Nous
arrivons à Bangkok enveloppés d'une chaleur étouffante à laquelle
nous ne sommes pas habitués. Nous devons donc adapter notre mode de
vie au 35°C ambiant. Les nuits fraîches de l'Himalaya sont
dernières nous. On les regretterait presque.
Quand
l'Occident offre ses merveilles à bas coût
Face
à l'Inde chaotique et multiséculaire, nous nous retrouvons presque
déboussolés dans cette mégapole ultra-moderne à la circulation
trépidante mais parfaitement organisée, aux buildings altiers mais
qui engloutissent avec voracité l'habitat traditionnel. La propreté
est irréprochable mais il est interdit de manger ou boire dans les
parcs aux allures de golf verdoyant. Les immenses centres commerciaux
sont devenus les temples d'aujourd'hui.
Un zeste de tradition et beaucoup de modernité
Convertie
au tourisme de masse, la Thaïlande offre tout le panel des loisirs
possibles et inimaginables, avec autant d'objets ou de« sujets »
de consommation associés. A ce titre, la fameuse Kao San Road
concentre un nombre impressionnant d'enseignes commerciales, de
magasins s'étalant sur plus de quatre rangées et d'agences de
voyage aux formules alléchantes mais à l'arnaque facile. Les
fausses cartes d'étudiants, d'identité ou de presse sont proposées
aux passants sans dissimulation. Mecque de la contrefaçon, ce
carrefour de l'Asie-du sud-est revêt tous les attraits de l'oasis
occidental à bas coût.
Enfer occidental
Nous
observons avec amusement, (enfin surtout Aymeric!), la faune
touristique locale avec des tenues nettement raccourcies, défilée
de mini-shorts aux lunettes extra-larges. Le sexe s'affiche ici tel
un produit de consommation classique, proposant à foison des « ping
pong show » ou des escort girls à la location pour une
semaine, alors que la prostitution est pourtant officiellement
interdite. Une française nous a d'ailleurs raconté que, dans un
train, elle a même vu le
contrôleur jouer le rôle d'entremetteur !
Nous découvrons aussi les lady boys, aux silhouettes ambiguës,
représentant d'un troisième genre plutôt bien intégré à la
société thaïe. Attention à ceux qui veulent goûter aux charmes
de l'Orient, la confusion est parfois troublante !
Ancienne
Venise de l'Orient
La
Venise de l'Orient a donc grandement perdu de son pittoresque avec la
modernité trépidante. Les vieux khlongs, canaux bordés par des
cabanes en bois tenant vaillamment en équilibre sur des pilotis
rongés par les eaux, ont laissé la place à des artères à la
new-yorkaise où se concurrencent les voitures de marque japonaise.
Seules subsistent les restaurants de rue, toujours très animés, qui
recouvrent tous les trottoirs et servent les classiques de la
cuisine thaïlandaise : brochettes, mangues et riz gluant dont
raffole Sabine, pad thai, soupes...
Les marchés colorés parfument les rues de leurs poissons frais et de durian, fruit qu'affectionnent les asiatiques (interdit dans les aéroports et le métro en raison de son odeur de pied persistante !). Les temples bouddhistes, appelés Wat, parsèment la capitale de leurs toits dorés. Wat Pho renferme un étonnant Bouddha couché de vingt mètres de long, recroquevillé dans un temple à peine plus grand que lui. Drôle de sarcophage !
Poissons frais
Les marchés colorés parfument les rues de leurs poissons frais et de durian, fruit qu'affectionnent les asiatiques (interdit dans les aéroports et le métro en raison de son odeur de pied persistante !). Les temples bouddhistes, appelés Wat, parsèment la capitale de leurs toits dorés. Wat Pho renferme un étonnant Bouddha couché de vingt mètres de long, recroquevillé dans un temple à peine plus grand que lui. Drôle de sarcophage !
Même Bouddha fait la sieste
Chamboulements
aquatiques
Initialement,
notre programme était de rester trois jours à Bangkok, avant de
découvrir Ko Tao, une île magnifique du Golfe du Siam durant une
semaine de plongée, puis de revenir à Bangkok pour prendre notre
avion en direction de Myanmar. La perspective de cette semaine sur
une plage paradisiaque a animé nos soirées népalaises. Brevetés
au Padi Open Water, nous pourrons alors faire d'autres plongées en
autonomie. Le timing est court mais nous avions spécialement choisis
nos dates pour le Myanmar en conséquence.
Lundi
matin, nous préparons nos affaires. Nous devons prendre le bus, puis
le bateau, le soir même, pour Ko Tao. Cependant, un obstacle de
taille nous attend pour cette journée. Avant de partir, nous avons
l'obligation de lancer une démarche essentielle pour notre voyage au
Myanmar, à savoir la demande de visa. Ce dernier s'obtient
« facilement » à l'Ambassade en trois jours. Autre
spécificité, le Myanmar, sous embargo américain depuis plusieurs
années, ne dispose d'aucun distributeur de billets (ou presque). Il
faut venir avec de l'argent liquide, des dollars en l'occurrence.
Les billets doivent, de surcroît, êtres neufs, c'est-à-dire sans pliure, jamais froissés et ne comportant aucune marque distinctive. A la moindre tâche, les birmans refusent de les changer. Sympa ! Nous lançons nos démarches tôt dans la matinée. Arrivés devant la banque, nous nous apercevons qu'elle est fermée. Étrange ! Nous apprenons alors qu'il s'agit d'un jour férié, et qu'il sera également suivi par deux jours fériés, la semaine prochaine pour … le nouvel An bouddhiste, la plus grande fête de l'année, le week-end prolongé où des millions de thaïlandais de Bangkok partent en vacances et durant lesquels toutes les banques et administrations sont fermées. La tuile ! Nous ne pouvons donc pas engager nos démarches ce lundi. Au revoir les plages thaïlandaises ! Nous sommes assignés à résidence à Bangkok jusqu'à notre départ … neuf jours plus tard.
Avant l'effort
Les billets doivent, de surcroît, êtres neufs, c'est-à-dire sans pliure, jamais froissés et ne comportant aucune marque distinctive. A la moindre tâche, les birmans refusent de les changer. Sympa ! Nous lançons nos démarches tôt dans la matinée. Arrivés devant la banque, nous nous apercevons qu'elle est fermée. Étrange ! Nous apprenons alors qu'il s'agit d'un jour férié, et qu'il sera également suivi par deux jours fériés, la semaine prochaine pour … le nouvel An bouddhiste, la plus grande fête de l'année, le week-end prolongé où des millions de thaïlandais de Bangkok partent en vacances et durant lesquels toutes les banques et administrations sont fermées. La tuile ! Nous ne pouvons donc pas engager nos démarches ce lundi. Au revoir les plages thaïlandaises ! Nous sommes assignés à résidence à Bangkok jusqu'à notre départ … neuf jours plus tard.
Skyline sauce thaï
Et
ce délai ne sera pas un luxe pour accomplir toutes nos démarches
fastidieuses. Photos d'identité en main et formulaires remplis, nous
nous glissons dans l'Ambassade du Myanmar entre une dizaine de
musulmans qui manifestent, après les émeutes, demandant la
reconnaissance de leurs droits. Ambiance ! Ensuite, parvenir à
se procurer des dollars neufs et suffisamment pour un mois ne fut pas
une sinécure ! Aymeric essaye de retirer à un distributeur. Ce
dernier annonce le succès de l'opération sans pour autant éditer
les billets.
Nous voici avec le compte débité et la carte bloquée ! Retour à la banque, on se perd en palabres et explications. La responsable du guichet arbore un sourire imperturbable mais n'apporte aucune réponse à notre problème. Finalement, le compte d'Aymeric sera re-crédité (sans le montant des commissions...) mais le plafond toujours bloqué. Sabine pourra retirer avec sa carte la semaine d'après, en plein milieu des jours fériés. Une liasse de bhats (la monnaie thaïlandaise) en main, nous ferons tous les bureaux de change de la ville pour trouver des dollars flambant neufs. Nous ne compterons pas le nombre de trajets, en bus, taxi, bateau et à pied le long de grands axes autoroutiers. Nous empaquetterons ensuite précieusement ces dollars si chèrement obtenus, tel un trésor pour qu'ils ne subissent aucune éraflure.
Un peu de tendresse dans ce monde de brutes
Nous voici avec le compte débité et la carte bloquée ! Retour à la banque, on se perd en palabres et explications. La responsable du guichet arbore un sourire imperturbable mais n'apporte aucune réponse à notre problème. Finalement, le compte d'Aymeric sera re-crédité (sans le montant des commissions...) mais le plafond toujours bloqué. Sabine pourra retirer avec sa carte la semaine d'après, en plein milieu des jours fériés. Une liasse de bhats (la monnaie thaïlandaise) en main, nous ferons tous les bureaux de change de la ville pour trouver des dollars flambant neufs. Nous ne compterons pas le nombre de trajets, en bus, taxi, bateau et à pied le long de grands axes autoroutiers. Nous empaquetterons ensuite précieusement ces dollars si chèrement obtenus, tel un trésor pour qu'ils ne subissent aucune éraflure.
Bangkok
stories
Cette
semaine de transit est néanmoins riches en rencontres. Dans notre
auberge, nous baignons dans une ambiance très francophone avec
l'ensemble des routards français, belges et suisses. Que de soirées
passées à échanger nos anecdotes de vies avec Sophie et Gaëtan à
l'humour belge décapant, Sarah et Raymond deux amoureux en transit,
Nicolas et Manuela nos deux professeurs « asie-mutés »...
Mention spéciale à Michel et Christine et à leurs intarissables
anecdotes. Nous renouons aussi avec l'actualité française, en plein
cœur du scandale Cahuzac, lors de nos après-midi lecture à
l'alliance française.
Les pieds dans l'eau
Nous
y rencontrons un professeur de français résidant depuis plusieurs
années à Bangkok. Il nous raconte l'importance cruciale du roi pour
les thaïlandais. Son image est effectivement omniprésente ;
ses portraits immenses couvrent la ville de toutes parts. Il existe
encore le « crime de lèse majesté », montrant une
démocratie tiraillée entre chemises jaunes (conservateurs) et
chemises rouges (partisan de l'ex premier ministre en exil) où le
roi gouverne plus qu'il ne règne entre deux histoires de chemises.
Un îlot de fraîcheur
Nous
sommes aussi invités par une thaïlandaise croisée à la banque où
nous avons passés plusieurs heures. Elle nous reçoit dans sa villa
blanche, aux chambres entièrement en teck et entourées de jardins
zen. Une halte dans un paradis tropical que nous aurions aimé
prolonger car, dehors, une tempête d'eau gronde...
Pour
le nouvel an, tous les thaïs, quelques soient leur âge, se
balancent de l'eau à l'aide de pistolets en plastique (de vraies
armes d'assaut!), de seaux et même, de lances à incendie. Nous nous
retrouvons vite trempés de la tête au pied, et le visage recouvert
d'un mélange d'argile et de talc. L'ambiance est électrique, mais
très bon enfant ! L'agitation atteint son comble dans les
quartiers de Kao San Road et Siam square où la musique crache des
records en décibels et les passants sont attaqués au karcher !
Une lumière dans la nuit
Ville
définitivement placée sous le signe de l'eau, Bangkok sait utiliser
son fleuve avec des navettes fluviales qui nous permettent de voguer
de quai en quai, notre moyen de locomotion préféré, évitant les
bouchons tentaculaires d'une capitale assiégée par des voitures
individuelles, signe de réussite sociale accomplie.
Après
une semaine de halte, nous avons hâte de reprendre la route. Fin
prêts pour embarquer dans l'avion, direction le Myanmar !
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