3 jours de marche de 3540 m à 5416
m
- Manang (3540 m) // Letdar (4200
m) : 5h ; + 660 m
- Letdar (4200 m) // High Camp (4850
m) : 4h ; + 600 m
- High Camp (4850 m) // Thorung
La Pass (5416 m) // Muktinath (3800 m) : 8h ; + 600 m ;
- 1600 m
Le mal des montagnes n'est pas à prendre à la légère
Nous nous lançons dans l'ascension
du col tant redouté. Un mal rôde ici qu'aucun ne peut contrôler,
quelque soit son âge ou sa condition physique : il s'agit du
mal aigu des montagnes (MAM pour les professionnels). Il se manifeste
par des maux de tête, des troubles du sommeil, des difficultés de
digestion et peut aboutir au coma voire à la mort. Une québécoise
s'est trouvée ainsi contrainte de redescendre, prise de violentes
migraines. Nous craignons d'être à notre tour surpris par
l'altitude. Nous choisissons de faire le chemin en trois étapes.
Au-delà de 4000 mètres, la respiration se fait plus difficile ;
le rythme cardiaque s'accélère à chaque nouvelle foulée. Notre
montée est lente et régulière. Bien acclimatés, nous souffrirons
finalement peu de l'altitude.
La neige commence à imposer ses contraintes
C'est plutôt contre le froid qu'il
nous faudra lutter, un froid pesant qui nous prend en étau, nous
ronge de l'intérieur, s'infiltrant dans chaque espace découvert.
Nous parvenons ainsi au High Camp, situé à 4850 mètres. Beaucoup
préféreront rester au lodge précédent, 400 mètres plus bas.
Nous voici à peine arrivés que la neige commence à tomber à gros
flocons accompagnée de rafales de vent inquiétantes. Pourrons-nous
partir demain ? Le gîte ne dispose d'aucune source de chaleur,
le poêle restera éteint, sans utilité, pour nos membres déjà
endoloris.
Les premiers yaks prennent la pose
Nous essayons de nous réchauffer en
compagnie de Valéry, un bénévole en Inde. Il nous raconte
Calcutta, ses enfants des rues et ses décharges à ciel ouvert. Il
nous dit mieux respirer à plus de 4000 mètres que dans les
bas-fonds de cette ville indienne !
Les cordées se mettent en branle au petit matin
Nous rejoignons transis de froid le baraquement qui nous fait office de chambre. Sabine ne cesse de claquer des dents. Nous finirons par sortir les couvertures de survie, seul moyen de conserver la chaleur que notre corps produit. La nuit sera courte. Dès 4h30 du matin, nous quittons notre duvet à regret, ajustons nos lampes frontales et partons dans la nuit ténébreuse, les pieds s'enfonçant jusqu'aux chevilles dans la neige. Une israélienne devra redescendre de toute urgence, dans des cris d'angoisse, atteinte d’hypothermie. Nous emboîtons le pas d'un groupe organisé de français accompagné d'un guide et de porteurs. Ils ouvrent la voie dissimulée sous la neige. Aymeric fait de la haute montagne en chaussures de trail, ayant protégé ses pieds avec des sacs plastiques en guise d'étanchéité. Le récit d'Alexandra David-Neel résonne sur nos visage brûlés par le soleil mais laissant nos pieds glacés.
Sabine arrive tranquillement au col
Le soleil se lève peu à peu. Les
crêtes se dessinent à l'horizon. Nous sommes entourés de neige, le
blanc nous aveugle. Nous sommes littéralement éblouis. Nous
atteignons enfin le col, prétendument le plus haut du monde, après cette nuit
d'enfer. Nous sommes à la fois soulagés et fiers.
Le col est franchi
Mais,
une descente vertigineuse nous attend, de 1600 mètres, entièrement
dans la neige. Nous glissons régulièrement, les chutes sont
fréquentes. Mais nous découvrons peu à peu un paysage plus aride,
annonçant les prémisses du Tibet.
Une rude descente, dans la neige, s'engage
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