Un
rêve à réaliser
Dans l’œil de l'éléphant
Nous
tenions absolument, dans le tour que nous effectuons autour de notre
belle planète, à passer un peu de temps dans une structure qui
favorise et promeut la vie animale, sa conservation et sa
connaissance. Deux animaux nous paraissaient emblématiques pour ce
projet : l'éléphant et l'orang-outan. Ne cherchez pas à
comprendre pourquoi ! Notre passage au Laos, le pays du million
d'éléphants, devait nous autoriser une telle expérience auprès
des pachydermes. Après maintes recherches, nous trouvons (enfin) la
perle que nous recherchions : l'Elephant Conservation Center
(ECC) dans la province de Sayaboury, au sud de Luang Prabang.
Rendez-vous était pris depuis le mois de mars !
Lao style
Cette
structure nous a tout de suite séduit
(www.elephantconservationcenter.com).
Fondés par des français, elle s'inscrit dans une ambition
éminemment respectable : donner à l'éléphant la place qu'il
a eu traditionnellement dans la société laotienne. La fondation du
projet a été également toute une aventure. Un français, rompu à
la gestion des ONG et à la vie laotienne durant plus d'une décennie,
décide au début des années 2000 d'organiser une traversée du Laos
avec quatre éléphants pour aller à la rencontre de la population
et faire (re)vivre le lien ancestral entre l'Homme et l'éléphant :
« la caravane des éléphants ».
Un road-trip à dos d'éléphants à travers le Laos
Il est à préciser
qu'il ne connaissait absolument rien aux éléphants. Seule sa
passion l'a animé. Passion pour l'animal et pour le pays. Cette
opération a été un succès incroyable. Elle a permis la mise en
place d'une fondation (ElefantAsia) et d'une grande fête de
l'éléphant qui rassemble, chaque année, une large population. Les
autorités du pays ont également compris le potentiel de telles
activités. A force d'abnégation et d'initiatives, le fondateur a
réussi à les convaincre de créer un centre d'accueil du public
dans un cadre exceptionnel. C'est là que nous avons été.
Un
cadre enchanteur
Nous
quittons Luang Prabang dans la chaleur matinale pour un trajet de
quatre heures en bus. Après une traversée du Mékong en bac (le
pont – chinois - n'étant pas encore terminé), une route
poussiéreuse nous mène à Sayaboury.
Le pilote du bac en pleine action
Pour la première fois de
notre séjour, un chauffeur nous attend à la gare routière. Quel
luxe de ne pas avoir à traiter avec les tuk-tuk locaux. Le chauffeur
fait quelques provisions en chemin. Elles terminent entre nos jambes
qui se retrouvent cerclées d'ail, de riz et de boissons. Il nous
arrête à proximité d'un embarcadère bringuebalant.
Marée basse
Deux bateaux
effilés approchent en se traçant un sillon à travers une des
plantes aquatiques qui recouvre, sur une immense distance, la surface
d'un lac. Drôle de vision. L'eau semble avoir laissée le pas à la
terre ferme. Il n'en est rien. Nous nous installons prudemment grâce
à l'aide de deux jeunes laotiens, marins d'eau douce pour
l'occasion, dans ces frêles esquifs. Nous tirons une ligne à
travers ce matelas végétal. L'ambiance est féerique. Nous avons
l'impression de léviter vers un paradis.
Ponton sauvage
Des montagnes imposantes
commencent à se former à l'horizon. Une forêt épaisse entoure ce
vaste plan d'eau d'une quiétude absolue. Un vent léger nous
rafraîchit les tempes. Nous avons la sensation d'arriver au jardin
d'Eden. Les guides nous expliquent que la structure a choisi de
convoyer tout le monde par la voie maritime afin créer l'illusion
d'un nouveau monde. C'est réussi !
Paradis !
Nous
entrapercevons une presqu'île qui avance fièrement sur le lac. Elle
est truffée de bungalows en bois qui accueillent les convives. Elle
compte également une clinique pour éléphants, un musée, un
« village » pour les mahouts et leurs familles, ainsi que
des habitations pour l'ensemble des permanents.
Jeune mahout en apprentissage
Pour préciser, un
mahout est un cornaque : il accompagne l'éléphant tout au long
de sa vie et noue avec lui une relation singulière, à la fois
respectueuse et intéressée. La bonne volonté de l'un ne peut se
substituer à celle de l'autre.
Notre résidence de luxe
Toutes les habitations sont
construites avec le plus grand goût, harmonieusement disséminées.
Notre bateau stabilisé, nous sautons sur la rive en essayant de
garder un équilibre précaire. Nous sommes arrivés. La saisons
sèche a rendu boueuse les abords du lac dont le niveau d'eau est
très bas. Nous nous extrayons de la glaise et rencontrons le gérant
de l'endroit, un français, quinze ans d'ONG derrière lui, au
laotien quasi parfait. Il nous guide jusqu'à notre bungalow qui fait
face aux montagnes et au lac. Cela s'annonce sympathique. Au détour
d'une conversation, nous entendons notre premier barrissement. Ils
sont bien là !
Aymeric commence à frémir
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