vendredi 22 février 2013

Parties fines à Khajuraho

Nous prenons le train en catégorie 3 AC, la grande classe avec banquette en cuir, climatisation et gardien interdisant toute entrée clandestine. Benoît découvre le train indien dans des conditions sultanesques !

  Sabine, confortablement installée dans sa couchette de luxe


Nous arrivons dans la ville de Khajuraho, dont la seule richesse est son patrimoine lubrique. Il y bien peu de visiteurs, hormis des hordes de toutous-ristes débarqués en voyage organisé, de sorte que nous sommes la proie des rabatteurs et vendeurs de gadgets « kama sutra » qu'ils vous agitent sous le nez. Il faut apprendre petit à petit à les ignorer, pointer le regard vers l'horizon pour éviter qu'ils ne s'accrochent à vos basques dès le premier signe d'intérêt.


Deux jambes en l'air, deux jambes à terre, 
le tantrisme est aussi un art de la souplesse

Toujours en compagnie de notre couple de réunionnais, Jérôme et Ghislaine, nous découvrons les temples Jain et hindouiste, érigés entre 950 et 1050 sous le règne des Chandela. 


Des ombres sculptées avec finesse
 
Apparaissent sous nos yeux des centaines de sculptures par étage dont la finesse est remarquable. Profondément influencée par l'école de pensée tantrique, la dynastie Chandela diffusa cette approche au travers de leurs monuments royaux, y compris les temples. 

 Peuples dévots

Les sculpteurs de Khajuraho illustrent tous les aspects de la vie, dont on tenait alors à aborder avec franchise, et ouvertement, toutes les facettes, y compris le sexe.


Imaginations tantriques en action

Ainsi, de nombreuses sculptures érotiques, voire pornographiques, couvrent les façades. Toutes les positions sont permises, ainsi que toutes les combinatoires aussi bien en nombre (2, 3, 4, …) qu'en terme de participants (hommes, femmes, animaux, …), même si le couple reste roi. Ce dernier présentait une importance particulière dans la mesure où le cosmos tantrique est divisé en principe masculin et principe féminin : le principe masculin possède la forme et le potentiel, le féminin l'énergie. Selon la philosophie hindoue et tantrique, l'un ne peut réussir sans l'autre, puisqu'ils se manifestent dans tous les aspects de l'univers. Rien ne saurait exister sans la coopération et la coexistence. Vive l'androgyne primitif platonicien !


"des poitrines gonflées par le désir de vivre"

Il est amusant de découvrir le contraste entre les scènes dénudées des façades et le rire étouffé des indiennes voilées de la tête au pied. Pour elles, c'est un peu comme visiter une forêt vierge au milieu de la banquise.

  
Des indiennes sensibles au didactisme ambiant ! 


Pour découvrir les autres temples cachés dans la jungle, nous enfourchons une bicyclette et découvrons les villages alentours. Certains sont à majorité musulmane. Les sourires ravis des habitants et des enfants nous entourent et tranchent avec l'accueil à Khajuraho. Nous traversons des champs fleuris et découvrant des ruines au soleil couchant. Instant privilégié !


 Sortie à vélo dans les villages des alentours

Khajuharo sera aussi l'occasion de rencontrer Alexandre, canadien de son état et sacré bourlingueur (il a connu l’Éthiopie de l'intérieur). Nous fêtons son anniversaire tout en partageant ses anecdotes et son énergie autour d'un repas italien. Nous aurons droit à des expressions québécoises épicées, loin de la froideur de la Belle province (-15°C en ce moment) : "tabernacle" (zut), "la patente" (le truc), "à chier par terre" (c'est super) ... Il se déroulera sans Jérôme qui ne s'est toujours pas remis du terrible poulet tandoori pas cuit du Raj Café. Ce réunionnais de toujours ne cessera par la suite de fantasmer sur un boucané-pommes de terre qu'il ne reverra malheureusement pas avant son retour sur l'île de la Vanille.

 Impossible de se photographier sans les enfants du coin

Nous hésitons à nous rendre directement à Allahabad pour la Kumbh-Mela. Finalement, nous prenons la décision d'aller d'abord à Varanasi, puis de là, nous nous rendrons au cœur de l'événement. Pour l'instant, nous ne savons pas comment ! Croisons les doigts pour que la trompe de Ganesh nous couvre de ses bons auspices !

Qui osera le barbier de rue ?

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