PADANG
BAI, escale portuaire
Après
plusieurs nuits écourtées par des journées sur-chargées, nous
parvenons, exténués de fatigue, à atteindre le port de Padang Bai
via un mini-bus touristique, seul moyen de locomotion en l'absence de
tout réseau public sur l'île de Bali. Pas un touk touk
bringuebalant, ni une carriole chamarrée, ni un moto-dop au sourire
édenté (si cher à Sabine, tradition khmère oblige) ne sillonnent
les excellentes routes balinaises. Ce n'est donc qu'un classique
véhicule de type espace, rutilant, qui nous embarque en grappe de
touristes amalgamés.
Nous apprenons vite que pas un d'entre nous n'a payé le même prix, le chauffeur nous montrant à la dérobée (et non sans cacher sa fierté) un ticket pour lequel un américain a même déboursé plus de dix fois la somme nécessaire. Ce dernier ne tarde d'ailleurs pas à nous rejoindre tout droit sorti de son hôtel de luxe. Pilote à ses heures perdues, salaire très confortable, nous dit-il (le détail est d'importance dans un pays où la valeur individuelle dépend souvent de celle de son compte en banque), il enchaîne la conversation et les questions-fléchettes à grand renfort de tapes sur le dos comme si nous nous connaissions depuis notre plus tendre enfance.
En attendant le cargo
Nous apprenons vite que pas un d'entre nous n'a payé le même prix, le chauffeur nous montrant à la dérobée (et non sans cacher sa fierté) un ticket pour lequel un américain a même déboursé plus de dix fois la somme nécessaire. Ce dernier ne tarde d'ailleurs pas à nous rejoindre tout droit sorti de son hôtel de luxe. Pilote à ses heures perdues, salaire très confortable, nous dit-il (le détail est d'importance dans un pays où la valeur individuelle dépend souvent de celle de son compte en banque), il enchaîne la conversation et les questions-fléchettes à grand renfort de tapes sur le dos comme si nous nous connaissions depuis notre plus tendre enfance.
Port au petit matin
Parvenus
à bon port, nous débarquons dans une zone sans âme peuplée de
rabatteurs aux airs louches, vendant les mérites de leurs bateaux
ultra-rapides et ultra-chers. Se frayant un chemin jusqu'à
l'embarcadère, nous recherchons, en tant que back-packers au long
court mais au budget serré, les ferrys publics dont les mérites
sont la lenteur (6h contre 30 min pour un « fast-boat »)
doublée d'un billet à prix doux. Le quai, entouré de barrières
contre-plaquées, est encombré de camions débordant de containers
soumis au ballet infernal de grues carnassières. Le lieu ne nous
inspire guère, assombri qu'il est sous un ciel d'une noirceur livide
annonciatrice de pluies diluviennes. Nous décidons de remettre le
voyage au lendemain, histoire d'y voir un peu plus clair …
A
la Robinson
Non
sans mal, après la visite d'hôtels glauques à souhait sous la
houlette de mafias locales bien organisées, nous finissons par
échouer dans une « chambre-cabane à la Robinson ». Ses
murs sont de bambous revêtus, sa fenêtre ouvre sur une nature
rousseauiste et son atmosphère vogue aux bruits des flots marins qui
l'entourent. Refuge salutaire pour une nuit régénératrice.
Pêche de nuit
Après
six mois de route, depuis les tropicales plages de Goa, Aymeric
retrouve enfin, avec délice, la mer qu'il a tant attendue. Mais,
cette fois-ci, il se retrouve contraint à se baigner selon la mode
du manchot, tentant désespérément de garder, hors de l'eau, son
bras blessé. La mission est d'autant plus périlleuse que les
courants sont ici connus pour leur puissance (Bali n'étant pas la
Mecque du surf par hasard). Au détour d'un chemin menant à la
plage, se dressant au-delà des vagues impitoyables, nous découvrons
un autel offert aux dieux hindous, tel un étrange clin d'œil
indien. Nous devinons au loin l'île de Lombock enfantée par le
majestueux volcan du Rinjani. Elle nous enveloppe déjà de ses
charmes envoûtants, tandis qu'à nos côtés, les pêcheurs
installent leur canne pour la nuit sur une longue plage de sable
noire.
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