dimanche 3 février 2013

Pondy style

Un rêve bleu au coin de la rue

De retour dans la délicieuse ville de Pondichery, nous sommes à la recherche de la guest house, le rêve bleu, conseillée par d'autres voyageurs. Tout un programme. Il le sera au-delà de nos espérances. Après une galère pour trouver ce lieu au nom plein de promesses, nous parvenons enfin à notre objectif. L'accueil de Christelle, officiant en ce lieu, est princier. Café chaud offert, petits gâteaux à profusion, les conversations s'animent avec un groupe de français enthousiastes. Nous prenons rendez-vous avec un couple de caldoche pour le mois d'octobre. Et oui, la terre est petite. Ce qui est unique dans un tour du monde, c'est qu'à chaque fois que nous croisons une personne, on peut espérer la retrouver, à un autre moment, à l'autre bout de la terre. Par exemple, avec Alain, le tour-du-mondiste à vélo, nous avons déjà prévu de nous retrouver au Laos et à San Francisco. La classe ! 


 A la sortie de la Sri Aurobindo School

Cependant, le rêve bleu ne restera qu'un rêve. La nouvelle tombe, tranchante. Il n'y a plus de chambre disponible. Christelle nous prodigue alors ses soins attentionnés. Elle nous dégote une guest house dans nos prix, à deux pas. La chambre est parfaite : propre, d'un blanc immaculé et spacieuse. Merci mille fois. L'avenir nous montrera encore à quel point, elle est une personne d'une immense valeur.

Sous la varangue
 
Pondichery nous offre de nouveau ses charmes « civilisées ». Nous nous engageons dans un shopping effréné dans les boutiques de Pondy, trop heureux de retrouver la société de consommation. Pour Sabine, la corne est d'abondance : robe aurovillienne du meilleure acabit et vêtements de créateur (et sur-mesure s'il vous plait). Pondy style ! En effet, le hasard nous fait rencontrer à l'Auroboutique, une jeune créatrice indienne, Chueta, qui nous propose de la retrouver dans son atelier à cinq heures. Nous nous y rendons. Nous faisons la rencontre d'un italienne, d'une cinquantaine d'années, ancienne aurovilienne, qui s'est installée à Pondy et énergise un réseau de créateurs locaux. Elle nous offre à boire une eau citronnée sur sa terrasse ombragée. Elle s'exprime dans un français parfait. Sa tenue est impeccable, ses cheveux blanc coupés courts encadre son visage empreint d'une douceur rêveuse. Elle nous raconte son parcours : sa découverte de l’ashram Sri Aurobindo, sa décision de s'installer à Auroville en famille, son parcours en accord avec la pensée de la Mère, sa volonté de quitter Auroville. Nous lançons le sujet sur l'éducation des jeunes auroviliens. Pas de diplôme reconnu. Une liberté totale dans un cadre athénien. Apprentissage à l'ombre des arbres. Une expression volontariste de l'enfant qui apprend en faisant. Sa fille en a bénéficié : « vous allez me prendre pour une mère orgueilleuse. Mais, ma fille, rentrée en Italie, a du passer le premier diplôme de sa vie afin d'accéder aux études universitaires. L'épreuve était classique et ma fille n'avait aucune connaissance scolaire. Elle savait cependant faire le lien entre des matières totalement étrangères et de manière iconoclaste. Elle remportera l'épreuve de haut vol, faisant grand effet sur le jury. Les professeurs, surpris par son esprit désinhibé et original, me demandèrent alors quel cursus elle avait suivi afin d'y envoyer tout les enfants d'Italie.  ». On est resté un peu bouche bée devant cette expérience, surtout lorsqu'elle nous a posé cette question anodine : « est-ce que vous aimez profondément ce que vous faites ? ». Une question que tout à chacun devrait s'efforcer de se poser au jour le jour. Une vie, nous dit-elle, cela se fabrique comme n'importe quoi d'autre, il fait la pétrir, le ciseler, la polir afin d'en tirer le meilleur.

Un peu de douceur dans un monde de brutes

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