580
kilomètres séparent Katmandou de Darjeeling. Nous mettons seulement
22h00 au rythme indo-népalais ! Départ à 14h00 le dimanche
pour une arrivée à midi le lendemain. Darjeeling est une ville
installée sur une crête et s'étire en étages sur un dénivelé
important. Les imprécisions du plan que nous possédons de la ville
nous obligent à jouer les ascenseurs entre les ruelles pentues.
Après des efforts exténuants (Aymeric transporte toujours une
bibliothèque ambulante tandis que Sabine a un sac digne d'une
représentante Quechua), nous atterrissons au bien nommé
Tranquility Hotel. Une douche, chaude, et nous savons quel luxe cela
représente dans ces contrées, nous attend. Nous sommes aux anges.
Le fameux thar
Darjeeling
est mondialement connu pour son thé d'exception. C'est aussi une
station d'altitude (2134 m) où les indiens, prenant la suite des
britanniques, trouvent un havre de fraîcheur salvateur au moment où
la chaleur commence à monter en flèche dans les plaines. C'est
aussi un des plus beaux belvédères pour admirer le divin
Khangchendzonga, 3ème sommet du monde (8 598 m), coincé à la
frontière Inde-Népal, en plein Sikkim.
Sabine reste encore toute émue de sa rencontre avec le panda roux
A
Darjeeling, nous commençons par jouer les British tourists. Nous
nous rendons au zoo pour découvrir quelques curiosités animalières
: l'inconsolable panda roux, l’hiératique thar de l'Himalaya, le
très coloré faisan d'or et celui d'argent, le léopard des neiges
et le non moins sacré singe à tête noire. Nous terminons par la
visite du musée de l'Everest et la statue de Tenzing Norgay, le
sherpa qui vaincue, avec Edmund Hillary, le toit du monde. Pour le
tea time, nous filons, à l'anglaise au Glenary's, un célèbre salon
de thé, Une cabine téléphonique rouge trône dans l'entrée. Les
étales débordent de pâtisseries anglaises, plutôt goûteuses.
Nous finissons la journée en engloutissant un roast-beef potatoes.
Good night Darling !
Tenzing Norgay dans ses œuvres
Nous
n'osons pas le lendemain poursuivre sur la même série de clichés
touristiques. Le train de Darjeeling ne pourra nous compter parmi ses
passagers. Il est en réalité un ridicule tortillard à vapeur qui
avance à peine plus vite qu'un homme marchant au pas. Nous poussons
le vice jusqu'à ne pas visiter une plantation de thé (pourtant
superbe !). Sabine s'est perdue dans une conversation
interminable avec un couple de français très sympathiques à la
porte d'entrée du Glenary's alors qu'Aymeric, cassait l'ambiance, en
enchaînant les cappuccinos dans la Mecque du thé vert.
Plantation de thé
Le
premier jour, il faut bien l'avouer, nous avons été surpris par les
conditions météorologiques. Un brouillard, style smog londonien, ne
s'est pas décollé des sommets de toute la journée. Le jour
suivant, Aymeric se réveille pour le lever du soleil. Seul apparaît,
à travers un fond gris, un rayon rosé. Nous interrogeons les
autochtones. La situation est similaire depuis plusieurs semaines.
Nous comprenons. Nous ne verrons jamais le Khangchendzonga. Il est
caché. Il faudra revenir en septembre-octobre. Déconvenue
d'importance. Cette information nous brise dans notre élan. Le
Sikkim perd la quasi-totalité de son attrait. Autant faire le massif
du Mont-Blanc en jouant à colin-maillard. Une hérésie !
Première visite d'un temple tibétain
Aymeric
ne perd pas pour autant l'occasion de terminer une biographie
d'Alexandra David-Néel qui a initié ses pérégrinations tibétaines
à partir de Darjeeling et du Sikkim. Nous marchons donc sur ses
traces … tout du moins pour les premiers pas puisque le temps
nous bloque la route et la vue. Il trouve également une étonnante
coïncidence. Son premier séjour au Sikkim se distinguera aussi par
sa rencontre avec le Dalaï-lama. Nous le rencontrons aussi, sans lui
parler tout du moins. Peut-être, finirons-nous, nous aussi, par nous
installer à Digne. Qui sait.
Gorkhaland ... Gorkhaland
Notre
séjour à Darjeeling nous donne la possibilité d'observer la fête
des couleurs, Holi, la plus grande féria indienne. Sans être un
bastion hindou, Darjeeling participe aux agapes. Ici, l'ambiance est
plutôt Gorkhaland. Chaque jour d’ailleurs, une foule manifeste
dans les rues de Darjeeling pour revendiquer la constitution d'un
État autonome népalais sur ces contreforts himalayens. Pour Holi,
nous nous retrouvons ainsi nez-à-nez avec des hordes de zombies
indiens la tête peinturlurée de mille couleurs, le sourire
solidement accroché aux lèvres, transcendés par l'excitation
générale. C'est leur Carnaval, le jour de tous les possibles, une
fête à la fois populaire et joyeuse où la vie, le printemps en
fait, retrouve ses droits sur le froideur de l'hiver. Un moment
amusant que nous n'avons pas pourtant totalement vécu directement
dans la rue. Les pires anecdotes sur les excès dont les occidentaux
sont victimes circulent. Même s'il s'agit en partie de légendes
urbaines, nous ne jouerons pas aux apprentis sorciers. Un petit
village de campagne eut été beaucoup plus approprié. Prochaine
fois peut-être.
Bienvenue dans le Halloween indien
Darjeeling
nous a gâté de ses douceurs (notamment ses merveilleuses saucisses
et flageolets-sauce tomate – style English Breakfast - au petit
déjeuner). Nous devons pourtant la quitter. Direction le Sikkim …
dans le brouillard.
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