lundi 17 juin 2013

Quatre mille îles … et un bonheur

Une île à la dérive

Attente à la gare

Le Mékong est un trait d'union entre la Laos et le Cambodge. A la frontière, son cours se fait tumultueux. Il se peuple de rapides et de cascades qui rendent sa navigation impossible. Il doit composer avec une multitude d'îles chargées d'une végétation dense, d'une population clairsemée et d'une tripotée de moustiques. 

 A la barre, cap sur Don Khon

Avec le temps, ce languissant endroit s'est transformé en destination paradisiaque pour touristes en mal de calme et de repos.

Une attaque de poulets en règle

Parti de Paksé, notre pick-up bien rempli s'arrête à l'embarcadère et déverse son convoi. Durant plus de trois heures, nous y avions trouvé une place plus ou moins confortable entre les marchandises et les familles laotiennes. Le trajet fut rallongé par les fréquents arrêts au bord de la route pour charger des produits variés et quelques passagers solitaires. Nous avons même survécu à une attaque en bande organisée de grillades de poulets au détour d'un village ! 
 
Diane et Stan

Nous nous rapprochons du port et tombons nez-à-nez avec un couple hélvetico-belge, Diane et Stan, déjà croisé lors de notre séjour à Kaisjab. Nous décidons de partir ensemble à la recherche d'un bungalow isolé sur l'île de Don Khon, et non Don Det, le lieu de rassemblement des teufeurs en mal de vivre.

Bungalow sur les flots

Nous trouvons sans aucune difficulté un lieu répondant à nos attentes : structure en bois, méandres tortueux et vue végétale dans un silence profond, les pieds dans l'eau.

Portrait au bambou

A vélo plutôt qu'à moto

Nous, on préfère le vélo !

Notre principal fait de gloire fut une promenade épique à vélo avec nos petits suisses, Stan, comme Aymeric d'ailleurs, ne comptant pas remonter sur un scooter avant plusieurs années. La bête est trop indomptable et lui a laissé des stigmates qui peinent à cicatriser sous ces latitudes. 


 Entre deux rizières, le chemin est étroit.

Nous zigzaguons entre les palmiers, les tours et détours du fleuve, les rizières et les pagodes.

Stan, aussi à l'aise à vélo qu'à ski

Avec une facilité d'équilibriste, Stan poursuit sa route avec un parapluie dans la main droite pour se protéger du soleil. Sabine serpente sur un chemin caillouteux les deux mains sur le guidon. 


 Bonheur au guidon

Nous atterrissons dans un restaurant blotti sous une cascade et poursuivons jusqu'à un village du bout du monde qui annonce la frontière avec le Cambodge.

 Portrait au savon

En chemin, nous nous perdons tranquillement entre deux ponts brinquebalants sans apercevoir les dauphins d'eau douce qui peuplent le lit du fleuve.

Pêcheur affairé

Nous remontons ensuite vers le nord de l'île. La traversée d'une forêt touffue nous rappelle que la dengue sévit dans ses contrées. Nous avons déjà croisé plusieurs voyageurs souffrant d'une fièvre inconnue. Nous nous arrêtons sous des lianes plongeantes. Sabine remarque sur son bras un moustique tigré, noir et blanc, caractéristique de la maladie. Il s'envole et a le temps de piquer Aymeric qui devra attendre dix jours avant de savoir si les premiers symptômes le transformeront en victime expiatoire. Grosse baraka pour Aymeric en ce moment ! 


 Aymeric profitant d'un moment de calme

Des cascades, à la mode Iguaçu, nous offre un panorama de choix au coucher du soleil.

Cascades dans la pénombre

Nous revenons dans la pénombre pour partager un ultime dîner avec Stan et Diane, grand amateur de voyages et de ski chamoniard ! Diane nous raconte sous un ciel étoilé son enfance rocambolesque entre deux familles d'accueil. Doctorant en droit, dans une famille traditionnelle et stricte, son père a décidé, un beau jour, de prendre la route, d'abord en Afrique, puis avec sa mère en Turquie et au Mexique. Tour à tour, vendeurs et créateurs de vêtements, de statuettes en porcelaine, puis de bijoux, ils ont partagé leur vie vagabonde entre Paris, la Suisse et les Canaris. Fille de nomades, Diane a repris énergiquement le flambeau, proposant ses dernières créations sur tous les festivals d'Europe.

Gibbon triste

Le lendemain, nous prenons le temps de paresser le long du fleuve. Sur une île, l'esprit divague et se fortifie d'une nonchalance créatrice. Nous goûtons l'instant, conscient de la force de l'endroit. Du rap français retentit de l'autre côté du restaurant. Il s'agit d'un couple de français qui a décidé de s'installer pour gérer une guesthouse. L'expatriation est un pari qu'ils ont réussi six mois par an. Nous rêvons de notre futur restaurant du bout du monde en concevant un menu à la hauteur de nos songes d'une nuit d'été !

Dans les mailles du filet


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