jeudi 3 janvier 2013

Goa, un paradis tropical sur les bords de l'Océan indien



Vous l'aurez compris, prendre le train en Inde est une aventure en soi. Arrivés sains et saufs à la gare de Madgao (État de Goa), nous retrouvons François, notre compagnon de route français, et partageons notre taxi avec une allemande, coach en bénévolat entrepreneurial (!), ayant déjà un livre publié à son actif. Le trajet se fait de nuit dans une circulation nerveuse, à gauche, tradition britannique oblige, mais suivant le style indien, où à chaque instant, le sens de la circulation est une interrogation. Les zigzags sont monnaie courante entre une noria d'objets roulants non identifiés. Mieux vaut donc circuler dans une voiture ancienne, sa vitesse de pointe étant limitée, la prise de risque est moindre.

La nuit tombe comme une guillotine à l'heure tropicale. Sur le chemin, la piste se pourpre d'un rouge tellurique. Les couleurs s'assombrissent d'un orangé singulier. La végétation d'un vert profond nimbe un paysage magique qui sied à ces contrées lointaines. En ce soir du nouvel an, sans avoir pu réserver, munis de sacs énormes, assommés de fatigue et le pas hésitant, nous voilà devenus les proies faciles d'arnaqueurs en tout genre. Ici, tous les prix se négocient, mais, il est bien difficile pour le novice d'avoir le moindre repère sur une échelle de référence. Échoués sur la route principale, ne sachant même pas où se situe la plage (un comble tout de même !), nous sommes contraints d'accepter l'offre nocturne d'un hôtelier peu charitable. Nous subissons une modeste chambre devenu notre refuge pour la nuit. Délestés de nos poids morts, nous partons trouver un restaurant pour réveillonner comme il se doit.


Quelques poissons grillés plus tard, sous un clair de lune lustrale, nous sommes ravis de constater que les indiens succombent à l'art du feux d'artifice. L'improvisation domine, le danger n'est jamais loin. Les couleurs et les bruits explosent de tout côté, sans contrôle. La foule des grands jours s'amassent autour de ballons qui montent vers le ciel. La police impassible suit les événements avec distance, solidement enfoncés dans des fauteuils calés sous les palmiers. Occidentaux et indiens se souhaitent une heureuse année, sourire aux lèvres. L'ambiance est à la concorde et à la liesse. Nous sommes heureux de profiter de cet événement après trois jours de transport éreintants. Nous remontons la belle anse de Palolem, lieu de villégiature pour sybarites de tout poil. Nous sommes à quelques centaines de kilomètres de hauts lieux hippies dont nous constatons quasiment aucune trace. L'heure est à la mondialisation dynamique. L'esprit de découverte n'appartient plus à ce territoire normalisé où les familles se pressent pour succomber aux activités estivales habituelles.

 
L'endroit a un charme paradisiaque. Les palmiers suivent le contour de la plage. Les huttes se jouent des coudes pour exister face au couchant. Après une journée de recherche, nous trouverons pour les jours suivants un havre de paix, isolé sur un mamelon rocheux dominant les flots, rafraîchi par la brise ultramarine. Sabine déploie des trésors d'ingéniosité pour fixer une moustiquaire imprégnée par nos soins sous la moustiquaire du lit. Une double protection vaut mieux qu'une, même si l'installation l'oblige à quelques contorsions enveloppée dans la gaze percée de mille ouvertures. Nous venons d'obtenir notre premier Graal, loin du premier hôtel. Le bonheur frappe à notre porte dès le matin. Du coucher au lever du soleil, nous partageons malgré nous les prières mahométanes de notre voisin qui s'avère de la plus stricte pratique religieuse. Il est vrai que nous faisons face à la Mecque !


Nous passons nos journées entre la mer à peine moins chaude que l'air ambiant et la plage où se concurrence des bars où il faut une seconde pour s'installer mais une journée pour se relever. Dans l'eau, des indiennes couvertes de la tête aux pieds côtoient des anglaises dénudées. Etrange paradoxe. Nous profitons de leur connexion Wi-Fi de qualité pour vaquer à nos occupations bloguesques. Aymeric reste fasciné par la qualité de l'internet. Il a accès à tout ce qu'il souhaite, comme à la maison, mais face à un paysage d'exception. Un bureau face à la mer. Que vouloir de plus ? 
 
 
Nous comprenons que certains hippies aient définitivement posé leurs sacs ici pour un voyage sans retour. A moins que cela soit la lenteur des trains qui les en a dissuadée à jamais !

1 commentaire:

  1. Great stuff, keep writing ! Supers vos posts, ça me rappelle tellement de souvenirs ! Enjoy !!!

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