C'est
par bateau et en fin de journée que nous arrivons à Nyaungshwe sur
les bords du lac Inle. Nous retrouvons le confort moderne dans une
pension où un jardin fleuri diffuse ses senteurs. Nous partons faire
un premier tour de la ville. Alcyone nous décrit l'histoire de cette
antique cité … pensant être à Mandalay ! Comme toujours,
les stupas alternent avec les pagodes et les monastères. Le marché
de nuit est un vaste ensemble d'échoppes surannées au charme peu
évident. Nous profitons d'un dîner dans un restaurant italien pour
paresser autour de quelques caïpirinhas birmanes et de pizza au
pesto. Aymeric enchaîne les cheerots, les très sucrés cigares
birmans.
A
bicyclette
Le
lendemain, nous louons des vélos pour partir à la conquête des
rives du Lac Inle. La route est tranquille et nous permet de
traverser les villages avec toute la lenteur nécessaire. Le maigre
vent nous rafraîchit à peine de nos efforts. Après une heure de
transpiration, nous arrivons jusqu'au village de Maing Thauk,
dégoulinant. Mais, le plus difficile commence seulement.
Inconscients, nous montons en direction du bien nommé monastère de
la forêt … chacun à son rythme.
Pas toujours facile de se retrouver
La bavante qui mène à ce lieu
sacré est particulièrement éprouvante à l'heure du déjeuner.
Notre abnégation sera cependant récompensée par un repas offert
par un moine qui fête son noviciat. Nous voilà donc dans une vaste
salle à picorer les mets que l'on nous propose sous les regards
scrutateurs des moines. Nous ne pouvons donc pas ignorer certaines
portions douteuses mais offertes avec tant de générosité. Nous
croisons les doigts pour que la digestion se fasse selon les canons
occidentaux. Nous la facilitons en tout cas en commençant une
sieste réparatrice. La redescende est moins sportive. Nous dominons
le lac du regard, une très légère brise rafraîchissant
l'atmosphère.
Un
village béni des dieux
Nos
vélos nous emmènent jusqu'à un magnifique pont en teck que nous
parcourons entre les maisons sur pilotis, les cultures flottantes et
les pirogues des habitants. Un charme absolu se dégage de cet
ensemble. Les rives du lac Inle ne sont pas comme on pourrait les
imaginer. La frontière entre l'élément aquatique et la terre ferme
n'est jamais claire.
Maison au dessus d'un jardin flottant
Siècle après siècle, l'ethnie Intha a
patiemment aménagé les lieux, gagnant sans cesse de l'espace sur
l'eau. Au final, des activités lacustres sont nées au milieu du lac
qui compte un grand nombre de zones marécageuses. Les habitants
vagabondent dans des fines embarcations de leur champ à leur
habitation. Les gondoliers birmans rament à fleur d'eau.
Incontestablement, le lac Inle représente un des plus beaux lieux,
et un des plus incroyables, que nous ayons vu depuis le début de
notre séjour ! Un pur moment de poésie lacustre. D'autant plus
que les rameurs exercent leur talent d'une seule jambe, enroulée
autour de la rame, donnant ainsi aux yeux une vision insolite.
Cela change du métro
In
vino veritas
La
journée se terminant, nous redoublons d'effort pour ne pas rater
notre bus pour Mandalay. Nous prenons cependant le temps de faire une
halte dans un vignoble à l’excellente réputation. Surplombant le
lac, managé de main de maître par un français, une véritable
propriété à la bordelaise nous accueille. Nous nous attablons sur
des fûts de chêne et débutons une dégustation en bonne et due
forme devant un panorama à perte de vue. Quelques cabernet sauvignon
plus tard, nous réenfourchons nos bicyclettes, dopés par l'ivresse
de vins birmans bien charpentés.
Elle est pas belle, la vie !
Le retour verra la disparation de
Florence et Alcyone, qui heureusement retrouverons le chemin de la
pension. La route de Mandalay commence sous les meilleures auspices.
Elle se terminera avec plus de difficultés, le chauffeur du bus,
peut être lui aussi sous l'emprise du nectar des dieux, décidant de
battre son record de vitesse dans un ensemble de virages tortueux.
L'estomac de Sabine a failli ne pas répondre présent devant cet
excès de rapidité !
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