vendredi 22 mars 2013

Annapurna IV - Entre Dhaulagiri et Annapurna

2 jours pour revenir à Pokhara
- Muktinath (3800 m) // Jomoson (2720 m) : 5h ;
- Jomoson (2720 m) // Pokhara (900 m) par la piste : 8h00 – 19h30 

 Vue matinale sur le Daulagiri à travers les fils électriques

L'arrivée sur Muktinath est digne d'un conte de fée. Le Thorung La Pass débouche sur une vallée enchanteresse aux contours géologiques où domine le minéral. C'est un des endroits où la plaque tectonique indienne passe sous la plaque asiatique en soulevant des milliards de tonnes de minerais divers et variés. Les couleurs s'étalent dans un dégradé de pastelles.

 Formations géologiques en mouvement

Aux confins de l’Himalaya, Muktinath est un haut lieu de pèlerinage shivaïste, à la fois hindou et bouddhiste . Un des nombreux monastères est gardé par une armée de nonnes tibétaines aux joues rosées. Sa singularité est de renfermer 108 fontaines miraculeuses (où les pèlerins se purifient quelque soit le temps. 5 degrés pas plus !) et un temple où les quatre éléments cohabitent (eau, terre, air, feu) grâce à une flammèche perpétuelle, alimentée par une source de butane connue depuis des siècles. Beau symbole que de retrouver une source de chaleur dans ses contrées au froid tenace.

 Le village de Jarkhot avec le col en arrière plan

La qualité des hôtels monte en flèche. Quel plaisir de retrouver des chauffages (et oui !) lors d'une longue soirée ! Le bien nommé Bob Marley Hotel nous couvre de ses bienfaits dont nous nous ne lassons pas après toutes ces heures passées les pieds dans une neige abondante.

 Ruelle de Kagbeni où flotte un drapeau de prières

La vue laisse entrevoir des villages accrochés sur des éperons rocheux (Jarkhot et Jong), entourés de cultures en terrasse qui commencent juste à prendre leurs couleurs printanières. Le lendemain, nous entamons la descente vers Kagbeni, un magnifique village médiéval qui ouvre la porte de la vallée du Haut Mustang, en direction du plateau tibétain et du Dolpo. Nous prenons place en terrasse, avec une vue spectaculaire sur le vieux village et sur le lit du fleuve. Nous enchaînons par le windy pass, constamment alimenté par un vent puissant qui s'active ente les massifs du Daulagiri et celui des Annapurnas. Nous manquons de nous envoler !

 Kagbeni, verrou du Haut Mustang

Jomoson n'est pas la ville attendue. Nous penons pour dégoter un hôtel digne de ce nom. Deux vieilles dames nous proposent leur lodge, complètement dans son jus. Un couple de grenoblois, Julie et Olivier, compagnons de descente, s'attable à nos côtés dans une bonne humeur généralisée. Sabine, pleurant aux éclats, manque de s'étrangler de rire lorsque des cheese toasts totalement ratés arrivent sur la table ! Une vieille tibétaine endormie sort subitement de sa chambre, dans un aller-retour surréaliste. Nous comprendrons bien vite, que cette dame est percluse de troubles obsessionnels compulsifs. Elle ira même jusqu'à suivre Sabine aux toilettes, situés au fin fond d'une cour lugubre, en pleine nuit dans un échange de regards digne de Vol au-dessus d'un nuit de coucou. Drôle de nuit.

 Depuis le windy pass

Si Julie et Olivier retournent à Pakhora en avion (20 minutes de vol sur Yeti Airlines avec un aéroport à la piste qui se termine dans le vide. Oups), nous choisissons la voie terrestre. Cela prend normalement dix heures. Nous en mettrons presque deux de plus au rythme des ornières, des rochers et des virages à pic. Nous choisissons les places de devant pour éviter les secousses mais qui ont l'honneur d'être situées juste au-dessous de la sono aux décibels déchaînés. Merci aux chauffeurs toujours protégés par le babar indien, Ganesh !

Vue sur le Tilicho Peak sur le chemin du retour

Nous arrivons entiers à Pokhara où nous retrouvons nos affaires et le confort occidental. La journée du lendemain nous permet de retrouver un couple de toulousains, Juanito et Marthe, avec qui nous partageons un pédalo géant pour passer l'après-midi au soleil. Nous nous baignons dans le lac pour nous rafraîchir. Un vrai bonheur après avoir affronté ce froid terrible. Coup de chapeau aux tibétains qui endurent des conditions de vie extrêmes depuis des générations. Comme le précise Aymeric, « le froid est une question de différentiel et d'habitude». Nous aspirons maintenant à la chaleur et à la civilisation. Direction Katmandou. Zam Zam (Allons-y en népalais).

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire