vendredi 22 mars 2013

Annapurna II - Au cœur du massif

2 jours d'acclimatation à Manang (3540 mètres)

- Chongkor view point et Gangapurna Lake (3950 m) : 4h ; + 400 m ; -400 m
- Ice Lake (4400 m) : 6h; + 900 m ; - 900 m

 La stupa sous la brume

L'arrivée jusqu'à Manang n'est pas une sinécure. Au départ d'Upper Pisang, le ciel est déjà couvert. Une première rude montée vers le village de Chyaru nous rappelle qu'aucun effort n'est anecdotique. Deux heures de bavante nous conduisent à un monastère dominant un horizon malheureusement bouché. Nous reprenons nos lourds sacs avec en ligne de mire le déjeuner qui prendra place dans une salle congelée que la bonne humeur de la maîtresse de maison n'arrivera jamais à réchauffer. 

 Une cuisine chaleureuse

Nous filons sur un haut plateau rebattu par les vents. Nous zigzaguons entre les stupas isolés. La neige commence à tomber. Nous arrivons en bordure d'un monastère pas très engageant. La neige est maintenant présente en abondance sur le sol. Le brouillard limite la visibilité à quelques mètres. Nous perdons les marques du sentier. Nous déambulons sur une corniche sans savoir où se trouve notre chemin. Après une demi-heure de lutte, nous retrouvons le fil d'Ariane. Nous voilà sur la bonne route, recouverts d'une neige collante qui ne semble plus vouloir s'arrêter. Au bout d'une heure et demie, le premier village se présente. Nous nous réchauffons d'une boisson chaude réconfortante. L'heure de marche restante jusqu'à Manang, nous l'effectuerons dans l'euphorie d'une arrivée proche.
 Sabine sous la neige

Manang est un point de non-retour. L'alternative est simple : soit le col est franchi soit l'unique échappatoire est de refaire le chemin en sens inverse (et donc six jours de descente). Toutes les personnes croisées sur le chemin ne pensent qu'à cela. 
 
 La ville de Manang se mélange avec la roche

Aymeric imaginait la ville (il s'agit en fait d'un village) entre Las Vegas et Chamonix. Il avait vu juste … avec un siècle d'avance. Manang offre ses plaisirs avec parcimonie. Une boulangerie des neiges propose ses gourmandises que nous engouffrons comme des enfants. Notre hôtel dispose (grand panneau à l'entrée à l'appui) d'une « cold and hot shower ». Nous aimerions bien rencontrer le cinglé qui a un jour exigé sa « cold shower » matinale. Une véritable folie à se glacer le sang à jamais ! Nous assistons chaque soir à une séance de cinéma. Nous aurons l'occasion de voir Sept ans au Tibet et le moins commercial Himalaya, Naissance d'un chef, dans des conditions extrêmes : distribution d'un thé noir et de pop-corn chauds à l'entracte, feu où se consument des bouses de yaks séchées et respirations profondes à chaque fois que l'on change de position. Une épreuve lorsque la température commence à descendre et lorsque le film dure près de trois heures.


La vallée blanche de Manang

Nous profitons de notre séjour à Manang pour peaufiner notre acclimatation. Nous abandonnons l'idée d'un passage autour du Tilicho Lake (le lac le plus haut du monde) qui est inatteignable en raison de la hauteur de la neige à cette saison. Nous nous rabattons sur deux courses plus « attaquables ». L'une nous permet d'admirer un glacier de très près, le Gangapurna (7455 mètres) et des vues remarquables sur l'ensemble de la vallée. 

 L'Annapurna III
L'autre est une longue montée vers le Ice Lake que nous ne verrons jamais, la neige obstruant tout. Encore une fois, le paysage est à couper le souffle. Campés à 4400 mètres, nous nous sentons tout petits face aux quelques 4000 mètres supplémentaires que nous font face. Nous embrassons d'un seul regard la quasi-totalité de la chaîne de Annapurnas. Un émerveillement glacé de premier choix !


Les cimes enneigées s'enchainent.

Bien entendu, en montagnards consciencieux, nous nous rendons au centre d'informations pour consulter les prévisions météorologiques qui vont grandement déterminer nos choix à venir. Elles sont totalement incompréhensibles. 
 
Un bulletin météo apocalyptique
Le lendemain de notre arrivée annonçait un temps « shower ». Le pire était donc attendu. Résultat grand ciel bleu ! Nous faisons donc abstraction des conditions météos et nous nous motivons pour partir, fébriles mais déterminés. The show must go on !

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