Une
île à la dérive
Attente à la gare
Le
Mékong est un trait d'union entre la Laos et le Cambodge. A la
frontière, son cours se fait tumultueux. Il se peuple de rapides et
de cascades qui rendent sa navigation impossible. Il doit composer
avec une multitude d'îles chargées d'une végétation dense, d'une
population clairsemée et d'une tripotée de moustiques.
A la barre, cap sur Don Khon
Avec le
temps, ce languissant endroit s'est transformé en destination
paradisiaque pour touristes en mal de calme et de repos.
Une attaque de poulets en règle
Parti
de Paksé, notre pick-up bien rempli s'arrête à l'embarcadère et
déverse son convoi. Durant plus de trois heures, nous y avions
trouvé une place plus ou moins confortable entre les marchandises et
les familles laotiennes. Le trajet fut rallongé par les fréquents
arrêts au bord de la route pour charger des produits variés et
quelques passagers solitaires. Nous avons même survécu à une
attaque en bande organisée de grillades de poulets au détour d'un
village !
Diane et Stan
Nous
nous rapprochons du port et tombons nez-à-nez avec un couple
hélvetico-belge, Diane et Stan, déjà croisé lors de notre séjour
à Kaisjab. Nous décidons de partir ensemble à la recherche d'un
bungalow isolé sur l'île de Don Khon, et non Don Det, le lieu de
rassemblement des teufeurs en mal de vivre.
Bungalow sur les flots
Nous
trouvons sans aucune difficulté un lieu répondant à nos attentes :
structure en bois, méandres tortueux et vue végétale dans un
silence profond, les pieds dans l'eau.
Portrait au bambou
A
vélo plutôt qu'à moto
Nous, on préfère le vélo !
Notre
principal fait de gloire fut une promenade épique à vélo avec nos
petits suisses, Stan, comme Aymeric d'ailleurs, ne comptant pas
remonter sur un scooter avant plusieurs années. La bête est trop
indomptable et lui a laissé des stigmates qui peinent à cicatriser
sous ces latitudes.
Entre deux rizières, le chemin est étroit.
Nous zigzaguons entre les palmiers, les tours et
détours du fleuve, les rizières et les pagodes.
Stan, aussi à l'aise à vélo qu'à ski
Avec
une facilité d'équilibriste, Stan poursuit sa route avec un
parapluie dans la main droite pour se protéger du soleil. Sabine
serpente sur un chemin caillouteux les deux mains sur le guidon.
Bonheur au guidon
Nous
atterrissons dans un restaurant blotti sous une cascade et
poursuivons jusqu'à un village du bout du monde qui annonce la
frontière avec le Cambodge.
Portrait au savon
En chemin, nous nous perdons
tranquillement entre deux ponts brinquebalants sans apercevoir les
dauphins d'eau douce qui peuplent le lit du fleuve.
Pêcheur affairé
Nous
remontons ensuite vers le nord de l'île. La traversée d'une forêt
touffue nous rappelle que la dengue sévit dans ses contrées. Nous
avons déjà croisé plusieurs voyageurs souffrant d'une fièvre
inconnue. Nous nous arrêtons sous des lianes plongeantes. Sabine
remarque sur son bras un moustique tigré, noir et blanc,
caractéristique de la maladie. Il s'envole et a le temps de piquer
Aymeric qui devra attendre dix jours avant de savoir si les premiers
symptômes le transformeront en victime expiatoire. Grosse baraka
pour Aymeric en ce moment !
Aymeric profitant d'un moment de calme
Des cascades, à la mode Iguaçu,
nous offre un panorama de choix au coucher du soleil.
Cascades dans la pénombre
Nous
revenons dans la pénombre pour partager un ultime dîner avec Stan
et Diane, grand amateur de voyages et de ski chamoniard ! Diane
nous raconte sous un ciel étoilé son enfance rocambolesque entre
deux familles d'accueil. Doctorant en droit, dans une famille
traditionnelle et stricte, son père a décidé, un beau jour, de
prendre la route, d'abord en Afrique, puis avec sa mère en Turquie
et au Mexique. Tour à tour, vendeurs et créateurs de vêtements, de
statuettes en porcelaine, puis de bijoux, ils ont partagé leur vie
vagabonde entre Paris, la Suisse et les Canaris. Fille de nomades,
Diane a repris énergiquement le flambeau, proposant ses dernières
créations sur tous les festivals d'Europe.
Gibbon triste
Le
lendemain, nous prenons le temps de paresser le long du fleuve. Sur
une île, l'esprit divague et se fortifie d'une nonchalance
créatrice. Nous goûtons l'instant, conscient de la force de
l'endroit. Du rap français retentit de l'autre côté du restaurant.
Il s'agit d'un couple de français qui a décidé de s'installer pour
gérer une guesthouse. L'expatriation est un pari qu'ils ont réussi
six mois par an. Nous rêvons de notre futur restaurant du bout du
monde en concevant un menu à la hauteur de nos songes d'une nuit
d'été !
Dans les mailles du filet
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