mardi 5 février 2013

Rishikesh, la Mecque du Yoga

Pont suspendu au-dessus du Gange
Partis à la recherche du centre de méditation où séjournèrent les Beatles en 1968, nous déambulons entre des dédales de boutiques de vêtements, échoppes de souvenirs, pharmacies ayurvédiques (nous achetons d'ailleurs un dentifrice aux herbes himalayennes qui décoiffe) et autres librairies spirituelles. Cheminant le long du Gange, nous tombons sur un ashram s’autoproclamant centre d'excellence pour la spiritualité, la dévotion, la connaissance divine, le yoga et, rien de moins, que la paix mondiale. On est en train de bonnes mains !

Sadhu se réchauffant sur un Ghat

A l'intérieur, des jardins d'un calme assourdissant contrastent avec le désordre environnant. Des dizaines de cellules monastiques se font face d'une égale dimension ne laissant apparaître aucune fioriture. Les résidents, tout de blanc vêtus, enturbannés à la mode Sikh, s'affairent, sans sembler nous remarquer, autour de séances de yoga, méditation et autre transcendance supramentale. Nous remarquons des poubelles (rare en Inde), tenues par des lapins blancs (encore plus rare en Inde), des illuminés en lévitation et une femme à barbe.  Atmosphère irréelle où nombre d'occidentaux en quête d'eux-même, avec le besoin ardent de se porter au-delà du monde matériel, se retrouvent pour une retraite hors du temps et hors du monde. Devant la porte, une jeune fille sans bras agenouillée demande l’aumône. Des sadhus fument des shiloms dans les rues étroites comme des couloirs. Un japonais, coiffé de dreadocks, médite sur le quai face au Gange, posé sur une seule jambe. 

 Le lieu de notre offrande

Pour essayer de comprendre cet univers, nous tentons de nous initier au yoga en suivant un des multiples cours proposés. « Le rythme », nous dit le professeur indien, d'un corps ascétique et d'un regard profond, « doit être en phase avec votre respiration, votre corps et votre esprit ». Le bruit de sa respiration semble tout droit sorti de ses entrailles. Il enchaîne le salut au soleil, la position du cobra et celle du pont suspendu retourné. Nous sommes perdus entre nos bras, jambes, dos et respiration. Au bout d'une demi-heure, le professeur, découragé, nous montre la sortie en nous indiquant, d'un ton poliment abrupt, que nous retardions les autres élèves ayant atteint un stade bien plus évolué. La route vers la transcendance et la découverte de notre génie intérieur reste pour nous encore un long périple, d'autant plus que notre souplesse naturelle tient de celle du bois de santal !

 Objectif fin 2013

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