jeudi 25 juillet 2013

Senggigi, la baie des anges

Le ferry public tiendra parfaitement ses promesses de lenteur. Nous pouvons, à loisir, vaquer de bâbord à tribord, non sans avoir eu le temps d'apparaître en arrière-plan d'un talk-show indonésien filmant la traversée. Déjà, un guide nous aborde pour nous organiser « clef-en-main » l'ascension du volcan Rinjani, annonçant les prémisses de la foire d'empoigne à laquelle se livrent les agences de trekking sur l'île .

 Soleil couchant

Effectivement, la ville d'arrivée, Senggigi, étale, de part et d'autres de ses rues, une ribambelle de bureaux des guides à l'affût de randonneurs potentiels. Les fourchettes de prix dégringolent au moindre signe de désintérêt. La négociation s'annonce sous de bons auspices, ce qui est moins vrai des tarifs des guest-houses profitant à plein régime de la fréquentation touristique. En désespoir de cause, on nous désigne une petite ruelle peu engageante où « là-bas, vous trouverez peut-être de quoi dormir ». D'abord hésitants, nous finissons par emprunter le chemin indiqué pour tomber nez-à-nez devant une porte ravissante. 

 Galerie intérieure
 
Jardin d'Allah

Aussitôt franchis le seuil de l'entrée, nous pénétrons dans un petit coin de paradis. La maison de bois, percée çà et là de grandes baies vitrées, est décorée dans un style balinais remarquable. Les espaces sont aérés, baignés d'une lumière dorée. Des œuvres d'art tapissent les murs, délicatement. Une piscine d'un bleu azur se niche dans un écrin de verdure foisonnante. Imaginant des tarifs hors de portée, nous nous apprêtons à renoncer à cet éden, lorsque Mary, la propriétaire des lieux, nous accueille à bras ouverts. Pleine de compassion pour ces deux routards fatigués, elle nous offre un abri de rêve pour la nuit à un tarif défiant toute concurrence.

 Sabine n'en revient toujours pas !

Nous rêvons dans cette chambre royale, mais en conservant les yeux grand ouverts, puisque nous serons soumis, toute la nuit durant, à une alternance millimétrée entre la musique live du bar d'en face et les chants de la mosquée d'à côté. Mary se désole du bruit assourdissant du bar « mais personne se plaint ici ».

Le bruit est parfois assourdissant !

Australienne d'origine, elle vit désormais, apatride, dans cet eldorado tropical. Elle a entièrement construit cette maison, il y a quinze ans, avec son mari. Elle y vit désormais seule, comme dans une prison dorée, loin de sa fille vivant à Perth et de son fils, établi en France. Autant vous dire que les retrouvailles en famille ne sont pas des plus simples. 

 Petit déjeuner Gauguinesque

Ju, Manu et la Méloche sont arrivés !

Quant à nous, nous retrouvons avec bonheur Juliette, la sœur de Sabine, Emmanuel, son copain et Amélie, « l'ange-gardien », entre autre, de notre voiture. On s'est croisé au coin de la rue, si simplement, qu'on aurait dit ne jamais s'être quitté. Nous profitons de la plage quelques instants avant de se faire entièrement trempés par une pluie torrentielle. 

Fleurs de frangipanier pour tous

Ici aussi, le rythme des saisons semble avoir perdu sa boussole ! Tout en partageant un excellent curry vert, nous organisons le trek du lendemain, avec Sabine arrachant les derniers roupies de réduction. L'affaire est conclue ! Nous partons demain. Juliette, Manu et Amélie repartent à leur hôtel, en calèche. Comme quoi, quelques modes de transport pittoresques ont tout de même survécu ! 

 En route

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