Partir
pour une année de voyage n'est pas une mince affaire. Avant le
départ, les préparatifs sont nombreux et le programme chargé.
Sur
le plan de la santé d'abord, il nous
faut vérifier les vaccins, dont l'encéphalite japonaise pour Sabine
(ce nom barbare désigne un moustique destructeur de cervelle), les
anti-paluds (sachant qu'une boite de malarone pour une petite semaine
coûte une fortune), les visites à l’hôpital au département des
maladies tropicales où un excellent médecin, trop contente de
recevoir deux jeunes en partance pour un tour du monde, nous reçoit
pour un entretien surréaliste, démontrant qu'être un spécialiste
pointu avec le sens de l'humour est possible. Nous la changions de
ses patients habituels, tuberculeux ou sidaiques à l'article de la
mort.
Le
déménagement ensuite est une véritable
marathon, avec des relais certes, mais en un temps record. Les trois
jours pleins de travail intense entre cartons, portage, lavage,
repérage nous ont tout juste permis d'être prêts pour l'état des
lieux, le mercredi 26 décembre (merci à Benoît pour son aide
précieuse). Heureusement, les voisins sont là pour assurer la
logistique, couple d'exception, Didier et Isabelle, qui nous ont
amené, chaque matin, le petit déjeuner avec croissants et café
chaud. Didier, baroudeur, a déjà pratiqué ces années de
disponibilité pour aller découvrir le monde, l'Afrique en
particulier. Nous aimons l'ambiance de leur appartement qui vous
emporte vers un ailleurs exotique, entourés de livres de voyage et
de farandoles d'objets extrême-orientaux.
Désormais,
nous sommes des « vagabonds itinérants sans frontière »,
mais il sera difficile de se faire reconnaître concubins notoires
sans lieu de vie commun. Le certificat de concubinage
nous est cependant nécessaire pour que l'on puisse bénéficier tout
les deux de l'assurance pendant les trois premiers mois. Finalement,
avec un peu d'insistance et une déclaration d’hébergement, le
statut de concubin nous est officiellement reconnu accompagnés de
nos «deux témoins d'honneur », Amélie et Séverine,
dépêchées à la Mairie en toute dernière urgence.
Tout
cela, c'est bien sûr sans compter le temps des « au revoir »,
vécu comme un profond déchirement. Dernière soirée lyonnaise avec
les collègues tant appréciés. Dernière raclette avec charcuterie
et salade préparés par les amis croix-roussies. Dernières nuits
dans des lits confortables et douillets. Un grand merci aux parents
d'Aymeric, à Martine et au père de Sabine pour leur hébergement au
jour le jour malgré nos allées et venues chaotiques. Le
départ suscite autant d'inquiétudes, de doutes que d'excitations.
Les nuits sont agitées, le sommeil difficile à trouver.
Les bagages, enfin, ont été délaissés, entre fêtes de Noël et autres démarches administratives. Il nous reste le dernier jour pour aller courir les magasins à la recherche de coupe vent, pantalons de randonnée, élastiques, lacets, sacs à dos... Sabine, connue pour son organisation millimétrée, est encore en train de finaliser ses bagages la veille du départ à minuit. La nuit risque d'être courte.
Enfin,
quatre heures du matin, samedi 30 décembre, le réveil sonne, c'est
le départ tant attendu. Direction Saint-Exupéry, puis London
Heatrow, pour notre destination finale Mumbai.
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