2 jours pour revenir à Pokhara
- Muktinath (3800 m) // Jomoson
(2720 m) : 5h ;
- Jomoson (2720 m) // Pokhara (900
m) par la piste : 8h00 – 19h30
Vue matinale sur le Daulagiri à travers les fils électriques
L'arrivée
sur Muktinath est digne d'un conte de fée. Le Thorung La Pass débouche
sur une vallée enchanteresse aux contours géologiques où domine le
minéral. C'est un des endroits où la plaque tectonique indienne
passe sous la plaque asiatique en soulevant des milliards de tonnes
de minerais divers et variés. Les couleurs s'étalent dans un
dégradé de pastelles.
Formations géologiques en mouvement
Aux confins de l’Himalaya, Muktinath
est un haut lieu de pèlerinage shivaïste, à la fois hindou et
bouddhiste . Un des nombreux
monastères est gardé par une armée de nonnes tibétaines aux joues
rosées. Sa singularité est de renfermer 108 fontaines miraculeuses
(où les pèlerins se purifient quelque soit le temps. 5 degrés pas
plus !) et un temple où les quatre éléments cohabitent (eau,
terre, air, feu) grâce à une flammèche perpétuelle, alimentée
par une source de butane connue depuis des siècles. Beau symbole que
de retrouver une source de chaleur dans ses contrées au froid
tenace.
Le village de Jarkhot avec le col en arrière plan
La
qualité des hôtels monte en flèche. Quel plaisir de retrouver des
chauffages (et oui !) lors d'une longue soirée ! Le bien nommé
Bob Marley Hotel nous couvre de ses bienfaits dont nous nous ne
lassons pas après toutes ces heures passées les pieds dans une
neige abondante.
Ruelle de Kagbeni où flotte un drapeau de prières
La
vue laisse entrevoir des villages accrochés sur des éperons rocheux
(Jarkhot et Jong), entourés de cultures en terrasse qui commencent
juste à prendre leurs couleurs printanières. Le lendemain, nous entamons la descente vers
Kagbeni, un magnifique village médiéval qui ouvre la porte de la
vallée du Haut Mustang, en direction du plateau tibétain et du
Dolpo. Nous prenons place en terrasse, avec une vue spectaculaire sur
le vieux village et sur le lit du fleuve. Nous enchaînons par le
windy pass, constamment alimenté par un vent puissant qui s'active
ente les massifs du Daulagiri et celui des Annapurnas. Nous manquons
de nous envoler !
Kagbeni, verrou du Haut Mustang
Jomoson
n'est pas la ville attendue. Nous penons pour dégoter un hôtel
digne de ce nom. Deux vieilles dames nous proposent leur lodge,
complètement dans son jus. Un couple de grenoblois, Julie et Olivier, compagnons de
descente, s'attable à nos côtés dans une bonne humeur
généralisée. Sabine, pleurant aux éclats, manque de
s'étrangler de rire lorsque des cheese toasts totalement ratés
arrivent sur la table ! Une vieille tibétaine endormie sort
subitement de sa chambre, dans un aller-retour surréaliste.
Nous comprendrons bien vite, que cette dame est percluse de troubles obsessionnels
compulsifs. Elle ira
même jusqu'à suivre Sabine aux toilettes, situés au fin fond d'une cour lugubre, en pleine nuit dans un échange
de regards digne de Vol au-dessus d'un nuit de coucou. Drôle
de nuit.
Depuis le windy pass
Si Julie et Olivier retournent à Pakhora en avion (20 minutes de vol sur
Yeti Airlines avec un aéroport à la piste qui se termine dans le
vide. Oups), nous choisissons la voie terrestre. Cela prend
normalement dix heures. Nous en mettrons presque deux de plus au
rythme des ornières, des rochers et des virages à pic. Nous choisissons les places de devant pour éviter les secousses mais qui ont l'honneur d'être situées juste au-dessous de la sono aux décibels déchaînés. Merci aux chauffeurs toujours protégés par le babar indien, Ganesh !
Vue sur le Tilicho Peak sur le chemin du retour
Nous
arrivons entiers à Pokhara où nous retrouvons nos affaires et le
confort occidental. La journée du lendemain nous permet de retrouver
un couple de toulousains, Juanito et Marthe, avec qui nous partageons
un pédalo géant pour passer l'après-midi au soleil. Nous nous
baignons dans le lac pour nous rafraîchir. Un vrai bonheur après
avoir affronté ce froid terrible. Coup de chapeau aux tibétains qui
endurent des conditions de vie extrêmes depuis des générations.
Comme le précise Aymeric, « le froid est une question de
différentiel et d'habitude». Nous aspirons maintenant à la
chaleur et à la civilisation. Direction Katmandou. Zam Zam (Allons-y en népalais).
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