. La corruption se retrouve décidément à chacune des marches de l'administration ! 

 On gravit les marches comme on peut !

Angkor, la belle

Des sommets sacrées peuplent la pénombre

Symbole du Cambodge, Angkor Wat ne peut laisser indifférent par la magnificence de ses courbes. L’Histoire est ici omniprésente. Elle témoigne d'une richesse exceptionnelle et d'un raffinement délicat. Dans sa quête identitaire meurtrie par la puissance coloniale, Jacques Vergès, à moitié khmer par sa mère, se souvenait ironiquement que « pendant que -leurs- ancêtres bouffaient des glands dans la forêt, les miens construisaient des palais ». Et quels palais ! Nous ne sommes qu'au commencement de nos surprises. Depuis le XIXème siècle, Angkor a toujours bénéficié d'un fort investissement de l'archéologie française qui a entrepris des travaux de grandes ampleurs, aidée en cela par une multitude de pays sous l'égide de l'Unesco. Angkor est un site qui a réussi à survivre à travers les âges et tous les assauts, y compris la bien sanguinaire période khmers rouges. Une vraie grâce dans un monde de brutes.

Si seulement ces visages de pierre pouvaient parler
Pour deux jours, nous louons des vélos de fortune et pédalons des heures durant pour arpenter les différents temples : le Bayon et ses mille visages troublants scrutateurs de l'âme, la montagne d'or du Baphuon restauré pendant des décennies par les archéologues dévoués de l’École française d’extrême orient, le palais royal et ses terrasses majestueuses, le végétalisé Ta Prohm et ses fromagers envahissants, le délicat Preah Khan, les bassins rituels du Neak Pean et beaucoup d'autres encore.


 L’irrésistible poésie d'un mariage de pierres et de lianes

A chaque fois, les sites, relativement déserts, nous émerveillent d'une émotion singulière. Nous dégustons chaque minute, plongés entre vieilles pierres polies par la mousse végétale, arches tombantes et murs soutenus par des lianes venues de nulle part.

 Les temples mènent un combat féroce face aux racines voraces

Tuk-tuk à tous les étages

Un ballon a pris la place du soleil à l'horizon

Le troisième jour, nous faisons appel à un chauffeur de tuk-tuk que nous partageons avec un couple suisso-belge, Raymond et Sarah, déjà croisé à Bangkok. Nous partons donc à 4h30 pour assister au lever du soleil depuis la colline du Bakheng. Malgré les attentes de Sabine, nous n'avons pas réussi à distinguer les rayons de l'astre solaire à travers les nuages. Pour reprendre des forces, nous prenons un petit déjeuner dans une gargote accueillante accoudée au comptoir où des cambodgiens fraîchement réveillés engouffrent leurs soupes matinales. Bon appétit !


 C'est l'heure du p'tit déj pour la soupe matinale

Après une épopée à travers les rizières, apparaît le temple de Banteay Srei que le jeune Malraux a allègrement dépouillé de ses bas-reliefs avant de se faire arrêter piteusement. Ce temple est un trésor d’esthétisme harmonieux. Les sculptures sont particulièrement ouvragées. Les Apsara, ces nymphes hindous de l'au-delà, dansent frénétiquement pendant que les hanouman à la tête de singe les protègent de leur force surhumaine.

Les hanouman belliqueux

Nous embrayons sur un trek rapide pour accéder à des cascades perdues dans une végétation irriguée par la rivière de Kbal Spean. Des pétroglyphes prennent place sur les rochers. Un lingam émerge des flots. Nous goûtons au joie d'une baignade à même la cascade. Régénérant ! 
La danse éternelle des Apsaras

Nous passons la descente à parler de voyages et de la Suisse, de ses plus belles régions à de son mode de vie. Raymond et Sarah se sont rencontrés au Chili, lui après onze mois en bateau le long de la côte pacifique, elle retrouvant ses parents installés là-bas pour leur retraite. Ils sont en voyage pour un an et demi, entre l'Asie et l'Amérique du sud. Raymond nous raconte aussi son service militaire dans l'armée suisse à assurer la sécurité des ambassades. Sa difficile expérience fut relativement onéreuse puisque chaque punition, distribuée souvent injustement, se paye par le biais d'amendes coûteuse. A chacun sa méthode pour renflouer les caisses de l’État ! Après un dernier temple visité, nous prenons le temps, les pieds dans l'eau, de planter du riz, sous les conseils avisés des agriculteurs locaux.
Une porte ouverte sur le paradis ?
Good bye Asia
Le serpent de la tentation

Notre séjour au Cambodge se termine, avec des regrets de le quitter déjà. Le passage de frontière vers la Thaïlande est, une fois de plus, épique entre prise d'empreintes digitales, no man's land hystérique et vendeurs en tout genre. Nous retrouvons la touffeur de Bangkok avant de s'envoler pour Bali. Nouveaux horizons en perspective. Nous disons au revoir à cette chère Asie qui nous a offert ses charmes pendant près de trois mois.

Vers quels nouveaux chemins, le voyage, nous mènera-t-il ?

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