lundi 25 février 2013

Kumbh Mela 2013 à Allahabad

Le Gange s'anime

Nous avons entrepris de nous rendre à la Kumbh Mela, le plus grand rassemblement religieux au monde. Durant deux mois et demi, tous les douze ans, une centaine de millions de personnes se rendent sur ce lieux pour se purifier dans le Gange, notamment d’innombrables Sâdhus.

 Arc-en-ciel de tentes au bord du Gange

Nous partons un peu angoissés à l'idée de se faire broyer au milieu d'une foule impitoyable. Être femme et occidentale attire également plus d'un regard appuyé. Il faudra rester sur ses gardes et toujours groupés. Nous devons partir légers et abandonnons la plupart de nos affaires à l'hôtel à Varanasi. C'est une vraie expédition. Sacs de couchage et bouteilles d'eau comme seuls bagages, nous voilà partis avec Gaspard, ancienne connaissance de Sadhana.

 Trois pèlerins cherchant leur tente

Après un premier rickshaw rudement négocié, nous nous embarquons pour trois heures de bus chaotiques. Nous approchons d'Allahabad et découvrons des champs infinis de tentes : près de soixante-dix kilomètres de campement s'étendent à nos pieds. De toutes les couleurs, elles sont faites de bric et de broc. On se croirait dans un immense camp de réfugiés au milieu d'un désert de sable blanc. Ambiance de kermesse en plein Gaza où les religieux orthodoxes se promènent dans le plus simple appareil et absorbent comme nourriture spirituelle du chanvre indien ! Sacré cocktail indien sans alcool !

 Sabine pose devant un éléphant déambulant

Nous descendons du bus. On ne sait trop où aller. Des éléphants se mêlent à la circulation. Nous recherchons désespérément un plan des lieux. Il faut que nous trouvions le secteur 6 et une tente précise, entreposée parmi des millions. Les militaires nombreux seront pour nous une mine de renseignements. Benoît n'hésite pas à tous les interpeller, même une escadrille de gardes à cheval que nous croiserons ! 

 Heureusement, notre campement sera plus accueillant

Les indiens nous regardent avec des yeux écarquillés. Ils nous interrogent : « which country ? », « You like here ? », « Why do you come to the kumbh mela ?». Nous sommes les seuls occidentaux, ou presque, parmi cette marée humaine. Le contact est sincère loin de tout marchandage commercial. On apprécie le sourire des familles indiennes, dévotes et curieuses.

Sabine est obligée de signer des autographes dans la rue !

Les tentes sont organisées par quartier, séparées par de longues allées en terre poussiéreuse. Nous découvrons des vrais toilettes (grand soulagement pour Sabine) mais aussi, pour les amateurs, des champs ouverts avec des trous pour faire ses "besoins à l'indienne" en plein air. Nous nous apercevons que le camp est finalement étonnamment bien organisé. Loin du chaos de la première vision, nous constatons qu'il y a de l'électricité, de l'eau courante, des toilettes, des routes et des ponts. Le gouvernement indien a mis des moyens extraordinaires pour ériger un campement provisoire pour trente millions de personnes (la moitié de la population française !!!) sur le lit du Gange. Les autorités sanitaires balancent même à haute dose du DDT dans l'air et de la soude près des marres, pour éviter les moustiques et les épidémies. Nous voyons ainsi des nuages entiers nous passer au-dessus de la tête. Irrespirable !!! Cela nous occasionnera un rhum incessant et une toux de sâdhu ! 

 
Éclats de rire au coucher du soleil

Après trois heures de marches, nous parvenons à notre « bio organic camp ». Un havre de paix ! Il s'agit d'une ONG, qui s'occupe de permaculture au bénéfice des populations tribales (adivasi). Un feu est entretenu toute la journée durant. Les occupants sont tellement perchés qu'on se demande bien comment ils pourront redescendre un jour. L'un d'entre eux sort de trois ans d'ashram au Nouveau Mexique. « I am happy to be happy » conclura-t-il. Le bonheur est simple comme le bonheur.

 Sadhu John et Sadhu Jack parlent brushing

Nous parcourons les campements jusqu’au rainbow camp. Nous assistons à des rituels d'un autre âge. Les indiens se baignent au Sangam, le lieu où les deux fleuves se retrouvent. L'atmosphère est à la dévotion et à la bonne humeur. Nous sommes libérés d'un cycle de de réincarnation ! Rendez-vous dans douze ans pour les amateurs.


Et 1, et 2, et 3 Sadhus ...

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