Un rêve bleu au coin de la rue
De
retour dans la délicieuse ville de Pondichery, nous sommes à la
recherche de la guest house, le rêve bleu, conseillée par d'autres
voyageurs. Tout un programme. Il le sera au-delà de nos espérances.
Après une galère pour trouver ce lieu au nom plein de promesses,
nous parvenons enfin à notre objectif. L'accueil de Christelle,
officiant en ce lieu, est princier. Café chaud offert, petits
gâteaux à profusion, les conversations s'animent avec un groupe de
français enthousiastes. Nous prenons rendez-vous avec un couple de
caldoche pour le mois d'octobre. Et oui, la terre est petite. Ce qui
est unique dans un tour du monde, c'est qu'à chaque fois que nous
croisons une personne, on peut espérer la retrouver, à un autre
moment, à l'autre bout de la terre. Par exemple, avec Alain, le
tour-du-mondiste à vélo, nous avons déjà prévu de nous retrouver
au Laos et à San Francisco. La classe !
A la sortie de la Sri Aurobindo School
Cependant,
le rêve bleu ne restera qu'un rêve. La nouvelle tombe, tranchante.
Il n'y a plus de chambre disponible. Christelle nous prodigue alors
ses soins attentionnés. Elle nous dégote une guest house dans nos
prix, à deux pas. La chambre est parfaite : propre, d'un blanc
immaculé et spacieuse. Merci mille fois. L'avenir nous montrera
encore à quel point, elle est une personne d'une immense valeur.
Sous la varangue
Pondichery
nous offre de nouveau ses charmes « civilisées ». Nous
nous engageons dans un shopping effréné dans les boutiques de
Pondy, trop heureux de retrouver la société de consommation. Pour
Sabine, la corne est d'abondance : robe aurovillienne du
meilleure acabit et vêtements de créateur (et sur-mesure s'il vous
plait). Pondy style ! En effet, le hasard nous fait rencontrer à
l'Auroboutique, une jeune créatrice indienne, Chueta, qui nous
propose de la retrouver dans son atelier à cinq heures. Nous nous y
rendons. Nous faisons la rencontre d'un italienne, d'une cinquantaine
d'années, ancienne aurovilienne, qui s'est installée à Pondy et
énergise un réseau de créateurs locaux. Elle nous offre à boire
une eau citronnée sur sa terrasse ombragée. Elle s'exprime dans un
français parfait. Sa tenue est impeccable, ses cheveux blanc coupés
courts encadre son visage empreint d'une douceur rêveuse. Elle nous
raconte son parcours : sa découverte de l’ashram Sri
Aurobindo, sa décision de s'installer à Auroville en famille, son
parcours en accord avec la pensée de la Mère, sa volonté de
quitter Auroville. Nous lançons le sujet sur l'éducation des jeunes
auroviliens. Pas de diplôme reconnu. Une liberté totale dans un
cadre athénien. Apprentissage à l'ombre des arbres. Une expression
volontariste de l'enfant qui apprend en faisant. Sa fille en a
bénéficié : « vous allez me prendre pour une mère
orgueilleuse. Mais, ma fille, rentrée en Italie, a du passer le
premier diplôme de sa vie afin d'accéder aux études
universitaires. L'épreuve était classique et ma fille n'avait
aucune connaissance scolaire. Elle savait cependant faire le lien
entre des matières totalement étrangères et de manière
iconoclaste. Elle remportera l'épreuve de haut vol, faisant grand
effet sur le jury. Les professeurs, surpris par son esprit désinhibé
et original, me demandèrent alors quel cursus elle avait suivi afin
d'y envoyer tout les enfants d'Italie. ». On est resté un peu
bouche bée devant cette expérience, surtout lorsqu'elle nous a posé
cette question anodine : « est-ce que vous aimez
profondément ce que vous faites ? ». Une question que
tout à chacun devrait s'efforcer de se poser au jour le jour. Une
vie, nous dit-elle, cela se fabrique comme n'importe quoi d'autre, il
fait la pétrir, le ciseler, la polir afin d'en tirer le meilleur.
Un peu de douceur dans un monde de brutes

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