Pont suspendu au-dessus du Gange
Partis à la recherche du centre de
méditation où séjournèrent les Beatles en 1968, nous déambulons
entre des dédales de boutiques de vêtements, échoppes de
souvenirs, pharmacies ayurvédiques (nous achetons d'ailleurs un
dentifrice aux herbes himalayennes qui décoiffe) et autres
librairies spirituelles. Cheminant le long du Gange, nous tombons sur
un ashram s’autoproclamant centre d'excellence pour la
spiritualité, la dévotion, la connaissance divine, le yoga et, rien
de moins, que la paix mondiale. On est en train de bonnes mains !
Sadhu se réchauffant sur un Ghat
A
l'intérieur, des jardins d'un calme assourdissant contrastent avec
le désordre environnant. Des dizaines de cellules monastiques se
font face d'une égale dimension ne laissant apparaître aucune
fioriture. Les résidents, tout de blanc vêtus, enturbannés à la
mode Sikh, s'affairent, sans sembler nous remarquer, autour de
séances de yoga, méditation et autre transcendance supramentale.
Nous remarquons des poubelles (rare en Inde), tenues par des lapins
blancs (encore plus rare en Inde), des illuminés en lévitation et
une femme à barbe. Atmosphère irréelle où nombre
d'occidentaux en quête d'eux-même, avec le besoin ardent de se
porter au-delà du monde matériel, se retrouvent pour une retraite
hors du temps et hors du monde. Devant la porte, une jeune fille sans
bras agenouillée demande l’aumône. Des sadhus fument des shiloms
dans les rues étroites comme des couloirs. Un japonais, coiffé de
dreadocks, médite sur le quai face au Gange, posé sur une seule
jambe.
Le lieu de notre offrande
Pour
essayer de comprendre cet univers, nous tentons de nous initier au
yoga en suivant un des multiples cours proposés. « Le
rythme », nous dit le professeur indien, d'un corps ascétique
et d'un regard profond, « doit être en phase avec votre
respiration, votre corps et votre esprit ». Le bruit de sa
respiration semble tout droit sorti de ses entrailles. Il enchaîne
le salut au soleil, la position du cobra et celle du pont suspendu
retourné. Nous sommes perdus entre nos bras, jambes, dos et
respiration. Au bout d'une demi-heure, le professeur, découragé,
nous montre la sortie en nous indiquant, d'un ton poliment abrupt,
que nous retardions les autres élèves ayant atteint un stade bien
plus évolué. La route vers la transcendance et la découverte de
notre génie intérieur reste pour nous encore un long périple,
d'autant plus que notre souplesse naturelle tient de celle du bois de
santal !
Objectif fin 2013

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