dimanche 31 mars 2013

Coffee Time à Darjeeling

580 kilomètres séparent Katmandou de Darjeeling. Nous mettons seulement 22h00 au rythme indo-népalais ! Départ à 14h00 le dimanche pour une arrivée à midi le lendemain. Darjeeling est une ville installée sur une crête et s'étire en étages sur un dénivelé important. Les imprécisions du plan que nous possédons de la ville nous obligent à jouer les ascenseurs entre les ruelles pentues. Après des efforts exténuants (Aymeric transporte toujours une bibliothèque ambulante tandis que Sabine a un sac digne d'une représentante Quechua), nous atterrissons au bien nommé Tranquility Hotel. Une douche, chaude, et nous savons quel luxe cela représente dans ces contrées, nous attend. Nous sommes aux anges.

 Le fameux thar

Darjeeling est mondialement connu pour son thé d'exception. C'est aussi une station d'altitude (2134 m) où les indiens, prenant la suite des britanniques, trouvent un havre de fraîcheur salvateur au moment où la chaleur commence à monter en flèche dans les plaines. C'est aussi un des plus beaux belvédères pour admirer le divin Khangchendzonga, 3ème sommet du monde (8 598 m), coincé à la frontière Inde-Népal, en plein Sikkim.

  Sabine reste encore toute émue de sa rencontre avec le panda roux

A Darjeeling, nous commençons par jouer les British tourists. Nous nous rendons au zoo pour découvrir quelques curiosités animalières : l'inconsolable panda roux, l’hiératique thar de l'Himalaya, le très coloré faisan d'or et celui d'argent, le léopard des neiges et le non moins sacré singe à tête noire. Nous terminons par la visite du musée de l'Everest et la statue de Tenzing Norgay, le sherpa qui vaincue, avec Edmund Hillary, le toit du monde. Pour le tea time, nous filons, à l'anglaise au Glenary's, un célèbre salon de thé, Une cabine téléphonique rouge trône dans l'entrée. Les étales débordent de pâtisseries anglaises, plutôt goûteuses. Nous finissons la journée en engloutissant un roast-beef potatoes. Good night Darling ! 

Tenzing Norgay dans ses œuvres
 
Nous n'osons pas le lendemain poursuivre sur la même série de clichés touristiques. Le train de Darjeeling ne pourra nous compter parmi ses passagers. Il est en réalité un ridicule tortillard à vapeur qui avance à peine plus vite qu'un homme marchant au pas. Nous poussons le vice jusqu'à ne pas visiter une plantation de thé (pourtant superbe !). Sabine s'est perdue dans une conversation interminable avec un couple de français très sympathiques à la porte d'entrée du Glenary's alors qu'Aymeric, cassait l'ambiance, en enchaînant les cappuccinos dans la Mecque du thé vert.

 Plantation de thé

Le premier jour, il faut bien l'avouer, nous avons été surpris par les conditions météorologiques. Un brouillard, style smog londonien, ne s'est pas décollé des sommets de toute la journée. Le jour suivant, Aymeric se réveille pour le lever du soleil. Seul apparaît, à travers un fond gris, un rayon rosé. Nous interrogeons les autochtones. La situation est similaire depuis plusieurs semaines. Nous comprenons. Nous ne verrons jamais le Khangchendzonga. Il est caché. Il faudra revenir en septembre-octobre. Déconvenue d'importance. Cette information nous brise dans notre élan. Le Sikkim perd la quasi-totalité de son attrait. Autant faire le massif du Mont-Blanc en jouant à colin-maillard. Une hérésie !


 Première visite d'un temple tibétain

Aymeric ne perd pas pour autant l'occasion de terminer une biographie d'Alexandra David-Néel qui a initié ses pérégrinations tibétaines à partir de Darjeeling et du Sikkim. Nous marchons donc sur ses traces … tout du moins pour les premiers pas puisque le temps nous bloque la route et la vue. Il trouve également une étonnante coïncidence. Son premier séjour au Sikkim se distinguera aussi par sa rencontre avec le Dalaï-lama. Nous le rencontrons aussi, sans lui parler tout du moins. Peut-être, finirons-nous, nous aussi, par nous installer à Digne. Qui sait.

 Gorkhaland ... Gorkhaland

Notre séjour à Darjeeling nous donne la possibilité d'observer la fête des couleurs, Holi, la plus grande féria indienne. Sans être un bastion hindou, Darjeeling participe aux agapes. Ici, l'ambiance est plutôt Gorkhaland. Chaque jour d’ailleurs, une foule manifeste dans les rues de Darjeeling pour revendiquer la constitution d'un État autonome népalais sur ces contreforts himalayens. Pour Holi, nous nous retrouvons ainsi nez-à-nez avec des hordes de zombies indiens la tête peinturlurée de mille couleurs, le sourire solidement accroché aux lèvres, transcendés par l'excitation générale. C'est leur Carnaval, le jour de tous les possibles, une fête à la fois populaire et joyeuse où la vie, le printemps en fait, retrouve ses droits sur le froideur de l'hiver. Un moment amusant que nous n'avons pas pourtant totalement vécu directement dans la rue. Les pires anecdotes sur les excès dont les occidentaux sont victimes circulent. Même s'il s'agit en partie de légendes urbaines, nous ne jouerons pas aux apprentis sorciers. Un petit village de campagne eut été beaucoup plus approprié. Prochaine fois peut-être.

Bienvenue dans le Halloween indien
 
Darjeeling nous a gâté de ses douceurs (notamment ses merveilleuses saucisses et flageolets-sauce tomate – style English Breakfast - au petit déjeuner). Nous devons pourtant la quitter. Direction le Sikkim … dans le brouillard.

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