dimanche 3 février 2013

Un havre de paix à Rishikesh


Vue sur la passerelle de Rishikesh

Un bus, puis un rickshaw partagé avec Fabienne, une suisse allemande qui projette un stage de yoga de deux mois, nous amènent à Rishikesh jusqu'à un pont suspendu au-dessus du Gange que nous traversons pour rejoindre le Pyramid-Café, conseillée par un couple croisé, John, un professeur de yoga new-yorkais et Rosy, qui chantait accompagnée d'une guitare pour nous réveiller en douceur chaque jour à Sadhana. Sous une tente, nous nous délectons de leur humus et autres falafels. Nous sommes là pour presque une semaine dans l'attente de Benoît et du passeport d'Aymeric à l'Ambassade.


La vue depuis notre fenêtre   



La vue depuis l'entrée

Rishikesh s'installe le long du Gange, lové entre des montagnes. A la tombée de la nuit, nous croisons quelques Sadhus se réchauffant autour d'un feu. Les sadhus sont des renonçants hindous qui dédient leur vie à la méditation. Ils vivent de la charité et sont habillés en orange. Ils portent de longs cheveux, en dread-lock, enroulés au sommet de leur crâne. La plupart sont déjà partis pour la Khumb Melah. Leurs regards sont toujours profonds. Les rues sont calmes et presque propres. Nous parcourons les bords du fleuve sacré dans la pénombre. Malgré la présence de plusieurs ashrams, l'obscurité n'est pas très rassurante avec tous ces sadhus à la mauvaise réputation. Ce choix radical de vie est souvent assumé par des orphelins qui trouvent là une solidarité inespérée, ou des personnes qui ont un passé criminel et qui souhaitent se faire oublier (Une voie alternative à prison en sorte. Tu es libre mais tu ne dois rien faire. Tu renonces.) ou encore des pères, qui ont fait leur vie (argent + enfants) et qui décident de laisser la place à leurs fils en lui laissant tout ce qu'il a. Lors de notre périple, nous pouvons entrapercevoir des ghats, ces escaliers qui descendent vers une eau qui avoisine les dix degrés. On hésite encore à plonger dans le grand bain. Cathy, croisée à Auroville, nous racontait que le plus mystique était de s'installer dans le courant, se détendre, et recevoir l'énergie du Gange en se purifiant de ses oripeaux passés. On a finalement préféré donner une offrande ; des fleurs voguant vers Varanasi. Magique !

 Sabine offre des fleurs au fleuve sacré

Le lendemain, nous faisons la rencontre de Christina, une genevoise et Jean-Marie, un valaisan avec qui nous partageons le même étage de notre pension. La première nous indique une ONG à Veranasi qui offre un calme inespéré dans cette ville trépidante. Le second, avec ses plus de trente ans de voyage en Inde, nous explique les subtilités entre yogi, sadhus et baba. Il va se rendre à la Khumb Melah pour retrouver d'anciennes connaissances. « Si tu as la lumière en toi. Tu te poses près d'un arbre et ils te prennent avec eux » nous raconte cet initié dans sa jeunesse. Barbe blanche, sourire narquois aux lèvres, regard profond et rieur. Premier séjour en Inde en 1977. Le rituel veut que l'on s'arrache à sa situation en rassemblant toutes ces affaires et en les brûlant devant tout le monde. 
 
Une maison de Sadhu

La présence de tibétains est aussi significative. Leur visage doux et leurs sourires affables nous attirent irrésistiblement dans leurs échoppes. Le soir, nous tentons de goûter aux momos tibétains. Une merveille !

 
Bain de pieds dans le Gange

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