Par le bus local, nous
arrivons à Monywa, ville intermédiaire entre Mandalay et Bagan. Le comité d'accueil des conducteurs de calèches nous attend, comme
toujours, avec une promptitude sans faille. Ils s'adressent
prioritairement à Aymeric qui, bientôt submergé par la troupe,
essaye de fuir par une voie détournée. Mais, on n'échappe pas si
facilement aux assaillants des gares routières. Nous nous retrouvons vite
emmenés à bord d'un trishaw, une sorte de carriole attelée à une
mobylette.
Ceci n'est pas un immeuble
Une
ville birmane écrasée de chaleur
Monywa est une petite
ville de province en forme de rond-point qui accueille, en tout et
pour tout, trois hôtels pour étrangers. Nous choisissons le plus
central. Faute de concurrence, ils ont oublié à la
réception l'art de l'amabilité. Nous repartons aussitôt, le temps
nous est compté.
Sourire obligatoire ...
Mais, l'air, si
brûlant, martèle nos têtes. Nous suons à grosses gouttes après
quelques minutes de marche. Le temps est à la sieste, « ce
temps où les pieds sont silencieux » comme disent les
birmans. Nous nous réfugions dans le seul restaurant climatisé de
la ville, îlot de fraîcheur dans cet océan d'aridité.
Très coloré, il accueille la jeunesse branchée de
Monywa. Les filles comme les garçons, les cheveux d'un blond cendré, ont tronqué les longyi contre les jeans slim. Il nous sera bien difficile de
s'arracher à cette fraîcheur artificielle pour aller visiter les
deux sites d'intérêt de Monywa.
... et sieste au creux de l'arbre
Les
jardins de bouddhas
Nous arrivons, en fin
d'après-midi, dans un immense jardin où, en guise de fleurs, ont
poussé des millions de bouddhas alignés en rangées interminables.
Derrière, au centre de cette plaine aride dépeuplée, se dresse, de ses 129 mètres, un
des plus hauts bouddhas au monde. Doré à souhait,
il domine un immense Bouddha couché gisant ses pieds. Avec
ce monument du kitsch, on se demande quelles riches familles ont cherché à faire monter en flèche leur stock de mérite pour se
rapprocher du nirvana.
Un mirage apparaît à l'horizon
Nous poursuivons
rapidement la visite par le monastère qui le jouxte. Il est fermé,
mais au travers des grilles, nous apercevons ses murs entièrement
recouverts de bouddhas couchés. Nous repartons de nuit. L'orage
gronde et des éclairs impressionnants déchirent le ciel.
On se fait petit sous le Bouddha ... avant l’Éveil
Le lendemain, nous
arpentons le marché. Nous nous essayerons même au supermarché.
Aussitôt le seuil franchi, deux vendeuses nous suivent dans chacune
de nos allers et venues au travers des rayons, les produits étant pourtant à portée de main.
La notion de self-service n'est pas encore d'actualité ici. Florence
fera une razzia sur les tissus, Aurélie est toujours fétichiste des
balles et Alcyone hésite à craquer sur leurs chemises en toile
de jute, pour en faire le dernier chic parisien. Quant à nous,
nous acquérons une malle en métal qui risque de rentrer avec
difficulté dans les bagages de Florence, les souvenirs étant difficiles à porter pour nos sacs de voyageurs au long cours ! Merci Flo ! Espérons que tu ne te fasses pas arrêter par les douanes birmanes scrupuleuses !
Un temple "pièce montée"
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