Nous
quittons la chaleur de Monywa pour retrouver la fournaise de Bagan.
Un bus de jour nous y emmène. Sur la route, un vent chaud, style
sirocco, nous balaie le visage. Nous sommes prévenus. Nous allons
suer à grosses gouttes. L'accueil de notre guesthouse est indigne de
son standing. L'absence d'eau et d'électricité n'empêche personne
de sourire !
Le mystère Bagan
La
voie royale
Nous
louons des vélos pour partir à la conquête de Bagan qui s'étire
sur une longue plaine. Il s'agit d'un site archéologique d'exception
qui réunit plus de 2.500 temples sur une superficie de 50 km2. Des
chemins de terre sablonneuse permettent d'y accéder plus ou mois
difficilement. Il est assez troublant de constater que ses tempes
sont « isolés » de toute habitation. Ils semblent comme
perdus dans la forêt tropicale, leur multitude et leur caractère
grandiose ne semblant avoir servi que la grandeur des rois qui les
ont commandités, sans bénéficier au commun des mortels. D'autant
plus étrange que les temples n'ont pas échappé à la voracité
des pilleurs de trésors, les plus beaux d'entre eux ayant disparus.
Peu de fresques et de statues donc.
Des descentes de temple parfois "techniques"
La
couleur des temples s'éclaire à la tombée du soleil de lueurs
irréalistes qui attirent les photographes du monde entier. Nous
profiterons de notre temps pour explorer au mieux ce terrain de jeux
inépuisable. L'effort est au bout de la pédale. Aymeric tente des
raccourcis qui finissent dans les ronces ! Nous arriverons
finalement à sillonner une bonne partie d'entre eux. Nous
parviendrons même à nous motiver pour un lever de soleil magnifique
… suivi d'une sieste contemplative.
Lumière du soir
Ce temple sera d'ailleurs
l'occasion d'une anecdote amusante. Seul à l'étage, nous croisons
un vendeur de peintures. Il nous demande si nous n'avons pas laissé
là notre sacoche d'appareil photo. Nous répondons que non. Il est
déçu car il va devoir attendre son propriétaire toute la journée.
Il nous raconte que si des touristes vont se plaindre à la police de
la disparition de l'objet, il sera lui-même inquiété car il n'aura
pas su démontrer sa capacité à produire de la sécurité sur son
site d'attribution. Drôle de logique ! On se sent cependant
totalement rassurés sur les risques potentiels de vol.
Sabine et Alcyone à bicyclette
Ce
n'est qu'un au-revoir !
Nous
passons avec Florence, Alcyone et Aurélie notre dernière soirée
commune au mythique Black Bambou autour de mojitos bien frais. Nous
débriefons pendant des heures sur ce voyage qui s'est
merveilleusement bien déroulé. Elles ont été des « compagnes »
de voyage de grande qualité, prêtes à s'adapter aux conditions
routardes tout en sachant « magasiner » avec tact un
objet ou un vêtement qui fera sensation à leur retour en France.
La fine équipe au grand complet
Les parties de shopping auront été l'occasion de franches
rigolades, Sabine se révélant comme toujours (!) une négociatrice
très tenace. Le plus drôle aura été de voir Florence, que l'on
attendait dans un temple, débarquer en retard accompagnée d'une
armée de vendeurs ambulants. Elle ne savait pas comment s'en
défaire, n'osant pas dire non ! Alcyone, professionnelle des photos-portraits,
restera fascinée par les visages des birmans. Bohème dans l'âme, elle a su s'adapter naturellement aux modes de transport, à l'aise dans une calèche dégingandée comme
dans un pick-up rempli d'ail.
L'eau est toujours à boire à la source
Aurélie, quant à elle, s'est révélée une marcheuse tout
terrain, n'hésitant pas à
se relever les manches pour partir à l'assaut d'un chemin inconnu et restant à l'affût de toute négociation de balles en rotin sur un marché. On attend les photos de tes
installations luminaires ! Durant ce séjour, elles ont dû dire
bonjour à des milliers de personnes « Ming La Ba » et se
voir gratifiées d'encore plus de sourires. Même si Aymeric avait parfois l'impression d'être le cinquième Beatles, il a joué sa
partition comme il a pu. Elles partent avec des sacs bien alourdis,
des sourires plein la tête et des paysages plus enchanteurs les uns
que les autres. Sympathique Birmanie !
Trois vagabondes célestes sur le départ
Les
filles envolées, nous devons retrouver notre quotidien de voyageurs
au long cours. Nous décidons d'aller voir le Mont Popa, site
religieux vénéré. Dans le pick-up, nous croisons un couple de
parisiens, Christelle et Gabriel, à la bonne humeur communicative.
S'en suivra une longue journée ensemble à discuter entre deux
singes chapardeurs. Le soir venu, nous nous retrouvons dans un
restaurant aux plats de bonne tenue que nous avons dégoté par hasard et qui deviendra notre cantine. Gabriel nous explique sa
passion pour les hamburgers. Nous prenons rendez-vous pour le café
de Flore … à San Francisco et ses burgers au pain Poilâne.
Aymeric en salive d'avance.
Un des vénérables gardiens du Mont Popa
Nous
terminons notre séjour à Bagan sur les bords de l'Ayeyarwady, le
Gange birman. Nous parvenons jusqu'au lit du fleuve, immense, avec un
débit réduit. Une grande partie est à sec. Le coucher du soleil
inonde l'endroit. Des birmans prennent leurs bains du soir, pendant
que des femmes lavent leur linge. Certains tentent de pécher. Ainsi,
va la vie birmane.
Le grand bleu
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