La
faune qui nous entoure est aussi riche que sauvage.
Un
matin, Aymeric enfile nonchalamment sa converse quand, soudain, il
sent, sur son pied nu, une petite pression puis un liquide se
répandant dans ses veines. Il retire sa chaussure avec hâte. Ce
n'est pas moins qu'un scorpion qui lui chatouillait les orteils.
Heureusement, la morsure restera sans gravité.
Photo non contractuelle
Nous
sommes soulagés jusqu'au moment au Sabine aperçoit un immense cobra
à l'entrée de notre hutte. L'apercevant, il se dresse, surpris,
prêt à l'attaque avant de se dérober en rampant vers un buisson.
Le cobra est symbole de fertilité selon la tradition.
Photo non contractuelle
La
nature n'abritant pas que des créatures innocentes, nous décidons
de ne pas nous séparer de notre lampe frontale et de nos
moustiquaires coincées hermétiquement sous nos matelas.
Nous
apprenons la technique pour conserver de la nourriture hors de portée
des rats (ils sont énormes) : envelopper là dans une housse de
coussin, puis protéger là entre vos couvertures sous une
moustiquaire bien solide (nous avons récemment importé
clandestinement, au plus grand risque d'exclusion, du « Nutella »,
interdit car non vegane).
Heureusement,
d'autres animaux nous paraissent plus inoffensifs, quoique... Les
vaches nous regardent, bienheureuses et indolentes. Mais, gare ceux
qui les détournent de leur chemin. Nous avons ainsi subi une attaque
en règle en plein restaurant, la vache chargeant le serveur qui
tentait de la faire sortir ! Aymeric a alors sauté de sa
chaise, la empoigner pour se protéger. Il se croyait au cœur d'une
corrida, sans picador. Elle s'en est finalement allée royalement
comme si elle avait gagné le combat par forfait, tout en dévorant
deux massifs de fleurs au passage. Aymeric pensait devoir faire le
deuil des encierros pampelunesques durant cette année loin de
l'Espagne. En fait, la rue indienne est une encierro (lâcher de
taureaux) permanente puisque les vaches errent en liberté dans
l'ensemble de l'espace public. En France, c'est l'espace public qui
est sacré … En Inde, ce sont les vaches !
Vache croisée au détour d'un chemin
Les
chiens aussi sont nombreux, d'une couleur jaune, maigres, les yeux
vitreux, et se reproduisant à une vitesse vertigineuse. Leur sort
est moins enviable que celui des vaches. Il y a même un programme de
bénévolat à Auroville pour castrer les chiens. Sabine a tenté de
proposer l'expérience à Aymeric, pour son amour bien connu des
chiens, surtout ceux qui lui montrent leurs crocs avides de saisir
ses frêles mollets même en mobylette, mais en vain.


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