Après
avoir traversées près de la moitié de la planète, Florence,
Alcyone et Aurélie trouvent le chemin de la guesthouse où nous nous
retrouvons à Yangon. Un long périple pour des retrouvailles
chaleureuses. Elles ont eu le bon goût de nous apporter un plateau
de fromages de premier choix, quelques pâtés et même une bouteille
de vin. Nous engloutissons frénétiquement ces mets dont nous
rêvions depuis des mois. Un grand merci à elles pour cette délicate
attention ! La nuit sera difficile, nos ventres alourdis par ces
agapes inadaptées à la touffeur extrême-orientale
Elles
découvrent bien vite le sourire des birmans, les mœurs locales et
les insectes qui pullulent à la nuit tombée et qui troublent tant
Sabine (nuit sous moustiquaire en toutes circonstances !). Nous
définissons les grands traits de notre futur périple. Il sera bien
chargé pendant la quinzaine qui se profile. Nos destinations seront
les grands classiques du Myanmar : le Lac Inle, Mandalay et Bagan. En
réalité, le reste du pays n'est pas ouvert aux touristes étrangers.
Nous n'avons pas bien le choix !
Les chaussures sont interdites dans les temples
Remis
du décalage horaire, plein de l'énergie d'un petit déjeuner
copieux, nous partons à la découverte de la paya Shwedagon. Sous un
soleil de plomb, nous déambulons entres les stupas, les bouddhas et
les temples tout d'or vêtus du plus vénéré site religieux du
pays. Les familles s'installent à l'ombre pour déjeuner. Les moines
méditent sous la protection des statues. Le sol est tellement chaud que nous
devront courir entre deux temples pour ne pas se brûler les pieds.
Le site est un lieu historique car c'est, ici, qu' Aung San Suu Kyi
prononça, en 1988, son premier discours en faveur de la démocratie
qui fit frémir d'enthousiasme et d'espoir toute la nation. 500.000 personnes ont
assisté à ce grand instant d'émotion. Il draine aujourd'hui des
milliers de personnes chaque jour qui viennent faire des offrandes
pour une perspective d'une vie meilleure dans ce décor bigarré où
le kitsch religieux est omniprésent. Jusqu'en 2011, parait-il,
l'endroit était infiltré d'indicateurs de police à l'affût de
propos subversifs.
Un espion rôde...
Vamos à la paya
A
l'issue de notre visite, nous nous rendons dans un restaurant
délicieux à deux pas de l'Ambassade de France pour se familiariser
avec la gastronomie locale : thé à volonté, salade de thé
vert, soupes végétales, pléthore de plats en sauce où il est
parfois bien difficile de deviner les ingrédients qui les composent.
Sabine, pensant déguster du porc en sauce, découvre qu'il s'agit en
fait de crevettes royales !
L'atmosphère
montagnarde de Kalaw
Le
soir venu, nous filons vers Kalaw dans un bus à la modernité
douteuse. Nous perfectionnons notre art de l'endormissement dans des
positions dignes du yoga indien. Une télévision diffuse en
continue, dans un volume sonore étourdissant, les grands tubes de la
musique birmane dans une version karaoké que tous les voyageurs du
bus reprennent en cœur. Une trajet long pour une nuit courte. Il
faut bien que voyage se fasse !
Prêtes à l'assaut des montagnes
Nous
atterrissons dans une guesthouse tenue par une famille sikh qui n'est
jamais allée en Inde mais qui en conserve toutes les traditions. Le
chef de famille semble lire dans notre passé. Il est capable de
décrire tout notre périple de voyageurs à petit budget grâce à
quelques indices dévoilées, notre trajet, notre budget, nos hôtels,
nos impressions sur chacun des pays visités. Troublant !
Brochettes ... à la royale
Le
marché local est animé. Nous découvrons les produits
proposés : fruits à profusion, viandes et poissons séchés,
vêtements chamarrés, artisanat varié en métal et en bois. Aymeric
s'enflamme pour des chemises à col Mao. Sabine craque pour une tête
de Bouddha à la poussière dorée. Les filles font une razzia sur
les bijoux fantaisies tandis qu'Alcyone redécore son appartement
parisien d'une statue colorée à la sagesse bienveillante. Au final,
nous avons bien participé à la relance de la consommation de ce
village montagnard !
Œufs à la préparation indéterminée
Nous
arrêtons notre choix choix sur un trek de trois jours pour rejoindre
le lac Inle à travers les montagnes, la forêt tropicale et les
communautés locales. Uncle Sam, de l'agence du même nom, est le
grand ordonnateur de notre virée. Nous écoutons sa présentation
très professorale. Il est d'origine shan et a plus de 70 ans. Son
conseil : prendre le temps d'inscrire les panoramas dans notre
mémoire grâce à de longues poses méditatives. Darshan ! Nous
le prendrons aux mots. Nous voilà partis pour plus de soixante
kilomètres à travers la campagne birmane.
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