mardi 11 juin 2013

La vie de Mahout I

Un rêve à réaliser 


 Dans l’œil de l'éléphant

Nous tenions absolument, dans le tour que nous effectuons autour de notre belle planète, à passer un peu de temps dans une structure qui favorise et promeut la vie animale, sa conservation et sa connaissance. Deux animaux nous paraissaient emblématiques pour ce projet : l'éléphant et l'orang-outan. Ne cherchez pas à comprendre pourquoi ! Notre passage au Laos, le pays du million d'éléphants, devait nous autoriser une telle expérience auprès des pachydermes. Après maintes recherches, nous trouvons (enfin) la perle que nous recherchions : l'Elephant Conservation Center (ECC) dans la province de Sayaboury, au sud de Luang Prabang. Rendez-vous était pris depuis le mois de mars !

 Lao style

Cette structure nous a tout de suite séduit (www.elephantconservationcenter.com). Fondés par des français, elle s'inscrit dans une ambition éminemment respectable : donner à l'éléphant la place qu'il a eu traditionnellement dans la société laotienne. La fondation du projet a été également toute une aventure. Un français, rompu à la gestion des ONG et à la vie laotienne durant plus d'une décennie, décide au début des années 2000 d'organiser une traversée du Laos avec quatre éléphants pour aller à la rencontre de la population et faire (re)vivre le lien ancestral entre l'Homme et l'éléphant : « la caravane des éléphants ». 

Un road-trip à dos d'éléphants à travers le Laos

Il est à préciser qu'il ne connaissait absolument rien aux éléphants. Seule sa passion l'a animé. Passion pour l'animal et pour le pays. Cette opération a été un succès incroyable. Elle a permis la mise en place d'une fondation (ElefantAsia) et d'une grande fête de l'éléphant qui rassemble, chaque année, une large population. Les autorités du pays ont également compris le potentiel de telles activités. A force d'abnégation et d'initiatives, le fondateur a réussi à les convaincre de créer un centre d'accueil du public dans un cadre exceptionnel. C'est là que nous avons été.

Un cadre enchanteur

Nous quittons Luang Prabang dans la chaleur matinale pour un trajet de quatre heures en bus. Après une traversée du Mékong en bac (le pont – chinois - n'étant pas encore terminé), une route poussiéreuse nous mène à Sayaboury. 

Le pilote du bac en pleine action

Pour la première fois de notre séjour, un chauffeur nous attend à la gare routière. Quel luxe de ne pas avoir à traiter avec les tuk-tuk locaux. Le chauffeur fait quelques provisions en chemin. Elles terminent entre nos jambes qui se retrouvent cerclées d'ail, de riz et de boissons. Il nous arrête à proximité d'un embarcadère bringuebalant. 

Marée basse

Deux bateaux effilés approchent en se traçant un sillon à travers une des plantes aquatiques qui recouvre, sur une immense distance, la surface d'un lac. Drôle de vision. L'eau semble avoir laissée le pas à la terre ferme. Il n'en est rien. Nous nous installons prudemment grâce à l'aide de deux jeunes laotiens, marins d'eau douce pour l'occasion, dans ces frêles esquifs. Nous tirons une ligne à travers ce matelas végétal. L'ambiance est féerique. Nous avons l'impression de léviter vers un paradis. 

Ponton sauvage

Des montagnes imposantes commencent à se former à l'horizon. Une forêt épaisse entoure ce vaste plan d'eau d'une quiétude absolue. Un vent léger nous rafraîchit les tempes. Nous avons la sensation d'arriver au jardin d'Eden. Les guides nous expliquent que la structure a choisi de convoyer tout le monde par la voie maritime afin créer l'illusion d'un nouveau monde. C'est réussi !

 Paradis !

Nous entrapercevons une presqu'île qui avance fièrement sur le lac. Elle est truffée de bungalows en bois qui accueillent les convives. Elle compte également une clinique pour éléphants, un musée, un « village » pour les mahouts et leurs familles, ainsi que des habitations pour l'ensemble des permanents. 

Jeune mahout en apprentissage

Pour préciser, un mahout est un cornaque : il accompagne l'éléphant tout au long de sa vie et noue avec lui une relation singulière, à la fois respectueuse et intéressée. La bonne volonté de l'un ne peut se substituer à celle de l'autre. 

 Notre résidence de luxe

Toutes les habitations sont construites avec le plus grand goût, harmonieusement disséminées. Notre bateau stabilisé, nous sautons sur la rive en essayant de garder un équilibre précaire. Nous sommes arrivés. La saisons sèche a rendu boueuse les abords du lac dont le niveau d'eau est très bas. Nous nous extrayons de la glaise et rencontrons le gérant de l'endroit, un français, quinze ans d'ONG derrière lui, au laotien quasi parfait. Il nous guide jusqu'à notre bungalow qui fait face aux montagnes et au lac. Cela s'annonce sympathique. Au détour d'une conversation, nous entendons notre premier barrissement. Ils sont bien là !

 Aymeric commence à frémir

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire