La
perspective d'un séjour, même court, à Gilli Meno avait été
notre catalyseur durant les trois journées harassantes au Rinjani.
Au large de Lambock, Gilli Meno est une minuscule îlet dont on peut
faire le tour en moins d'une heure et demi. Une mer bleue azur et une
barrière de corail la cerclent de près. Halte au confort moderne,
elle est moins bruyante et agitée que sa grande sœur, Gilli
Trawangan et plus exotique que sa petite sœur, Gilli Air. Elle est
aussi une zone de conservation pour les tortues marines.
Barrière de corail au soleil couchant
Enfin,
notre van s'arrête dans une petite agence de voyage à quelques pas
du port. Son personnel n'est pas des plus aimables mais il nous
promet de partir à l'heure pour Gili. Après tous nos efforts de
trekking et de transport, nous rêvons d'un voyage rapide et
confortable sur un bateau local. Bien entendu, il n'en fut rien.
Ultimes difficultés
Depuis
la plage, nous montons, les pieds dans l'eau, dans un bateau
surchargé de marchandises et de passagers. Dans une mer agitée, il
s'équilibre grâce à deux flotteurs de bois et fonce à
destination. Aymeric échange avec un australien né au Botswana,
ayant habité en Afrique du Sud et ayant fait ses études en
Angleterre. Si, si, cela existe. Un passager nous explique que nous
n'allons pas débarquer au port habituel car en raison des conditions
de mer difficile, nous devons « accoster » sur la plage
orientale. Pourquoi pas.
Manu, Amélie et Juliette parfaitement adaptés aux habitudes locales
Le bateau ralentit, puis se fige. Il vient
de toucher un corail. Les marins descendent à l'eau et tentent de
débloquer la situation. Ils n'arrivent pas à bouger le bateau. Nous
descendons à notre tour et mettons la main à la pâte. Impossible
de mouvoir une telle carcasse. Les passagers et leurs bagages
quittent le navire pour l'alléger. Nous voilà donc partis,
baluchons sous le bras et eau jusqu'à mi-cuisse, en direction du
rivage sur quelques centaines de mètres. Nous enchaînons les
allers-retours. Aymeric en profite pour marcher sur un oursin. Il se
retrouve avec quelques épines dans le pied. Sur la plage, un
indonésien donne sa recette pour éviter toute infection :
tapoter avec du corail les épines pour les casser. Cela s'avérera
très efficace.
Avant la Polynésie
La
nuit tombe. Notre barda a été transporté mais nous ne savons
toujours pas où nous allons dormir. Prenant leur courage à deux
mains, Juliette et Sabine partent à la recherche d'un hôtel. Elles
disparaissent dans la pénombre pour ne revenir qu'un long moment
plus tard. Elles ont réussi à dégoter une perle :
l'hospitalier Diana's Café. Après les épreuves du Rinjani, nous
n'aspirons qu'à retrouver un lit dans une chambre confortable. C'est
ce que nous fîmes dans de charmantes huttes en bois. Amélie devra
quant à elle attendre une nuit de plus avant de retrouver cette
joie, se contentant d'un lit de camp pour l'occasion. Dur. Nous
filons dîner dans une paillote en bord de mer. Épuisés, nous
rejoignons enfin les bras de Morphée.
Empreintes palmées
Que du bonheur
Le
lendemain matin, le ciel nous salue de sa pureté totale et les
volcans de Bali et Lumbok nous narguent depuis leurs sommets altiers.
Nous louons le matériel nécessaire et débutons une séance de
snorkelling. Il paraît qu'il y a des tortues marines dans le
secteur. Après quelques essais, nous tombons enfin sur un spécimen.
Battant des nageoires comme s'il s'agissait d'ailes, la tortue semble
voler dans l'eau. Elle remonte de temps en temps à la surface pour
reprendre sa respiration dans un ballet au ralenti. Broutant les
algues des rochers, elle divague de corail en corail avant de plonger
dans le grand bleu des profondeurs. Saisissant.
L'expérience devra
se renouveler de multiples fois durant notre séjour. Manu réussira
même à débusquer la tortue que n'a peur de rien. Nous resterons
avec elle pendant plus d'un quart d'heure, nous laissant le privilège
de l'observer de près dans sa chorégraphie sans partition. Le monde
sous-marin est d'une richesse infinie, comme si la Nature avait
décidé de ne pas borner sa créativité. Poissons de toutes les
tailles, de toutes les formes, de toutes les couleurs. Le bien nommé
Napoléon en reste un de ses empereurs.
Aymeric n'a pas pu s'empêcher !
Nous
profitons de notre séjour pour se balader autour de l'île. Chaque
plage offre ses délices. Les bungalows s'enchaînent le long de
l'eau. Nous admirons les couchers du soleil qui embrasent l'horizon.
Le Rinjani pointe dans le couchant. Il semble si loin maintenant.
Pour notre dernière soirée dans ce petit paradis, nous décidons de
céder à la tentation du poisson grillé. Nous voilà donc avec
trois barracudas sur la table. Nous dégustons l'admirable vin rouge
ramené par Ju et Manu (Merci!). Nous sommes aux anges. Elle est pas
belle la vie !
Depuis la mer, le Rinjani
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