Une
ville musée
Sitôt
arrivés, nous sommes séduits par le charme intemporel de Luang
Prabang, avec ses ruelles bordées de demeures coloniales
transformées en boutiques d'art, de design ou en restaurants et
hôtels de charme. Le centre culturel français nous ouvre ses portes
pour nous faire pénétrer dans une magnifique villa d'époque. Les
habitations semblent avoir désertées ce centre historique où la
circulation est interdite depuis le classement de la ville, en 1995,
au patrimoine de l'Unesco. Tout
n'y est
que « calme,
luxe et volupté ». Nous nous laissons bercés sans peine
par le rythme nonchalant de cette cité aux allures de musée et au
parfum doux de frangipanier.
Des Vats rouge et or se disputent une place sous les palmiers
Des
palmiers se balancent au-dessus de Vats rouge et or, auprès desquels
les moines semblent glisser sous les toits étagés frôlant le sol
de leurs ailes sacrées. A l'aube, une ribambelle de leur robe
couleur safran arpente le quartier pour collecter les offrandes de
nourriture faites par les habitants, agenouillés devant leur maison.
La nuit tombée, nous pénétrons dans un temple illuminé de
milliers de bougies, émerveillés par ces lucioles de flammes. Nous
croyons rêver en ce soir de pleine lune qui ouvre, de manière
grandiose, la saison des pluies. Instant magique !
Une file indienne de robes couleur safran pour le traditionnel Tak Bat
La
ville est cerclée de vertes montagnes voilées de brume. Située au
confluent de la Nam Khan et du Mékong, elle nous offre des points de
vue enchanteurs du haut de la colline de Phu Si ou à l'avant du si
bien-nommé bar « Utopia ». Nous profitons sans vergogne
des excellents cafés à la décoration raffinée et aux saveurs de
cuisine française : canard à l'orange pour Sabine ; steak
de buffalo au poivre vert pour Aymeric ; et orgie de croissants pour
les deux. Que c'est bon de se sentir à la maison, le temps de
quelques bouchées !
De
l'autre côté du pont
Mekong intemporel
Sur le pont de la rivière Kwai
Sur
l'autre rive, on croirait avoir changé d'époque. Nous retrouvons
les tranquilles villages laotiens, pigmentés de cabanes de bois
entrecoupées de pistes en terre rouge. Les habitants jouent à
« la pétang », une importation plutôt réussie puisque
le Laos a remporté la médaille d'or lors d'une compétition du
Sud-est asiatique en 2005. Nous ne participerons pas au tournoi,
malgré l'insistance des joueurs, de peur de ruiner à jamais la
réputation des français.
La Pétang, sport national
Nous
préférerons observer les cueilleurs de noix de coco qui, sous nos
yeux ahuris, grimpent en embrassant des mains des troncs de plus
quinze mètres de long avec une aisance déconcertante. Les noix
tombent dans un fracas de bombe. Gare à celui qui se trouve
en-dessous ! Nous héritons de deux énormes noix de coco, si
généreusement offertes, que nous nous sentons obligés d'engloutir
les litres de contenant jusqu'à nous en faire éclater la panse.
A la cueillette de noix de coco
A
la claire fontaine
Le
lendemain, nous partons visiter des cascades de Tat Kuang Si où les
citadins se rendent en masse le week-end pour se détendre. Les
cascades que l'on découvre sont d'un bleu limpide et tombent en
étage, offrant des baignoires naturelles de premier choix. Nous en
profitons généreusement tandis que les poissons viennent, nombreux,
nous chatouiller les doigts de pied. Gommage 100 % naturel !
Nous
passons la journée en compagnie d'une famille de Nouvelle Calédonie,
Anne-Laure et David, accompagnés de leurs deux fillettes,,
Emy
et Alizée,
toutes deux blondes comme le blé. Ces derniers, à l'âme vagabonde, n'ont pas
hésité un seul instant à prendre la route avec leurs enfants sous
le bras. Voilà déjà cinq mois qu'ils voyagent, tout en assurant
chaque matin le rôle des professeurs. « Les
enfants, nous
avouent-ils,
sont un véritable passeport ! ».
Nomades de cœur, ils ont débuté leur vie à deux dans une
caravane, tandis qu'ils retapaient une vieille maison ; puis ils
ont levé l'encre pour se rendre à Wallis et Futuna, avant de tenter
leur chance en Nouvelle-Calédonie, où « les offres d'emplois,
nous apprennent-ils, ne manquent pas ». Ils comptent, pour un
temps incertain, se ré-installer en France. Il faut savoir, de temps à autre, revenir
au port après avoir pris le grand large !
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