mardi 5 février 2013

Les (re)trouvailles avec Benoît

Benoît nous a enfin rejoint venant tout droit (ou presque) de Lyon après vingt-quatre heures d'avion, une nuit mémorable à à Dubai et Dehli, sept heures d'attente dans la gare, quatre heures de train, une heure de bus et un enfumage (classique) avec le rikshaw du coin.

Benoît se purifie grâce à l'eau du Gange

Le soleil n'est en revanche pas au rendez-vous. Il pleut des trombes d'eau depuis le matin. Postés dans un cybercafé, nous l'attendons au détour d'un chemin. Grâce à son sac énorme, nous l'attrapons au début de la montée, en direction du Pyramide-Café, sur les hauteurs. Nous le trouvons bien vivace après un voyage long et pénible.

Maison ... en bon état

Malgré la température fraîche et un ciel menaçant, nous décidons de partir à la recherche de cascade en remontant le Gange. Des rangées de fines montagnes s'élèvent hors de la plaine comme les doigts d'une main himalayenne. Les ambassadors et les 4x4 roulent à vive allure, nous éclaboussant au passage. Nous contournons des singes au cul rouge. Nous les avons vu hier, attrapant les cheveux des passantes par pleine poignée ou rebondissant sur les têtes apeurées. Mais, la pluie est censée les éloigner et Benoît s'est outillé d'un bâton défensif. Nous sommes tranquilles ! Soudain, un orage terrible s'abat sur le sentier. Nous nous réfugions dans une cahute en bord de route, détrempés mais heureux d'avoir trouvé un endroit au sec. Nous essayons de nous réchauffer autour de braises incandescentes offertes par nos hôtes du moment. Trois thés chais plus tard, nous filons observer les cascades rendues boueuses par la pluie digne d'une mousson. 
                                        Une petit feu et ça repart

Le chemin du retour toujours sous la pluie nous arrête sur les bords du Gange là où des plages étonnamment blanches longent le fleuve sacré. Endroit idéal pour tenter une baignade car « trempés pour trempés », nous osons mais la température de l'eau nous glace vite le sang. Benoît parviendra à y plonger les pieds.

Nous repartons encore plus frigorifiés mais les pieds purifiés. Nous visitons au passage un des célèbres temples à étages de Rishikesh. Ce sont des bâtiments en béton, sans grâce particulière, grimpant vers le ciel comme une tour de Babylone. A chaque étage, se trouvent des sortes de chapelles dédiées à des divinités différentes (sachant qu'on en compte des millions dans l'hindouisme) et des vendeurs d'offrandes et objets sacrés en tout genre. Nous succombons au rituel : fleurs, bracelets de fil rouge lassé au poignet, et célèbre point rouge, sorte de troisième œil dessiné au milieu du front, l’œil reptilien. Là-haut, nous distinguons le frêle pont réservé aux piétons, surplombant une eau tumultueuse.
 
Le trio travaillant leur kharma
 
La nuit tombe, nous rentrons mouillé jusqu'aux os dans notre hôtel glacial. Nous parvenons, après trois nuits, à négocier un engin d'un autre âge en guise de chauffage qui nous apporte une maigre source de chaleur. On est définitivement loin des douceurs tropicales. Le restaurant nous réconforte de ses délices indiens. Nous concluons le dîner par une orgie de chocolat méritée. Merci Benoît !

Une fenêtre onirique

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