lundi 13 mai 2013

Sous la paya Shwedagon

Des retrouvailles à la française 

Après avoir traversées près de la moitié de la planète, Florence, Alcyone et Aurélie trouvent le chemin de la guesthouse où nous nous retrouvons à Yangon. Un long périple pour des retrouvailles chaleureuses. Elles ont eu le bon goût de nous apporter un plateau de fromages de premier choix, quelques pâtés et même une bouteille de vin. Nous engloutissons frénétiquement ces mets dont nous rêvions depuis des mois. Un grand merci à elles pour cette délicate attention ! La nuit sera difficile, nos ventres alourdis par ces agapes inadaptées à la touffeur extrême-orientale

Elles découvrent bien vite le sourire des birmans, les mœurs locales et les insectes qui pullulent à la nuit tombée et qui troublent tant Sabine (nuit sous moustiquaire en toutes circonstances !). Nous définissons les grands traits de notre futur périple. Il sera bien chargé pendant la quinzaine qui se profile. Nos destinations seront les grands classiques du Myanmar : le Lac Inle, Mandalay et Bagan. En réalité, le reste du pays n'est pas ouvert aux touristes étrangers. Nous n'avons pas bien le choix !

 Les chaussures sont interdites dans les temples

Remis du décalage horaire, plein de l'énergie d'un petit déjeuner copieux, nous partons à la découverte de la paya Shwedagon. Sous un soleil de plomb, nous déambulons entres les stupas, les bouddhas et les temples tout d'or vêtus du plus vénéré site religieux du pays. Les familles s'installent à l'ombre pour déjeuner. Les moines méditent sous la protection des statues. Le sol est tellement chaud que nous devront courir entre deux temples pour ne pas se brûler les pieds. 

 Un espion rôde...

Le site est un lieu historique car c'est, ici, qu' Aung San Suu Kyi prononça, en 1988, son premier discours en faveur de la démocratie qui fit frémir d'enthousiasme et d'espoir toute la nation. 500.000 personnes ont assisté à ce grand instant d'émotion. Il draine aujourd'hui des milliers de personnes chaque jour qui viennent faire des offrandes pour une perspective d'une vie meilleure dans ce décor bigarré où le kitsch religieux est omniprésent. Jusqu'en 2011, parait-il, l'endroit était infiltré d'indicateurs de police à l'affût de propos subversifs.

 Vamos à la paya

A l'issue de notre visite, nous nous rendons dans un restaurant délicieux à deux pas de l'Ambassade de France pour se familiariser avec la gastronomie locale : thé à volonté, salade de thé vert, soupes végétales, pléthore de plats en sauce où il est parfois bien difficile de deviner les ingrédients qui les composent. Sabine, pensant déguster du porc en sauce, découvre qu'il s'agit en fait de crevettes royales !

L'atmosphère montagnarde de Kalaw

Le soir venu, nous filons vers Kalaw dans un bus à la modernité douteuse. Nous perfectionnons notre art de l'endormissement dans des positions dignes du yoga indien. Une télévision diffuse en continue, dans un volume sonore étourdissant, les grands tubes de la musique birmane dans une version karaoké que tous les voyageurs du bus reprennent en cœur. Une trajet long pour une nuit courte. Il faut bien que voyage se fasse !

Prêtes à l'assaut des montagnes

Nous atterrissons dans une guesthouse tenue par une famille sikh qui n'est jamais allée en Inde mais qui en conserve toutes les traditions. Le chef de famille semble lire dans notre passé. Il est capable de décrire tout notre périple de voyageurs à petit budget grâce à quelques indices dévoilées, notre trajet, notre budget, nos hôtels, nos impressions sur chacun des pays visités. Troublant !

 Brochettes ... à la royale

Le marché local est animé. Nous découvrons les produits proposés : fruits à profusion, viandes et poissons séchés, vêtements chamarrés, artisanat varié en métal et en bois. Aymeric s'enflamme pour des chemises à col Mao. Sabine craque pour une tête de Bouddha à la poussière dorée. Les filles font une razzia sur les bijoux fantaisies tandis qu'Alcyone redécore son appartement parisien d'une statue colorée à la sagesse bienveillante. Au final, nous avons bien participé à la relance de la consommation de ce village montagnard !

 Œufs à la préparation indéterminée

Nous arrêtons notre choix choix sur un trek de trois jours pour rejoindre le lac Inle à travers les montagnes, la forêt tropicale et les communautés locales. Uncle Sam, de l'agence du même nom, est le grand ordonnateur de notre virée. Nous écoutons sa présentation très professorale. Il est d'origine shan et a plus de 70 ans. Son conseil : prendre le temps d'inscrire les panoramas dans notre mémoire grâce à de longues poses méditatives. Darshan ! Nous le prendrons aux mots. Nous voilà partis pour plus de soixante kilomètres à travers la campagne birmane.

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