jeudi 3 janvier 2013

L'aventure commence avant le départ 



Partir pour une année de voyage n'est pas une mince affaire. Avant le départ, les préparatifs sont nombreux et le programme chargé.

Sur le plan de la santé d'abord, il nous faut vérifier les vaccins, dont l'encéphalite japonaise pour Sabine (ce nom barbare désigne un moustique destructeur de cervelle), les anti-paluds (sachant qu'une boite de malarone pour une petite semaine coûte une fortune), les visites à l’hôpital au département des maladies tropicales où un excellent médecin, trop contente de recevoir deux jeunes en partance pour un tour du monde, nous reçoit pour un entretien surréaliste, démontrant qu'être un spécialiste pointu avec le sens de l'humour est possible. Nous la changions de ses patients habituels, tuberculeux ou sidaiques à l'article de la mort.

Le déménagement ensuite est une véritable marathon, avec des relais certes, mais en un temps record. Les trois jours pleins de travail intense entre cartons, portage, lavage, repérage nous ont tout juste permis d'être prêts pour l'état des lieux, le mercredi 26 décembre (merci à Benoît pour son aide précieuse). Heureusement, les voisins sont là pour assurer la logistique, couple d'exception, Didier et Isabelle, qui nous ont amené, chaque matin, le petit déjeuner avec croissants et café chaud. Didier, baroudeur, a déjà pratiqué ces années de disponibilité pour aller découvrir le monde, l'Afrique en particulier. Nous aimons l'ambiance de leur appartement qui vous emporte vers un ailleurs exotique, entourés de livres de voyage et de farandoles d'objets extrême-orientaux.

Désormais, nous sommes des « vagabonds itinérants sans frontière », mais il sera difficile de se faire reconnaître concubins notoires sans lieu de vie commun. Le certificat de concubinage nous est cependant nécessaire pour que l'on puisse bénéficier tout les deux de l'assurance pendant les trois premiers mois. Finalement, avec un peu d'insistance et une déclaration d’hébergement, le statut de concubin nous est officiellement reconnu accompagnés de nos «deux témoins d'honneur », Amélie et Séverine, dépêchées à la Mairie en toute dernière urgence.
 
Tout cela, c'est bien sûr sans compter le temps des « au revoir », vécu comme un profond déchirement. Dernière soirée lyonnaise avec les collègues tant appréciés. Dernière raclette avec charcuterie et salade préparés par les amis croix-roussies. Dernières nuits dans des lits confortables et douillets. Un grand merci aux parents d'Aymeric, à Martine et au père de Sabine pour leur hébergement au jour le jour malgré nos allées et venues chaotiques. Le départ suscite autant d'inquiétudes, de doutes que d'excitations. Les nuits sont agitées, le sommeil difficile à trouver. 
 

Les bagages, enfin, ont été délaissés, entre fêtes de Noël et autres démarches administratives. Il nous reste le dernier jour pour aller courir les magasins à la recherche de coupe vent, pantalons de randonnée, élastiques, lacets, sacs à dos... Sabine, connue pour son organisation millimétrée, est encore en train de finaliser ses bagages la veille du départ à minuit. La nuit risque d'être courte.

Enfin, quatre heures du matin, samedi 30 décembre, le réveil sonne, c'est le départ tant attendu. Direction Saint-Exupéry, puis London Heatrow, pour notre destination finale Mumbai.

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